"Nous comptons sur la Turquie pour relancer le tourisme dans notre pays" (ministre guinéen)

L'aide escomptée de la Turquie permettra globalement de "valoriser des atouts touristiques existants en Guinée", une destination dont l'image a été quelque peu écornée avec plus de 2 000 morts en deux ans à cause d'Ebola

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"Nous comptons sur la Turquie pour relancer le tourisme dans notre pays" (ministre guinéen)

La Guinée compte sur la Turquie pour l'aider à relancer son tourisme, terrassé en raison de l'épidémie Ebola qui y a sévi ces dernières années, a fait savoir dans un entretien avec Anadolu, le ministre guinéen du Tourisme, Thierno Ousmane Diallo.

Selon le responsable guinéen, l'aide escomptée de la Turquie permettra globalement de "valoriser des atouts touristiques existants en Guinée", une destination dont l'image a été quelque peu écornée avec plus de 2 000 morts en deux ans, à cause d'Ebola.

Il s'agit d'abord d'un programme de formation du personnel hôtelier ainsi que d'une coopération entre opérateurs hôteliers turcs et guinéens, les deux points étant prévus dans des accords signés en mars dernier, à l'occasion de la visite du Président turc Recep Tayyip Erdoğan le 3 mars dernier à Conakry.

"On a besoin de former d’abord les jeunes qui vont travailler dans les hôtels et assurer la continuité de ces formations au niveau du ministère et le reste du personnel hôtelier", a insisté le Ministre guinéen.

Selon Ousmane Diallo, ces accords seront d'autant plus bénéfiques que ce qui manque au tourisme guinéen c'est une technicité de pointe. Tant les infrastructures touristiques que les destinations d'attraction existent dans ce pays.

"Lors du premier quinquennat du président Alpha Condé, il y a eu beaucoup d’hôtels de plus de 390 chambres dont les portes étaient ouvertes. Ce qui reste à faire aujourd'hui, c'est de rouvrir ces hôtels, en y installant un personnel compétent, qui contribuera au développement du tourisme dans notre pays. Les Turcs vont nous aider à former des Guinéens dans le métier du tourisme", a-t-il précisé.

Le Président guinéen, Alpha Condé, avait fait part en mars dernier, de tout l'espoir que suscitait chez lui la visite du président turc, en matière de relance du tourisme. Dans une conférence de presse commune avec son homologue turc, il est longuement revenu sur les atouts touristiques dont regorge son pays.

"Je suis sur que le président Erdoğan aura l’occasion de revenir et il fera en sorte que la Guinée devienne l’un des pays les plus touristiques d’Afrique de l’Ouest. Nous avons quatre régions touristiques très différentes. Nous avons la mer comme le Sénégal, la forêt comme la Côte d’ivoire, la savane comme le Mali. Nous avons quelque chose qu’on ne trouve pas en Afrique de l’Ouest et que l’on trouve qu’en Afrique de l’est en Tanzanie et au Kenya comme le Haut plateau du Fouta".

Le Ministre du tourisme abonde dans le même sens. "Nous avons l’avantage d’avoir une cote riche en histoire où beaucoup d'ancêtres ont transité pendant la période coloniale. Nous allons valoriser les ports négriers à Boké et Boffa (Basse-Guinée)’’. "Nous voulons développer le tourisme balnéaire tout en développant le corridor Conakry-Boffa-Boké où il y a beaucoup de mines. Beaucoup de sociétés vont s’y installer. Nous pouvons aussi créer un lien avec les Américains et les Brésiliens parce que nous sommes très proches de Bahia au Brésil’’, ajoute t-il.

Il reste, selon Thierno Ousmane Diallo, à valoriser ces atouts. Le gouvernement guinéen sait qu'il peut "compter sur ses amis turcs". "On attend beaucoup de la Turquie. Vous avez remarqué que la visite du président Erdoğan, avec son franc-parler, a été l’une des plus intéressantes que nous avons eues ici. Il a regretté la situation actuelle dans notre pays. Nous allons créer les conditions pour que cette coopération se fasse normalement dans l’intérêt des Guinéens".

La Guinée aura surtout besoin de "signaux forts" d'ouverture. Ce pays qui a été un temps, boycotté par les vols internationaux, souffre encore d'un relatif enclavement en matière touristique. Selon les dernières données rendues publiques par le ministère du Tourisme, le nombre de visiteurs internationaux enregistré à l'aéroport de Conakry ayant été de 56,146 passagers en 2013, a chuté de plus de la moitié l'année d'après.

C'est la raison pour laquelle les Guinéens se sont beaucoup réjouis, à l'annonce faite par le président turc, en mars dernier, concernant la desserte de la Guinée par la compagnie aérienne turque, à partir du mois de juin prochain.

"Nous attendons beaucoup de la Turquie surtout avec l’annonce que Turkish Airlines va desservir Conakry. Cela nous permettra un autre volet d’échanges commerciaux qui influeront positivement sur le tourisme. L’artisanat de la Guinée est riche et varié mais nos artisans auront besoin d'être découverts sous d'autres cieux, et pourquoi pas vendre leurs produits en Turquie", a espéré le ministre guinéen.

L'apparition en mars dernier, soit peu de mois après son éradication officielle, de quelques cas d'Ebola en Guinée forestière n'est pas pour arranger la situation, reconnaît le ministre.

Selon son département, le chiffre d'affaires des hôtels a diminué de plus de 60% en 2014, et depuis cette date, il n'y a pas eu d'amélioration. En l'absence de chiffres globaux, le ministre estime que les pertes sont incommensurables, de même que les manques à gagner dans un pays où le tourisme contribuait, avant la crise Ebola, à hauteur de près de 10% de l'économie.

 

AA



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