RCA: Le CICR réduit ses activités dans certaines régions du centre

"Nous n’avons d’autre choix que de réduire nos activités humanitaires et les mouvements de nos équipes jusqu’à ce que les conditions de sécurité soient de nouveau réunies."

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RCA: Le CICR réduit ses activités dans certaines régions du centre

"Touché par une succession d’incidents sécuritaires mettant en danger son personnel et son action", le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), s'est dit "contraint de suspendre les mouvements de ses équipes et de réduire drastiquement ses activités humanitaires à Kaga-Bandoro dans le Nana-Grébizi, au centre-nord de la République centrafricaine".

Cette annonce a été faite dans un communiqué du CICR publié mercredi et relayé par les médias dont le site centrafricain "Corbeau news".

Le 6 février, des individus armés se sont introduits dans les résidences des employés du CICR à Kaga-Bandoro, où l’institution déploie d’importants programmes en aide aux personnes touchées par les conséquences des conflits et de la violence. Ces derniers ont agressé physiquement des gardes et dérobé des biens matériels, précise le comité.

"C’est totalement inacceptable, nous ne pouvons plus travailler dans ces conditions", a déclaré Bruce Biber, Chef adjoint de la délégation du CICR en Centrafrique, cité dans le communiqué.

" Nous n’avons d’autre choix que de réduire nos activités humanitaires et les mouvements de nos équipes jusqu’à ce que les conditions de sécurité soient de nouveau réunies. Nous continuerons néanmoins à assurer les services liés aux urgences vitales à l’hôpital de Kaga-Bandoro et l’approvisionnement en eau du site des déplacés", a-t-il ajouté.

Au cours des derniers mois, plusieurs incidents graves, dont une intrusion armée dans les bureaux du CICR le 10 octobre dernier, ont mis à mal la sécurité du personnel de l’institution et son action à Kaga-Bandoro. Une équipe du CICR, en mission sur le terrain, a en outre été braquée et dévalisée à la même période en octobre 2019, rappelle le CICR

"Les humanitaires ne sont pas une cible. A chaque fois que nous sommes attaqués, c’est notre capacité à délivrer de l’aide aux plus vulnérables qui est compromise", a souligné Bruce Biber.

En République centrafricaine, les populations sont déjà les premières victimes des conflits et de la violence, mais aussi de plus en plus de l’insécurité et de la criminalité qui en résultent. C’est aussi l’un des contextes les plus dangereux pour les humanitaires, dont les structures et le personnel sont devenus la cible régulière de bandes criminelles, note encore le CICR.

Et d'appeler enfin, tous les acteurs à déployer davantage d’efforts pour restaurer l’ordre et la sécurité, afin que les populations puissent accéder à l’aide dont elles ont besoin.AA



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