"L'extrémisme blanc a augmenté de 55% sous la présidence de Trump" (ONG)

L'augmentation des activités des groupes xénophobes et racistes, est motivée par la peur du "grand remplacement", rapporte une ONG américaine

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"L'extrémisme blanc a augmenté de 55% sous la présidence de Trump" (ONG)

Le nombre des groupes racistes et xénophobes blancs a augmenté de 55% depuis 2017, "du fait de la peur du grand remplacement", selon une étude récente d'un groupe américain de défense juridique à but non lucratif, spécialisé dans les litiges en matière de droits civils et d'intérêt public.

Le Southern Poverty Law Center (SPLC), a établi qu'en 2019, c'est à dire, à la troisième année du mandat du Président américain, Donald Trump, "une menace continue et croissante à la démocratie inclusive était présente [aux États-Unis] : un mouvement nationaliste blanc en plein essor qui est lié à une série d'attaques terroristes racistes et antisémites; et [une période qui] a coïncidé avec une augmentation des crimes de haine", a noté l'organisation non gouvernementale (ONG) dans son article publié mercredi.

- Augmentation du nombre des "groupes nationalistes blancs"

"Le nombre de groupes nationalistes blancs a augmenté pour la deuxième année consécutive, une augmentation de 55% depuis 2017, lorsque la campagne présidentielle de Trump [a porté ses fruits et] a dynamisé les nationalistes blancs qui ont vu en lui un représentant de leurs griefs et de leur anxiété face aux changements démographiques du pays", indique le rapport du SPLC.

L'année dernière, 155 groupes nationalistes blancs ont été dénombrés, indépendamment du Ku Klux Klan, des groupes skinheads néo-confédérés, néonazis, racistes et d'identité chrétienne, qui pourraient tous être qualifiés de "nationalistes blancs".

Le rapport souligne que depuis le début du millénaire, les racistes américains "craignent de perdre leur place de domination dans la société", et que l'attaque terroriste raciste à El Paso, Texas, en 2019, où 26 personnes ont été tuées, avait été menée avec ce même motif.

- Entraves de l'Administration Trump à la lutte contre les groupes xénophobes

Bien que le FBI ait augmenté son évaluation de "la menace posée par les extrémistes à motivation raciale à une priorité de menace nationale" et que le "Département de la Sécurité intérieure ait annoncé un virage stratégique dans la lutte contre la haine raciale" l'année dernière, le rapport indique que ces efforts sont entravé par l'Administration Trump.

"Bien que les experts semblent comprendre la menace, ils restent bloqués par l'Administration Trump, qui a embauché des membres de groupes haineux à des postes de haut niveau et compte parmi son personnel des personnes comme Stephen Miller, le conseiller politique principal à la Maison Blanche, qui est un allié de longue date des groupes de haine anti-immigrés", note le SPLC qui évoque la menace posée par l'accroissement des activités de ces groupes racistes.

Même si le nombre total de groupes de haine ait baissé de près de 8% à 940 contre un record de 1 020 en 2018, le SPLC a déclaré que "cette baisse ne reflète pas une diminution significative de la droite radicale ou un changement fondamental dans la tendance générale de ces dernières années, étant donné l'activité accrue des groupes de haine nationalistes blancs".

"Ne vous y trompez pas: nous avons une crise de haine et d'extrémisme dans notre pays - et les idées toxiques propagées par ces groupes haineux non seulement conduisent à la violence, mais érodent aussi les fondements mêmes de notre démocratie", a conclu Lecia Brooks, porte-parole du SPLC.

AA



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