Alger: Considérer le rapatriement des crânes de résistants comme "changement français" est prématuré

Abdelméjid Chikhi, conseiller à la Présidence algérienne, a estimé que le rapatriement depuis la France, des restes mortuaires de 24 martyrs est « un premier pas sur la voie de récupérer tout ce qui a trait à la mémoire »

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Alger: Considérer le rapatriement des crânes de résistants comme "changement français" est prématuré

 

Il est prématuré de considérer le rapatriement depuis la France des « crânes de la résistance » comme un point de changement de Paris dans sa vision à l’autre, particulièrement, à l’endroit de l’Algérie, a souligné, dimanche, un responsable à la Présidence algérienne.

C’est ce qui ressort d’une interview accordée à la radio publique par Abdélmejid Chikhi, directeur des Archives algériennes (gouvernemental) et conseiller à la Présidence de la République.

Chikhi a, notamment, relevé que le « Musée de l’Homme à Paris compte dix-huit mille crânes dont deux mille de martyrs et de résistants algériens ».

Le responsable à la Présidence algérienne n’a pas livré de détails sur ces crânes et sur le fait s’il s’agit de crânes remontant à l’époque des « révoltes populaires » ou à la phase de la Révolution de libération (1954-1962).

Chikhi a estimé que la récupération depuis la France des restes mortuaires des martyrs après l’écoulement de plus de 170 ans est « un premier pas sur la voie de la récupération de tout ce qui a trait à la mémoire ».

Le haut responsable, par ailleurs historien, a indiqué qu’il « est prématuré de juger les intentions françaises et de considérer le rapatriement des crânes comme un point de changement dans leur vision à l’autre et particulièrement à l’endroit de l’Algérie ».

Et Chikhi de conclure : « Nous attendons d’autres mesures tant que nombre de dossiers bilatéraux (sans en préciser la teneur) sont toujours en suspens ».

Une cérémonie d’inhumation des restes mortuaires de 24 chefs de la Résistance populaire à l’occupation française s’est déroulée, dimanche, dans la capitale Alger. Les restes mortuaires sont arrivés, vendredi à Alger, après leur séquestration pendant 170 ans au musée de « L’Homme » à Paris.

Les autorités algériennes ont choisi, la journée du dimanche, qui correspond au 58ème anniversaire de l’Indépendance (5 juillet 1962) comme date symbolique pour inhumer les restes mortuaires des résistants.

Selon des récits historiques, la colonisation française a procédé, au milieu du XIXe siècle, après la répression de soulèvements populaires contre l’occupation en Algérie, à décapiter les chefs de la résistance et leurs compagnons, en signe de représailles, avant de les transférer en France.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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