Algérie : un projet de loi électorale inédit qui adopte la modalité de la "liste ouverte"

La « liste ouverte » donne la possibilité à l'électeur de voter pour sa liste de candidats favoris, fournie par les partis et les indépendants, et offre au même électeur la liberté de classer les candidats selon son ordre de préférence.

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Algérie : un projet de loi électorale inédit qui adopte la modalité de la "liste ouverte"

 

La présidence algérienne a annoncé un avant-projet de nouvelles lois électorales, dans le cadre de ses efforts pour mettre fin à la « corruption politique », qui s'est installée dans les élections sous le régime de l'ancien président Abdelaziz Bouteflika.

La présidence a distribué un projet de loi aux partis politiques du pays, à une heure avancée de la soirée du mardi, pour qu'ils se prononcent dessus, avant son approbation finale.

Le projet, examiné par le correspondant de l'Agence Anadolu, comprend 313 articles qui adoptent pour la première fois dans le pays la modalité de la « liste ouverte » aux élections législatives et locales.

Parmi ses dispositions les plus importantes, les membres de l'Assemblée populaire municipale (le Conseil municipal), de l'assemblée populaire wilayale (le Conseil des wilayas) et les membres de l'Assemblée populaire nationale (la première chambre du Parlement) seront élus pour un mandat de 5 ans au scrutin proportionnel sur la « liste ouverte ».

La « liste ouverte » donne la possibilité à l'électeur de voter pour sa liste de candidats favoris, fournie par les partis et les indépendants, et offre au même électeur la liberté de classer les candidats selon son ordre de préférence.

Jusqu'à présent, l'élection des membres des conseils locaux et du parlement se faisait selon la modalité des listes de partis ou indépendantes, dites « fermées », conformément à la dernière loi électorale de 2016.

Selon le système de « liste fermée » actuellement en vigueur, lors de la course électorale législative ou locale, les partis présentent les listes de leurs candidats classés préalablement dans un ordre allant de la tête de liste au dernier membre du parti.

Lors du décompte des voix, les sièges sont attribués aux candidats des listes gagnantes, selon leur classement au sein de la liste, ce qui signifie que s'ils remportent 3 sièges, ces sièges sont attribués aux premier, deuxième et troisième candidats figurant sur la liste.

Quant au système de « liste ouverte », l'ordre des candidats établi par le parti reste sans importance. L'électeur, a la possibilité de désigner n'importe quel candidat figurant au bas de liste par exemple au lieu du candidat de la tête de liste.

Selon les observateurs, l'adoption du système de « liste ouverte » vise à mettre fin à la « corruption politique » qui a affecté les élections précédentes.

Selon des témoignages antérieurs de dirigeants de partis et de parlementaires jugés dans des affaires de corruption, liées aux élections, les têtes de listes des grands partis et des indépendants ont été attribuées en échange de pots-de-vin aux dirigeants du parti.

Ces pratiques garantissaient l'accès du candidat au Parlement ou à la présidence des municipalités.

AA



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