HRW exhorte la France à enquêter immédiatement sur les allégations de Disclose

HRW a exhorté la France à enquêter immédiatement sur les allégations de Disclose et à suspendre toutes les ventes liées à la sécurité avec le gouvernement égyptien

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HRW exhorte la France à enquêter immédiatement sur les allégations de Disclose

 

Suite aux informations selon lesquelles l'Égypte et la France auraient ciblé des civils lors des opérations militaires à la frontière libyenne entre 2016-2018 dans le cadre d'un accord secret, Human Rights Watch (HRW) a demandé à Paris d'enquêter sur la question et de mettre fin à son soutien sécuritaire au Caire.

Dans une déclaration faite à ce sujet, HRW a rappelé qu'une enquête avait été ouverte concernant la nouvelle publiée sur le site "Disclose" des Forces armées françaises le 22 novembre.

Le texte précise qu’il n’a pas encore été déterminé si l'enquête portera sur la source des fuites ou les allégations qu'elles contiennent.

« La France avait également aidé, par le passé, le gouvernement égyptien à faire face au bilan épouvantable des droits de l'homme », indique le texte.

Il note également que l'Egypte fait partie des principaux acheteurs d’armes françaises.

« La France continue de signer d'importants accords d'armement avec le gouvernement al-Sissi sous prétexte de sécurité et de lutte contre le terrorisme, malgré les preuves que certaines de ces armes ont été utilisées pour réprimer violemment des manifestations et perpétrer d'autres violations des droits de l’homme », relève le texte.

HRW a exhorté la France à enquêter immédiatement sur les allégations de Disclose et à suspendre toutes les ventes liées à la sécurité avec le gouvernement égyptien.

Selon un article du site Disclose daté du 22 novembre, basé sur des documents classifiés appartenant à l'Elysée, au ministère de la Défense et à la Direction du renseignement militaire, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian s'est rendu au Caire le 25 juillet 2015, alors qu'il était ministre de la Défense, il a rencontré son homologue égyptien et il a été décidé d'organiser l’opération « Sirli » à la frontière libyenne dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

Alors que la décision de l'opération était confidentielle et qu'aucun accord officiel n'a été signé, la France a partagé des informations de renseignement avec l'Égypte concernant l'opération qui a débuté en février 2016. Les forces françaises en charge de l'opération ont informé leurs supérieurs que l'Égypte visait des civils accusés de trafic de drogue, et non des terroristes, avec les informations fournies par la France.

Un responsable anonyme qui a participé à l'opération a déclaré au site Disclose : « Seuls des civils ont été tués lors de l'opération. Les terroristes n'étaient pas dans la région (où l'opération a été menée). Ils se trouvaient principalement dans la région du Sinaï dans le nord-ouest du pays".

Selon l’article, l'armée française est responsable d'au moins 19 attaques contre des civils en Égypte entre 2016 et 2018, et des centaines de civils ont été tués dans les attaques.


Mots-clés: #Egypte , #France , #Disclose

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