Canada : démission du ministre des Finances

Bill Morneau a annoncé son départ sur fond de désaccord avec Trudeau et de son implication dans l’affaire de conflit d’intérêts « UNIS ».

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Canada : démission du ministre des Finances

Le ministre canadien des Finances, Bill Morneau, a annoncé lundi soir à Ottawa, sa démission de son poste gouvernemental et de député de Toronto-Centre.

Le premier argentier du pays a annoncé sa démission aux médias, à l’issue d’une rencontre avec le Premier ministre, Justin Trudeau.

« J'ai rencontré M. Trudeau aujourd'hui pour l'informer que je n'avais pas l'intention de me présenter à nouveau lors de la prochaine élection fédérale », a notamment indiqué Bill Morneau, qui a tenu à démentir que le Premier ministre l’a contraint à la démission.

« J'ai toujours eu le plus grand respect pour mes fonctions et j'étais conscient du privilège qui était le mien », a-t-il ajouté.

Dans sa déclaration, Morneau n’a pas évoqué directement l’affaire UNIS, dans laquelle il est impliqué pour « conflit d’intérêts », au même titre que le Premier ministre fédéral.

Sans pour autant reconnaître que cette affaire a été l’origine de son départ, il s’est contenté cependant de réitérer qu’il a dû se récuser au moment de l’octroi du contrat de plusieurs centaines de millions à cette organisation caritative, en charge de gérer la bourse de bénévolat destinée aux étudiants.

Après avoir présenté ses excuses, quelques jours après l’éclatement de l’affaire, Morneau avait rendu un chèque de 41 mille dollars, montant correspondant à des voyages financés par l’organisation. De plus, une de ses filles travaille pour le compte d’UNIS et une seconde en a des liens étroits.

Il a par ailleurs indiqué que depuis sa désignation à ce poste en 2016, il n’avait pas l’intention de rester plus de deux mandats.

« Comme il est impensable que l'économie canadienne puisse se rétablir de la pandémie de Covid-19 d'ici la fin de mon mandat, j’ai préféré laisser ma place à un nouveau ministre des Finances qui pourra accompagner le Premier ministre sur le long chemin semé d'embûches qui se trouve devant lui. Nous devons reconnaître que ce processus prendra plusieurs années », a-t-il soutenu.

Bien que Justin Trudeau ait affirmé la semaine passée, son soutien indéfectible à son ministre des Finances, les médias locaux ont fait état de divergences entre les deux hommes.

Le différend, dont Morneau n’a nullement fait mention dans sa déclaration de démission, se cristallise autour des dépenses liées à la Covid-19 pour pallier aux incidences socioéconomiques de la pandémie.

Autant le ministre des Finances était un adepte de la rigueur financière et monétaire en tenant à réduire les dépenses, autant Trudeau était un partisan de la prédominance de l’approche sociale au détriment de l’économique.

Morneau a relevé que Trudeau et lui conviennent quant à « l’importance des discussions vigoureuses et des débats à même d’établir les meilleures politiques ».

Quant à son avenir, Morneau a souligné qu’il tentera d'accéder au poste de Secrétaire général de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

« Je vais passer les prochaines semaines à me préparer à ce défi », a-t-il lancé.

Immédiatement après ces déclarations, Trudeau a salué « l’engagement et le dévouement de M. Morneau ».

Dans un communiqué rendu public, lundi soir, Trudeau a écrit : « J'ai compté sur son leadership, ses conseils et son amitié au fil des ans et j'ai confiance que cela se poursuivra dans le futur ».

« Bill, tu as ma plus profonde gratitude et je sais que tu continueras à apporter de grandes contributions à notre pays et aux Canadiens dans les années à venir », a-t-il indiqué.

AA



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