Crimes français en Algérie : identité anéantie, massacres, pillage et essais nucléaires (Encadré)

Les Algériens n’ont jamais cessé d’exiger de la France « reconnaissance, excuses et indemnisation » pour ses crimes commis à l’encontre du peuple algérien durant la colonisation (1830-1962)

Crimes français en Algérie : identité anéantie, massacres, pillage et essais nucléaires (Encadré)

 

Les Algériens n’ont jamais cessé d’exiger de la France « reconnaissance, excuses et indemnisation » pour ses crimes commis à l’encontre du peuple algérien durant la colonisation (1830-1962), notamment, l’acculturation, les massacres, les pillages, la torture et les essais nucléaires.

La cadence de ces revendications s’accentue, chaque année, avec l’avènement de l’anniversaire de l’enclenchement de la révolution de libération (1954-1962), le 1er novembre de chaque année, au vu du refus officiel de Paris de reconnaître ses crimes et qu’une série de dossiers sont toujours en suspens entre les deux pays.

Cette année, un nouveau facteur s’est ajouté à l’équation habituelle, en l’occurrence, la Mobilisation populaire (Hirak) qui se poursuit en Algérie depuis le 22 février dernier et qui a contraint le président Abdelaziz Bouteflika à démissionner le 2 avril dernier après un règne de 20 ans.

Les protestataires réclament, à chaque marche, une rupture culturelle et politique avec la France et de réduire l'utilisation de la langue française dans les rouages de l’Etat, dans les lycées et au sein des universités, allant jusqu’à imputer à l’ancienne colonie la responsabilité de l’actuelle situation politique et économique en Algérie.

Simultanément avec la commémoration du 65ème anniversaire de la révolution du 1er novembre, l’agence Anadolu énumère dans cet encadré une partie des crimes commis par la colonisation française à l’endroit du peuple algérien, selon les autorités algériennes.

* Identité anéantie :

Depuis son occupation de l’Algérie, en date du 5 juillet 1830, la France a œuvré à anéantir les attributs et contours de l’identité algérienne, en se lançant dans une guerre féroce contre les mosquées et les écoles coraniques, de même qu’elle a fondé la première école de missionnaires pour la chrétienté en 1836.

La France a institué également des lois de discrimination raciale, qualifiant les Algériens d’autochtones de « Musulmans arabes d’Algérie », en les asservissant au service des colons après leur avoir spolié leurs terres et domaines, généralement des plus fertiles.

* Les crânes des résistants :

La campagne militaire coloniale a fait face, dans les différentes régions de l’Algérie, à une résistance populaire par intermittence et tout au long de l’ère de l’occupation.

La France a dépêché les crânes des chefs de ces révoltes à répétition, après leur décapitation, au Musée de l’Homme dans la capitale française, Paris, en 1880 et 1881.

Depuis 2011, l’Algérie revendique de l’ancienne puissance coloniale la récupération de ces crânes, dont 31 ont été identifiés, ce que la France rejette.

* Les massacres du 8 mai :

Il s’agit là du pire et du plus horrible massacre commis par la France en une seule journée. Des centaines de milliers d’Algériens sont sortis, le 8 mai 1945, pour célébrer la fin de la deuxième guerre mondiale (1939-1945) et pour réclamer à la France d’honorer son engagement consistant à octroyer l’indépendance.

Néanmoins, les forces coloniales ont recouru aux armes et aux balles réelles, massacrant pas moins de 45 mille civils désarmés ; une illustration des plus éloquentes, s’il en est, des crimes contre l’humanité.

* 1,5 millions de martyrs

La Révolution algérienne s’est déclenchée le 1er novembre 1954 et s’est achevée par l’indépendance en 1962. Au cours de cette période, plus d’un million et demi de personnes ont été tuées. L’Algérie a été baptisée, depuis, « pays du 1 million et demi de martyrs ».

L’Algérie a annoncé, en 2015, avoir entamé un recensement global et exhaustif des crimes de l’occupation.

La France a également utilisé les civils comme boucliers humains dans sa guerre contre l’Armée de libération nationale (ALN), bras armé du Front de libération nationale (FLN).

La Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (indépendante) a dévoilé dans un rapport publié en 2017 que le nombre des victimes de la colonisation française a dépassé les 10 millions de personnes.

* Massacre de la Seine :

Le 17 octobre 1961, quelque 60 mille Algériens sont sortis manifester à Paris pour dénoncer l’occupation de leur pays.

Les autorités françaises ont ouvert le feu sur les manifestants et jeté de nombreux protestataires dans la Seine. Le bilan est sans appel : 1500 morts et 800 disparus, outre plusieurs milliers d’arrestations.


* Essais nucléaires :

Les autorités coloniales françaises ont procédé à une série d’essais nucléaires dans le Sahara algérien entre 1960 et 1966.

Dix-sept essais nucléaires ont été effectués au cours de ce laps de temps, selon des responsables français, tandis que des historiens algériens avancent un nombre plus grand.

Baptisée « La Gerboise bleue », la première opération a été effectuée en 1960 dans la ville de Reggan, située dans la province de Bechar (sud-ouest).

Lesdits essais nucléaires ont causé la mort de 42 mille algériens sans parler des handicaps à vie causées par les radiations nucléaires qui polluent encore cette aire.

* Génocide :

Les autorités françaises ont procédé aux pires exactions et tortures contre les prisonniers, militants et résistants algériens.

Cette affirmation peut être faite sur la base de témoignages de victimes et de rescapés ainsi qu’à la lumière de travaux menés par des historiens algériens.

L’armée coloniale a utilisé la gégène, entre autres procédés de torture, de même qu’elle a jeté les prisonniers vivants du haut des montagnes depuis des hélicoptères.

Parmi les autres dossiers encore en suspens entre les deux pays figurent celui des archives nationales algériennes, qui comportent des millions de documents et de pièces, pillés par la France qui refuse de les restituer à l’Algérie.

De même, les disparus, au cours de la Révolution algérienne, dont le nombre s’élève à 2200, selon les autorités algériennes, est un dossier épineux.

Selon l’historien algérien, Mohamed Lamine Belghith, la « France doit reconnaître les génocides perpétrés à l’encontre des Algériens depuis 1830 ».

Belghith a indiqué à Anadolu que « le colonisateur a pillé les richesses et les recettes de l’Etat algérien. Les chiffres des fonds et des trésors pillés sont mentionnés dans les Archives en France. Il s’agit de cinq bateaux à pleine charge qui ont été acheminés vers le port de Toulon au cours des premiers mois de l’occupation ».

 

AA



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