Myanmar: 30.000 déplacés en raison des violences dont les Rohingyas sont victimes

Le rapporteur spécial de l'ONU critique l'administration de Aung San Suu Kyi, appelant à une "action urgente" de sa part

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Myanmar: 30.000 déplacés en raison des violences dont les Rohingyas sont victimes

Quelque 30.000 personnes ont été déplacées par les violences qui ont fait des dizaines de morts depuis octobre dans l'Etat d'Arakan, dans l'ouest du Myanmar où se concentre la minorité rohingya, a annoncé l'ONU vendredi.

L'armée  mène des opérations dans cette région frontalière du Bangladesh, où vivent un grand nombre de membres de cette minorité musulmane, depuis début octobre.

"Les déplacés sont estimés à quelque 30.000 personnes depuis les attaques du 9 octobre et les opérations qui ont suivi dans l'Etat d'Arakan", a affirmé un porte-parole du bureau de coordination des Affaires humanitaire de l'ONU (Ocha).

Selon lui, 15.000 personnes auraient fui leurs foyers au cours des seules dernières 48 heures.

Le rapporteur spécial de l'ONU pour le Myanmar, Yanghee Lee, a critiqué la gestion de cette crise par le gouvernement mené par le Prix Nobel Aung San Suu Kyi, appelant à une "action urgente" de sa part. Il a réclamé une enquête transparente concernant les accusations de viol et de meurtre impliquant les forces de sécurité.

"Aung San Suu Kyi a récemment déclaré que le gouvernement répondait à la situation conformément aux règles de droit. Cependant, je ne constate aucun effort de la part du gouvernement pour se pencher sur les allégations de violations des droits de l'homme", écrit M. Lee dans un communiqué.

"Les forces de sécurité ne doivent pas recevoir carte blanche pour intensifier leurs opérations derrière un écran de fumée, celui d'avoir autorisé l'accès à une délégation internationale. Une action urgente est nécessaire", a-t-il souligné.

L'armée est accusée de graves abus contre la minorité musulmane, du viol des femmes au meurtre de civils.

Ces violences constituent un défi pour Aung San Suu Kyi et son gouvernement, premier exécutif civil au Myanmar depuis des décennies. 

La minorité musulmane des Rohingyas est forte d'un million de personnes dans cette région de l'Etat d'Arakan.

Des dizaines de milliers d'entre eux vivent dans des camps de déplacés depuis des affrontements meurtriers entre bouddhistes et musulmans en 2012. (AFP)



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