France: projet d'attaque déjoué, arrestation d'un homme lié au cerveau des attentats de Paris

Le gouvernement français a annoncé avoir déjoué un projet de nouvel attentat et arrêté un suspect qui avait été condamné en Belgique avec l'organisateur présumé des attaques terroristes de novembre à Paris, Abdelhamid Abaaoud

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France: projet d'attaque déjoué, arrestation d'un homme lié au cerveau des attentats de Paris

Le gouvernement français a annoncé avoir déjoué un projet de nouvel attentat et arrêté un suspect qui avait été condamné en Belgique avec l'organisateur présumé des attaques terroristes de novembre à Paris, Abdelhamid Abaaoud.

Selon des sources policières françaises, Reda Kriket, un Français de 34 ans, arrêté jeudi à Boulogne-Billancourt (ouest parisien), avait été condamné en son absence à Bruxelles en juillet 2015 avec Abdelhamid Abaaoud lors du procès d'une filière terroriste vers la Syrie.

Tué cinq jours après les attentats de Paris, Abaaoud est suspecté d'avoir eu un rôle-clé dans les attaques du 13 novembre.

Né à Courbevoie, en région parisienne, Reda Kriket résidait à Ixelles, une commune de Bruxelles, lorsqu'un mandat d'arrêt international a été émis contre lui en mars 2014. Il a également été condamné plusieurs fois en France pour des délits de droit commun, a indiqué une source proche de l'enquête, sans plus de détails.

La Belgique, ciblée par un double attentat terroriste mardi (au moins 31 morts et 300 blessés) est au coeur de la lutte antiterroriste en Europe. Les attentats de Paris avaient été préparés en Belgique.

A ce stade de l'enquête, il n'existe toutefois pas de lien entre l'interpellation de Kriket et celle de six hommes jeudi soir à Bruxelles, ont affirmé des sources policières.

Lors du procès de juillet 2015, Reda Kriket avait écopé de dix ans de prison par défaut, le Belgo-Marocain Abaaoud, également absent, de vingt ans. D'après les éléments de l'enquête, Kriket a joué un rôle important dans le financement de la filière, en reversant une partie de ses braquages et activités de recel.

- Fusils d'assaut et explosifs -

Au total, 28 personnes avaient été condamnées le 29 juillet 2015. La filière était dirigée par un Bruxellois de 41 ans, Khalid Zerkani, qualifié par les autorités judiciaires belges de "plus grand recruteur de combattants qu'on ait jamais connu en Belgique".

Cette filière avait recruté et envoyé en Syrie de nombreux jeunes, parmi lesquels Chakib Akrouh, un autre membre du commando des attentats du 13 novembre à Paris (130 morts et plusieurs centaines de blessés).

Chakib Akrouh, Belgo-Marocain, faisait partie du commando ayant visé des terrasses de café et restaurants à Paris. Il était au côté d'Abaaoud lorsqu'il s'est fait exploser le 18 novembre, cerné par la police dans un appartement de Saint-Denis dans la banlieue nord de Paris. Abaaoud avait été abattu par les forces de l'ordre.

L'arrestation jeudi matin de Reda Kriket par la police française a été qualifiée d'"interpellation importante" par le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. Elle a permis "de mettre en échec un projet d'attentat en France, conduit à un stade avancé", a-t-il dit.

Kriket est "suspecté d'être impliqué à haut niveau dans ce projet (d'attentat). Il évoluait au sein d'un réseau terroriste qui projetait de frapper la France", a expliqué le ministre.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, des policiers ont mené des perquisitions dans un immeuble à Argenteuil, dans la région parisienne, où des fusils d'assaut et des explosifs ont été retrouvés.

Outre une petite quantité de TATP prêt à l'emploi, les enquêteurs ont découvert de l'acétone et de l'eau oxygénée, ingrédients entrant dans la composition de cet explosif fréquemment utilisé par l'organisation terroriste Daesh.

Des policiers barraient toujours l'accès à la rue menant à cet immeuble vendredi matin.

L'enquête, conduite depuis "plusieurs semaines", est menée sous "coopération étroite et constante entre services européens", selon Bernard Cazeneuve.

Depuis janvier 2015 et les premiers attentats terroristes visés contre des cibles françaises, la France a déjoué près d'une dizaine de projets d'attentats, selon les autorités.

Les autorités rappellent avec constance que la France, qui participe à la coalition militaire internationale contre Daesh en Irak et en Syrie, reste sous une menace terroriste "très élevée".


AFP



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