Fête des femmes : des pionnières tunisiennes qui ont marqué l'histoire

La première femme médecin et gynécologue du monde arabe est Tawhida Ben Cheikh, elle est également la première Tunisienne à siéger au Conseil de l’Ordre des médecins de son pays

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Fête des femmes : des pionnières tunisiennes qui ont marqué l'histoire

 

L'histoire de la femme tunisienne a vu la lumière depuis l'ère de la fondatrice légendaire de Carthage, la reine Didon, quelque 814 années avant J.-C.

Depuis, la Tunisie se vante par ses vrais piliers de la société, des femmes d'exceptions qui ont gravé leur nom dans différents domaines. Aujourd'hui, le monde entier célèbre la journée internationale des femmes. A cette occasion, l'Agence Anadolu s'est focalisé sur le parcours de ces femmes tunisiennes.

 

*Guerrières scientifiques

La première femme médecin et gynécologue du monde arabe est Tawhida Ben Cheikh, elle est également la première Tunisienne à siéger au Conseil de l’Ordre des médecins de son pays.

Née en 1909, elle fut la première bachelière de confession musulmane. La jeune Tawhida a poursuivi ensuite ses études de médecine à Paris en 1929.

Diplômée en médecine en 1936, Ben Cheikh a décidé de consacrer tout son savoir médicinal dans la santé des femmes et s'est spécialisée en gynécologie. A l'époque, les autorités coloniales l’ont empêché d’exercer dans le secteur public, mais, pionnière comme elle est, la Tunisienne a ouvert son propre cabinet de médecin de libre pratique.

Quelques années plus tard, précisément en 1955, la gynécologue-obstétricienne renommée est devenue chef du service de sa spécialité à l’hôpital Charles-Nicolle puis à l’hôpital Aziza-Othmana, dans la capitale. Elle a été connue pour son écoute et son assistance sociale.

L'éminente gynécologue s'est engagée également pour la cause des enfants et des femmes, en créant plusieurs associations d’aide aux orphelins, de soins pour les enfants ou encore pour les mères. La vice-présidente du Croissant-Rouge tunisien a milité pour l’accès à la contraception et à l’avortement jusqu'à ce qu'il soit légalisé en 1973.

Tawhida Ben Cheikh a œuvré à la mise en place du planning familial, à l’introduction du contrôle des naissances, ainsi qu'à la création de l’école des sages-femmes.

En 2010, la docteure est décédée à l'âge de 101 ans, laissant ses empreintes et un parcours plus qu'honorable. Deux ans après, la Poste tunisienne lui rend hommage en éditant un timbre à son image.

En signe de révérence à Tawhida Ben Cheikh et à la femme tunisienne, la Banque Centrale de Tunisie a également édité, en 2020, un billet de banque à son effigie.

 

- De la médecine gynécologique à la médecine humanitaire :

 

La Tunisienne, Reem Bouarrouj a fait des missions de secours une vocation, elle est la première femme arabe à avoir accompli des missions humanitaires en mer Méditerranée au profit des migrants clandestins.

Dès l'acceptation de sa candidature au sein de l'organisation non gouvernementale MSF, la médecin secouriste s'est mobilisée en mer Méditerranée, la plus meurtrière des routes migratoires, de février 2016 à décembre 2018, pour sauver des vies.

Un certain 23 mai 2017, avec son équipe, Bouarrouj a réussi à sauver 1 004 personnes, en un temps record, en 36 heures, à bord de 11 embarcations, 9 bateaux pneumatiques et 2 canots en bois au large de la Libye. Une des plus dangereuses opérations de secours où ils étaient visés par des tirs d’arme à feu de la part d’un bateau des garde-côtes libyennes.

Cette combattante travaillant actuellement avec l'Association humanitaire internationale d'aide médicale "Médecins sans frontières" (MSF) à Walikale, en République Démocratique du Congo, a consacré son temps, sa vie et son destin pour la plus noble des raisons, l'être humain.

Chaque femme choisit son propre combat, quels que soient les moyens, même un combat à l'épée.

 

- Le sport n'est pas masculin

 

Pratiquant l'épée, l'escrimeuse tunisienne Ines Boubakri est la première femme arabe et africaine à avoir remporté une médaille olympique dans sa discipline.

La sportive a monté la marche du podium olympique en hissant le drapeau tunisien, le 10 août 2016, à Rio, au Brésil. Elle se vante également d'un palmarès gavé de médailles à l'échelle mondiale, africaine et nationale. Ines se place au sommet du continent africain avec 29 médailles d’or, 6 médailles d’argent et 6 médailles de bronze aux Championnats d’Afrique.

Boubakri est l'athlète tunisienne la plus titrée de l’histoire de tous sports confondus.

La fleurettiste avait réservé, en février 2020, son billet pour les olympiades de Tokyo en décrochant la seule et unique place africaine en jeu.

Ines Boubakri, une femme qui s'est démarquée dans un monde sportif dit "masculin", le monde du sport de combat.

Le sport mécanique n'est plus un sport "Macho" comme l'avait nommé Henda Chaouch, la seule femme arabe et africaine championne de Rallye.

Le Rallye est un sport individuel qui n'est pas très commun en Tunisie où la pilote automobile a fêté plus que 20 ans et des dizaines de milliers de kilomètres de courses à travers les déserts les plus courus à travers le monde.

Qui dit Rallye en Tunisie dit Henda Chaouch, pourtant cette discipline nécessite d'abord de la passion, mais aussi beaucoup de patience, une endurance irréprochable ainsi qu'un mental en acier.

Mais c'est grâce à beaucoup de courage, de volonté, de persévérance et d'un esprit concurrent et compétitif, que cette sportive déterminée a su surmonter toutes les épreuves rencontrées dans les différents circuits, pour avoir la singularité au Sahara.

La championne d'automobile a toujours œuvré d'allier sport et tourisme en utilisant le Rallye comme vecteur du tourisme pour promouvoir la Tunisie, en parlant du tourisme saharien et en invitant le reste du monde à profiter du beau désert de son pays.

Le 13 août est un férié national en Tunisie, pour rendre hommage à la pièce maitresse de la famille, la femme.

AA



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