Attaque à Ouagadougou: « Rien n’altérera l’engagement de la France au Sahel » (Expert français)

Pour l'heure à Ouagadougou, quatre assaillants ont "été neutralisés" devant le bâtiment français, et l'entourage du chef de la diplomatie français Jean-Yves le Drian a fait savoir que "la situation est sous contrôle à l'institut français et à l’Ambassade"

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Attaque à Ouagadougou: « Rien n’altérera l’engagement de la France au Sahel » (Expert français)

Alors que Ouagadougou est le théâtre depuis vendredi matin, d’une attaque ciblant plusieurs points stratégiques de la capitale burkinabé, dont l’Ambassade de France et l’Etat-major des armées, pour le président du Réseau de Réflexion Stratégique sur la Sécurité au Sahel (2R3S) Jérôme Pigné, interrogé par Anadolu, même si la France est une «cible prioritaire », cela n’ « altérera en rien son engagement au Sahel ».

Même si aucune revendication n'a été transmise quant à l’attaque qualifiée de « terroriste » par le gouvernement burkinabé, la question du G5 Sahel se pose naturellement au vu de la localisation géographique des faits.

Sous l’égide de la France, le G5 Sahel, composé du Burkina Faso, du Niger, du Tchad, de la Mauritanie et du Mali, vise depuis plusieurs mois, à mettre sur rails une force conjointe de lutte contre le terrorisme dans la région du Sahel, qui est régulièrement le théâtre d'attaques terroristes meurtrières.

La France est donc, logiquement, une cible de choix.

Commentant l’attaque ayant visé dans un premier temps l’ambassade de France (devant laquelle quatre assaillants ont été neutralisés d’après le gouvernement burkinabé), Jérôme Pigné explique en effet que « plus les groupes (terroristes) reculent, plus ils seront frontaux avec les Etats et les partenaires ».

« Mais rien n'altèrera l'engagement de la France au Sahel si ce n'est une amélioration de la sécurité », a relevé le spécialiste des questions terroristes dans la région du Sahel balayant ainsi l'hypothèse que l'Hexagone ne se retire de la zone sahélienne.

Commentant les dispositifs locaux de sécurité, l’expert sécuritaire a estimé que « les capitales sont des passoires » concédant que « cela est inouï mais que c'est la réalité des pays sahéliens, à Ouagadougou comme ailleurs ».

« Les forces de sécurité et de défense sont dans une phase de renforcement capacitaire et de déploiement en fonction des besoins de la force conjointe du G5 Sahel » précise Jérôme Pigné ajoutant que « la période est donc critique pour les armées qui doivent monter en puissance pour faire face à l'insécurité grandissante ».

On peut aisément parler de « fragilité de plus en plus structurelle au Sahel » puisque « la violence est cyclique » et que « la situation s’est déjà détériorée », ajoute-t-il.

Pour l'heure à Ouagadougou, quatre assaillants ont "été neutralisés" devant le bâtiment français, et l'entourage du chef de la diplomatie français Jean-Yves le Drian a fait savoir que "la situation est sous contrôle à l'institut français et à l’Ambassade" .

Les opérations sont toutefois toujours en cours à l'Etat-major des Armées, où deux assaillants ont été neutralisés, selon un bilan provisoire communiqué par le porte-parole du gouvernement burkinabé Remis Fulgance Dandjinou.AA



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