La France a fourni des armes lourdes aux rebelles syriens en2012

La position officielle française stipulait jusqu'ici la livraison seule de l'équipement non-létal en raison de l'embargo imposé par l'UE jusqu'en 2013

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La France a fourni des armes lourdes aux rebelles syriens en2012

Le président français François Hollande a révélé pour la première fois que la France a livré des armes lourdes à l'opposition syrienne dès 2012, malgré l'embargo européen à l'époque, réfutant ainsi la position officielle prise par son pays.

''Nous avons commencé quand nous avons eu la certitude qu’elles iraient dans des mains sûres'', ainsi a confié le chef d'Etat français à l'auteur Xavier Panon, dans son livre ''Dans les coulisses de la diplomatie française, de Sarkozy à Hollande'', à paraître le 13 mai.

Les livraisons ont commencé dès 2012, alors que l'Union européenne (UE) imposait un embargo sur la livraison d'armes à l'opposition syrienne, une décision levée en mai 2013.

Selon la position officielle française, la France a uniquement livré de l'équipement non-létal, dont des gilets pare-balles, outils de communication cryptée, masques contre les armes chimiques, lunettes nocturnes. En revanche, la livraison d'armes lourdes serait en jeu, à l'instar de canons de 20 mm, mitrailleuses, lance-roquettes, missiles anti-chars, révèle le livre.

La Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), le service de renseignement extérieur de la France, auraient été chargés de la livraison, effectuée à des dates irrégulières.

D'autre part, le livre met en relief un témoignage d'un responsable au ministère des Affaires étrangères qui souligne de son côté que la France a fait preuve d'une décision ''morale'' en livrant des armes.

''François Hollande et son ministre ont été bien imprudents sur la Syrie et l’embargo. Faute d’avoir la capacité d’influer réellement sur le rapport de forces, la posture reste morale. Or, la morale est rarement bonne inspiratrice en politique étrangère. Livrer des armes sans garantie de destination, c’est être cobelligérant. Il y a davantage de raisons de ne pas le faire que de le faire'', affirme le responsable au Quai d'Orsay.

Un autre haut responsable anonyme, cette fois-ci du Palais de l'Elysée, assène que ces livraisons, faites en clandestinité et à des moyens limités ne permettront pas à la révolution de gagner.

''Oui, nous fournissons ce dont ils ont besoin, mais dans la limite de nos moyens et en fonction de notre évaluation de la situation. Dans la clandestinité, vous ne pouvez agir qu’à petite échelle. À moyens limités, objectifs limités. Au final, est-ce que notre aide permettra à la révolution de gagner? Non'', insiste-t-il.

AA


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