L'Assemblée nationale tatare criméenne devrait être candidate au Prix Nobel de la Paix (experts)

Le ministère russe de la Justice avait annoncé, le 18 avril, que l'Assemblée est ajoutée dans la liste des organisations religieuses et de la société civile pour «activités extrémistes», par la suite, la Cour suprême de Crimée a décidé de l'interdiction d

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L'Assemblée nationale tatare criméenne devrait être candidate au Prix Nobel de la Paix (experts)

L'Assemblée nationale tatare criméenne devrait être candidate au Prix Nobel de la Paix, selon des experts qui ont évalué la décision de la Cour suprême [russe] de Crimée d'interdire l'Assemblée.

Le ministère russe de la Justice avait annoncé, le 18 avril, que l'Assemblée a été inscrite dans la liste des organisations religieuses et civiles ayant des «activités extrémistes». Par la suite, la Cour suprême de Crimée a décidé de l'interdiction des activités de l'Assemblée, le 26 avril.

Les experts ont affirmé qu'ils n'ont pas été surpris par la décision de la cour russe, après l'annexion de la Crimée par la Russie.

De ce fait, l'Assemblée devrait être désignée candidate au Prix Nobel de la Paix pour sa lutte démocratique contre l'un des régimes les plus totalitaires, tels que l'Union soviétique, selon les experts.

Le professeur Mehmet Ali Karasar de l'Université Atilim (Ankara), expert en relations internationales, a estimé que «l'Assemblée nationale tatare criméenne est l'entité la plus démocratique qu'il faut désigner candidate au Prix Nobel de la Paix».

Interviewé par l'Agence Anadolu, Karasar a dit que l'Assemblée tatare criméenne est une délégation de représentation beaucoup plus démocratique et traditionnelle que plusieurs parlements dans le monde. Cette maturité démocratique découle de la lutte démocratique qu'ont menée les Tatars criméens forcés à l'exil après 1944, contre l'Union soviétique, l'un des régimes les plus totalitaires du monde.

«La décision de la Cour suprême de Crimée n'est pas surprenante après l'annexion, a affirmé le professeur. Car Moscou n'a pas pu soumettre l'Assemblée malgré toute la pression exercée. L'Assemblée a fait preuve de détermination en poursuivant sa lutte par les voies démocratiques sans changer son approche politique et sans perdre de vue sa cause. Cette décision a été la dernière solution pour les autorités russes.»

Selon le professeur Karasar, la communauté internationale doit continuer à soutenir les Tatars de Crimée.

Pour sa part, Hakan Kirimli, professeur de relations internationales à l'Université Bilkent (Ankara) a estimé que la décision d'interdire l'Assemblée entre dans le cadre de la politique du président russe, Vladimir Poutine.

«Poutine veut que les Tatars criméens disparaissent, a-t-il déclaré. La Russie veut que toutes les institutions tatares soient dissoutes et le reste des Tatars soit assimilé.»

Quant au professeur Mithat Celikpala de l'Université Kadir Has (Istanbul), « les Russes considèrent l'Assemblée tatare criméenne comme la plus grande menace à laquelle ils doivent faire face en Crimée. C'est pourquoi ils essaient de la disqualifier en la déclarant "organisation terroriste et séparatiste"».

Le Premier ministre ukrainien, Vladimir Groysman avait qualifié la décision de la Cour suprême de Crimée, d' « absurde ». La Turquie avait condamné la décision.

AA



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