L’intervention militaire en Libye divise le gouvernement français

D’un côté, le ministère de la Défense semble opter pour une politique interventionniste, de l’autre, le Quai d’Orsay, qui plaide pour une résolution politique de la crise libyenne

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L’intervention militaire en Libye divise le gouvernement français

Les divergences au sein du gouvernement Valls sur l’intervention militaire de la France en Libye commencent à resurgir, après l’annonce du président François Hollande, la semaine dernière, de la mort de trois militaires français dans ce pays.

Le ministère français de la Défense serait favorable à une intervention militaire en Libye et prêt à soutenir le général Khalifa Haftar, chef de l’armée de Tobrouk, tandis que le ministère des Affaires étrangères s’y oppose et refuse de «soutenir un camp au détriment d’un autre, car pensant que seul une solution politique est à même de rétablir la stabilité», affirment, à Anadolu, des sources concordantes.

«La lecture de la situation en Libye n’est pas la même [chez tous les départements]. D’une part, il y a la politique du ministère de la Défense qui est plutôt interventionniste et qui, pour l’instant, se range du côté de Haftar. D’autre part, il existe une autre vision, celle du Quai d'Orsay, qui est plus politique et qui repose sur le traitement diplomatique de la question», a exposé un politologue français dans une déclaration à Anadolu.

Le message donné par le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, contraste avec la politique du ministère de la Défense. Ayrault soutient, en effet, le processus politique qui a donné lieu au Conseil présidentiel (dirigé par le Premier ministre Fayez el-Sarraj) et que Haftar continue à braver, a-t-il ajouté.

Le président du «Centre français de recherche sur le renseignement», Éric Denécé, a qualifié, pour sa part, la politique française en Libye de «catastrophique et de drôle en même temps».

«Il y a deux gouvernements en Libye qui se disputent la légitimité dont un qui un jouit de la reconnaissance des Nations Unies. En dépit de cette reconnaissance, Paris a choisi de soutenir l’autre camp [en référence au gouvernement de Tobrouk]», a-t-il fait constater sur les ondes de France Info.

AA



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