Du Nobel de la paix à la non intervention en Syrie, Obama le "réaliste"

'Ni pacifiste, ni belliciste' -

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Du Nobel de la paix à la non intervention en Syrie, Obama le "réaliste"

Son Nobel de la paix avait soulevé un immense espoir international. Mais le poids de cette prestigieuse récompense décernée en 2009 à Barack Obama n'aura finalement pas influencé le choix de ce président "réaliste" de tenir l'Amérique à l'écart de la guerre en Syrie.

En recevant son prix le 10 décembre 2009 à Oslo, le jeune dirigeant démocrate, élu seulement un an plus tôt, donne un cours magistral sur "la guerre et la paix", dessinant les contours de sa future politique extérieure. Il invoque le droit des Etats-Unis à faire la guerre, quelques jours après avoir décidé d'envoyer 30.000 soldats supplémentaires en Afghanistan.

"Dire que la guerre est parfois nécessaire n'est pas un appel au cynisme, c'est la reconnaissance de l'Histoire, des imperfections de l'homme et des limites de la raison", lance à l'époque "le commandant en chef d'une nation engagée dans deux guerres", en Irak et en Afghanistan. 

Deux conflits déclenchés par son prédécesseur George W. Bush, mais pour lesquels Barack Obama laisse à son successeur Donald Trump plusieurs milliers de soldats au sol.

Le comité Nobel norvégien avait surpris en récompensant un président américain qui n'avait pas encore fait ses preuves. Mais le comité avait salué "ses efforts extraordinaires en vue de renforcer la diplomatie internationale et la coopération entre les peuples".

 

- 'Ni pacifiste, ni belliciste' -

 

Sept ans plus tard, Barack Obama quitte la Maison Blanche sans avoir été "ni un pacifiste, ni un belliciste", résume Joseph Bahout, analyste à la fondation Carnegie. "Il est un réaliste, avec quelques accents moralisateurs, mais pas un idéaliste", explique l'expert à l'AFP en le rattachant à l'un des courants doctrinaires de la politique étrangère américaine.

D'ailleurs, l'idée que l'Amérique ne doive plus forcément être le gendarme du monde rapproche davantage Barack Obama de Donald Trump que des interventionnistes George W. Bush ou Bill Clinton.

Et "le prix Nobel de la paix n'a pas influé sur son action", pense Joseph Bahout, qui juge qu'"Obama avait de toute façon ce genre d'instinct" d'un grand sceptique de l'interventionnisme militaire à tout crin. 

De fait depuis 2011, il s'est tenu à distance de la guerre en Syrie.

A l'heure du bilan des historiens sur cette tragédie, Barack Obama portera vraisemblablement une part de responsabilité.

Très critiqué, le lauréat du prix Nobel de la paix avait confié en septembre que "la situation en Syrie le hant(ait) en permanence", avouant s'"interroger sur ce qu'(il) aurai(t) pu faire différemment au cours des cinq ou six années écoulées".AFP

 

 



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