Tunisie : Grande manifestation à Tunis contre la loi de réconciliation économique

La loi de réconciliation économique et financière vise à renforcer le processus de la justice transitionnelle et à sauver l’économie du pays, en se réconciliant avec les personnes impliquées dans la corruption à l’époque du président déchu Ben Ali

723048
Tunisie : Grande manifestation à Tunis contre la loi de réconciliation économique

Environ mille personnes ont participé, samedi à Tunis, à une manifestation de protestation contre la loi de réconciliation économique, présentée par le Président de la République, Beji Caïd Essebsi, en juillet 2015.

Des représentants de la société civile et des citoyens ont participé à la campagne menée, depuis plus d’une semaine, appelant à s’opposer à l’adoption à cette loi par l’Assemblée des Représentants du Peuple.

Le mouvement social « Manich Msamah » (Je ne pardonne pas) a conduit cette campagne, depuis l’annonce de l’initiative présidentielle et le dépôt de la première version de la loi, en 2015.

Sami Ben Gazi, un membre du mouvement « Manich Msamah » a assuré, dans une déclaration accordée à Anadolu lors de la manifestation, que le recours à manifester dans la rue vise à s’opposer à cette loi qui n’est que « blanchiment de la corruption et des corrompus » et à appeler ceux qui l’on proposée à la retirer.

Il a ajouté que « le contenu de la loi est contre les principes constitutionnels relatifs à la transparence, à l’intégrité et à la lutte contre la corruption ».

L’activiste a, en outre, indiqué que, contrairement à ce qu’on prétend, aucun amendement n’a été apporté à la première version de la loi et que toutes les composantes de la société civile, dont le mouvement « Manich Msamah », continueront à revendiquer le retrait.

« Il y aura d’autres mouvements de protestation contre la loi de réconciliation. Une marche nationale sera organisée et réunira toutes les parties sociales et politiques opposées à l’adoption de cette loi », poursuit le jeune manifestant.

Les membres du mouvement « Manich Msamah » et d’autres composantes de la société civile ont publié, mercredi, un communiqué commun appelant à retirer immédiatement et définitivement du projet de loi organique de réconciliation économique et financière.

Ils considèrent que cette loi vient rouvrir les portes aux corrompus de l’époque de l’ancien président déchu, Zine El-Abidine Ben Ali, et s’oppose aux principes fondamentaux de la justice transitionnelle, consacrés par la constitution, ainsi qu’au droit à la vérité et à la lutte contre l’impunité.

Le premier conseiller auprès de la Présidence de la République, Noureddine Ben Ticha, a déclaré aux médias locaux, que ce mouvement social de jeunes n’a pas le droit de s’exprimer au nom du peuple quant à la loi de réconciliation économique.

Pour la troisième fois, la Présidence de la République relance son initiative autour du projet de loi de réconciliation économique et financière, après la suspension des concertations en juillet 2016, lorsque les députés de l’opposition et certains membres des partis au pouvoir ont revendiquer l’amendement du projet de loi.

La loi de réconciliation économique et financière vise, comme l’assurent le Président tunisien et les défendeurs de la loi, à renforcer le processus de la justice transitionnelle et à sauver l’économie du pays, en se réconciliant avec les personnes impliquées dans la corruption à l’époque du président déchu Zine El Abidine Ben Ali.

AA

Les conseillers à la Présidence de la République ont assuré, dans leurs déclarations médiatiques, qu’il n’y aura pas d’impunité et que des mesures fiscales seront imposées sur chaque personne ayant volé de l’argent public. 

AA



SUR LE MEME SUJET