L'Organisation de Coopération de Shangaï pèse désormais 20% de l'économie mondiale

Avant la participation de ces deux nouveaux membres, le Pakistan et l'Inde, le PIB global de l'OCS était de 12 700 milliards de dollars en fin 2015

L'Organisation de Coopération de Shangaï pèse désormais 20% de l'économie mondiale

Avec la participation du Pakistan et de l'Inde, l'Organisation de Coopération de Shangaï (OCS) représente maintenant 20% de l'économie mondiale.

Le sommet organisé dernièrement dans la capitale kazakhe Astana a mis l'accent sur le potentiel de coopération économique de l'OCS.
Fondée en 1996 par la Chine, la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizistan et le Tadjikistan sous le nom de «5 de Shangaï», l'organisation a adoptée sa dénomination actuelle avec l'adhésion de l'Ouzbékistan en 2001.

Ayant intensifié son influence sur l'économie mondiale depuis, l'OCS s'est renforcée avec l'adhésion du Pakistan et de l'Inde lors du sommet du 9 juin courant à Astana.

L'OCS compte maintenant huit membres qui visent à renforcer la coopération dans les domaines de la politique, du commerce, de l'économie, de la science, de la culture, de l'éducation, en raffermissant également la confiance mutuelle.

D'après les données de la Banque mondiale, le PIB global de l'OCS a dépassé, avec l'adhésion de deux nouveaux membres en juin 2017, les 15 000 milliards de dollars, soit 20% de celui de l'économie mondiale, qui est de 74 000 milliards de dollars.

Avant la participation du Pakistan et de l'Inde, le PIB global de l'OCS était de 12 700 milliards de dollars en fin 2015.

Enseignant au département des relations internationales à l'Université Technique du Moyen-Orient (ODTU, Ankara), le professeur Oktay Tanrisever s'est exprimé à l'Agence Anadolu à propos du potentiel économique de l'OCS.

Il a fait remarquer que l'OCS qui avait été fondée pour résoudre les problèmes frontaliers au départ, a une structure qui change et se développe, et est active maintenant dans le domaine économique aussi.

Pour Tanrisever, l'OCS est loin d'un modèle d'intégration similaire à l'Union européenne (UE).

«Car l'OCS comprend des pays très différents, a-t-il déclaré. Leurs intérêts et leur structure économique sont très différents les uns des autres. Même si l'OCS est loin d'une intégration économique, elle a un potentiel très important pour la coopération.»

Le professeur a aussi commenté la relation de l'organisation avec la Turquie.

«La Turquie n'est pas un pays qui vise une adhésion totale, mais plutôt un partenaire de dialogue, a-t-il expliqué. La Turquie garde sa détermination à adhérer l'UE. Le regard de notre pays sur l'OCS est 'de ne pas être isolé des entités influentes et régionales économiques, garder la relations avec elles, même si à un faible niveau, suivre les développements et profiter des avantages économiques si possibles.»

Il a aussi fait remarquer qu'avec le Pakistan et l'Inde, l'OCS rassemble maintenant quasiment la moitié de la population mondiale.

Pour sa part, le docteur Phillip Lipscy, du département des Sciences politiques de l'Université Stanford, a estimé que l'OCS a pour but d'équilibrer les organisations internationales de l'Occident, telles que l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN).

Lipscy a fait remarquer que les membres clés de l'OCS hésitent à abandonner leur souveraineté pour des relations internationales, ce qui limite le potentiel de l'organisation.

Pourtant, les pays membres ont plusieurs intérêts qui coïncident, dont le développement économique, l'infrastructure et la lutte antiterroriste, selon Lipscy.

«L'OCS peut faciliter le dialogue et la coopération entre les pays membres, a-t-il affirmé. L'organisation a fait beaucoup d'efforts pour une coopération significative.»



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