Tunisie: Enquête contre Ennahdha et Qalb Tounes pour suspicion "de financement étranger"

- Le porte-parole du tribunal de première instance Mohsen Daly a affirmé à l'Agence Anadolu qu'une enquête a été ouverte contre le mouvement "Ennahdha", le parti "Qalb Tounes" et l'association "Aïch Tounsi"

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Tunisie: Enquête contre Ennahdha et Qalb Tounes pour suspicion "de financement étranger"

 

Une enquête a été ouverte à l’encontre des partis Ennahdha et Qalb Tounes, et l’association Aïch Tounsi, sur fond de "réception de financement étranger" lors de la campagne électorale des élections législatives de 2019.

C’est ce qu’a annoncé le porte-parole du tribunal de première instance de Tunis 1 et du pôle judiciaire économique et financier, Mohsen Daly.

Daly a affirmé, dans une déclaration à l'Agence Anadolu, que le juge d'instruction du pôle judiciaire économique et financier (organe judiciaire spécialisé dans les affaires de corruption administrative et financière) a ouvert, le 14 juillet courant, une enquête sur des accusations de "réception de financement étranger".

Il a ajouté que l'enquête incluait le "Mouvement Ennahdha" (53 députés sur un total de 217), "Qalb Tounes" (28 députés), et l'association "Aïch Tounsi" (culturelle et sportive qui dispose d’un siège au Parlement).

Le responsable tunisien a souligné que "les sanctions dans de tels cas sont conformes à la jurisprudence des magistrats, et peuvent entraîner une interdiction de voyage, une arrestation et un gel des avoirs".

Néanmoins, il n’a pas expliqué la raison pour laquelle l’ouverture de l’enquête n’a pas été annoncée auparavant, et le fait qu’elle coïncide maintenant avec les décisions prises par le président tunisien Kaïs Saïed, dimanche soir.

Le président tunisien, Kaïs Saïed, avait annoncé, dimanche soir, le gel des pouvoirs du Parlement pour une durée de 30 jours, la levée de l’immunité de tous les députés, le limogeage du chef du gouvernement, Hichem Mechichi, soulignant qu’il assumait lui-même le pouvoir exécutif avec un gouvernement dont il désignerait le chef.

Saïd a déclaré avoir pris ces décisions pour "sauver l'Etat tunisien". Mais, la majorité des partis rejettent sa démarche. Certains déplorent un "coup d’Etat contre la Constitution", tandis que d'autres l'ont soutenu, estimant qu'il s'agissait d'un "redressement du processus de la Révolution".

Le Mouvement Ennahdha, le parti Qalb Tounes et l'association Aïch Tounsi avaient précédemment démenti, les accusations de financement étranger.

Alors qu'Ennahdha dit dépendre pour son financement des contributions de ses membres et adhérents. Le chef du bloc parlementaire "Qalb Tounes", Oussama Khelifi a réfuté, dans des déclarations médiatiques, les accusations pesant sur son parti concernant le "financement étranger", dénonçant "une attaque systématique et malveillante" de ceux qu'il a qualifiés de "blessés des élections", et ce dans le but d'exclure son parti et d'emprisonner ses députés et dirigeants.

Quant à Olfa Terras, membre fondateur de Aïch Tounsi, et actuellement parlementaire, assure qu’elle est la seule source de financement de son association.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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