Mourad Ghazli : "Les médias français doivent arrêter de faire de la Turquie leur tête de Turc"

La presse française n’est pas objective, elle donne sa pensée au lieu de donner à penser...

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Mourad Ghazli : "Les médias français doivent arrêter de faire de la Turquie leur tête de Turc"

Voici le communiqué de M. Ghazli destiné à la TRT:

" La liberté d’expression trouve sa limite, où commencent la diffamation et l’injure, c’est pour cela que tous les pays ont des lois pour sanctionner tout abus afin de protéger l’intégrité et la dignité des personnes. 

Ce qui est surprenant dans le traitement médiatique européen et plus particulièrement français c’est que lorsque cela se passe en Turquie, on accuse à tort le président Erdogan d’autoritaire et hélas repris à tort par des élus.  

En France, notre qualité d’élu nous apporte une protection fonctionnelle avec des droits supplémentaires qu’un simple citoyen avec des sanctions pénales plus lourdes, sans que cela suscite des débats pour abroger ces lois. 

Alors pourquoi être choqué quand des personnes sont sanctionnées ou poursuivies pour injure envers le président Erdogan ? 

Quand Nicolas Sarkozy était président de la République, un militant de gauche avait brandi une pancarte avec écrit «  Casse toi pov’con », la justice française l’avait condamné et en 2013 la Cour européenne des droits de l’homme avait annulé la sanction. 

Pourtant cette même presse et classe politique avaient soutenu Madame Taubira, ministre de la Justice, lorsqu’une militante du FN l’avait traitée de  « guenon » en raison de sa couleur de peau. Une association avait poursuivi en justice la militante et s’est vue condamnée à 9 mois de prison ferme et 50000 euros d’amende. 

La cour d’appel avait annulé la sanction le 22 juin 2015 sur la forme et pas sur le fond puisque l’association n’avait pas qualité à saisir la justice à la place de la ministre, mais le parquet avait lancé une autre enquête préliminaire. 

En décembre 2015, la cour d'appel de Paris a condamné le polémiste Dieudonné à 3.000 euros d'amende pour «injure publique» à l'encontre de Manuel Valls, ministre de l’Intérieur à cette époque. Dans une vidéo diffusée sur internet en 2013, il avait notamment qualifié le Premier ministre de «Mussolini moitié trisomique». 

Mais aussi un individu a été condamné dernièrement à 500 euros d’amende pour avoir fait un geste de son bras considéré par la justice comme un signe nazi.

C’est donc bien la preuve qu’en France, la justice n’est pas clémente lorsque l’on insulte un élu mais surtout n’emporte pas une indignation sur ces décisions alors que lorsque cela se passe en Turquie, nos médias sont choqués. 

Les journalistes en France sont régulièrement poursuivis en justice par des politiques pour diffamation, injure et diffusion d’image volée et bien que la corporation soit très solidaire, elle ne porte aucun jugement de valeur. 

Sauf, quand c’est un journaliste en Turquie, ils brandissent la liberté d’expression, l’arrêt du baillonage de la presse, alors que l’injure c’est une infraction et pas une opinion. 

La presse française n’est pas objective, elle donne sa pensée au lieu de donner à penser, elle est militante et soutient même le terrorisme en qualifiant l’organisation terroriste PKK de rebelle et pas de terroriste, de présenter le président Erdogan de sultan sans aucun respect de sa fonction, la mauvaise foi n’est donc plus à prouver. 

Les Français ne sont pas dupes puisqu’ils ont mis les journalistes en tête de liste des personnes les plus détestés et cela est corroboré par la baisse permanente des ventes des journaux et doivent leur survie à des subventions de l’Etat et le mécénat d’industriel. 

En revanche la presse turque est en bonne santé et la presse d’opposition est la plus vendue, on est bien loin de la censure fantasmée par les médias français. 

J’ai vécu l’élection présidentielle de 2014 et les législatives de juin 2015 en Turquie, j’ai été étonné de voir comment les Turcs sont aussi fans de politique que de football.  J’ai été surpris que les électeurs affichent leur couleur politique sur les balcons, sur leur voiture et dans leur commerce, en revanche en France les électeurs cachent leurs opinions mais nous osons encore faire la leçon et la morale à la Turquie. 

La Presse française ne s’attaque pas qu’au président Erdogan mais aussi à la Turquie et donc à son peuple par des articles toujours à charge, sans respect du contradictoire et toujours négatif.

Les médias français doivent arrêter de faire de la Turquie leur tête de Turc..."

 

Mourad Ghazli

Elu UDI 



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