L'union des oulémas musulmans salue l'approche de la Turquie dans l'affaire Khashoggi

Ahmed Raïssouni, vice-président de l’Union internationale des oulémas musulmans, s’est félicité du "discernement", du "professionnalisme" ainsi que de "l’honnêteté" dont la Turquie et ses services de sécurité ont fait preuve

L'union des oulémas musulmans salue l'approche de la Turquie dans l'affaire Khashoggi

Ahmed Raïssouni, vice-président de l’Union internationale des oulémas musulmans, s’est félicité du "discernement", du "professionnalisme" ainsi que de "l’honnêteté" dont la Turquie et ses services de sécurité ont fait preuve en traitant l’affaire de l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi. 

Khashoggi (59 ans), chroniqueur à "Washington Post", a été assassiné, le 2 octobre, à l’intérieur du consulat d’Arabie saoudite à Istanbul après s’y être rendu pour des procédures administratives. 

Dans une déclaration accordée à Anadolu, Raïssouni a souligné que "l'Etat turc et ses services de sécurité ont fait preuve de discernement et de professionnalisme sans précédent dans le traitement de l’Affaire Khashoggi". 

Selon le théologien marocain, "le Parquet turc s'appuie sur des preuves irréfutables et concluantes pour résoudre complètement l’affaire en question". 

"La Turquie continuera d'assumer ses responsabilités dans ses enquêtes sur l'Affaire Khashoggi", a-t-il estimé. 

** "La Turquie donne des leçons au monde" 

Aux yeux de Raïssouni, "la Turquie a donné une leçon au monde entier dans la gestion d’une telle crise". "La Turquie s'est engagée en faveur de la neutralité. L’Etat turc n’a ni lancé de campagne ni publié de position politique émanant du président [Recep Tayyip Erdogan] ou encore des ministres [sur le meurtre du journaliste saoudien]", a-t-il indiqué. 

"La Turquie a confié l’Affaire Khashoggi aux enquêteurs et aux services de sécurité et de renseignements afin qu’ils révèlent la vérité", a ajouté le vice-président de l’Union internationale des oulémas musulmans. 

Selon Raïssouni, "le discours du président turc, Recep Tayyip Erdogan, prononcé après trois semaines d'enquêtes, a écarté toute tentative d’exploitation politique de l'affaire". 

Trois semaines après le déclenchement de l’Affaire Khashoggi, Erdogan, qui s'était exprimé mardi dernier à Ankara devant le bloc parlementaire du parti de la Justice et Développement (AK parti, au pouvoir), avait fourni des détails sur l'enquête diligentée par la Turquie sur l’assassinat du journaliste saoudien. 

Erdogan a indiqué que "le meurtre de Khashoggi a été prémédité", ajoutant que "la Turquie dispose de preuves irréfutables de sa planification". 

Aux yeux de Raïssouni, "les autorités turques avaient bien réussi à gérer la crise qui retient l'attention du monde [l’Affaire Khashoggi]". 

** Le défi majeur 

"Le défi majeur à relever par les justices internationale et turque consiste en la manière de livrer les 15 suspects, dont les noms, les photos et les heures d'entrée et de sortie d'Istanbul sont connues", a estimé le théologien marocain. 

Et Raïssouni d’expliquer : "Ils doivent être traduits devant la justice turque car leur crime ne se limite pas au consulat. Ils étaient venus avec une intention criminelle. Ils étaient partis après avoir commis un crime. Ils ont agi sur le territoire turc". 

Il a ajouté que "la Turquie, en tant que partie chargée de faire la lumière sur l'affaire, ne peut pas mener à bien son enquête sans interroger les 15 personnes ainsi que le consul qui, selon des données fuitées, était présent au moment du crime mais ne l’a, cependant, pas dénoncé". 

"Le consul [saoudien] est un diplomate. Il aurait dû informer les autorités turques de ce qui s’est passé s’il était contre l’assassinat [de Khashoggi]", a-t-il insisté. 

Aux yeux du vice-président de l’Union internationale des oulémas musulmans, "seule la Turquie est capable de traduire en justice les personnes impliquées dans l'assassinat de Khashoggi de manière équitable". 

Après 18 jours de déni, Riyad a reconnu samedi dernier que Khashoggi a été tué à l'intérieur de son consulat à Istanbul après une bagarre qui aurait dégénéré. 

Riyad a par la suite annoncé l'arrestation de 18 Saoudiens impliqués dans l'affaire en question. Quant au corps de Khashoggi, il n'a pas encore été découvert. 

La version saoudienne a été largement critiquée par les pays occidentaux et les organisations internationales de défense des droits de l’Homme. Ce récit officiel contredit, en effet, plusieurs déclarations officieuses saoudiennes. L’une de ces déclarations est celle d’un responsable saoudien assurant qu’"une équipe de 15 Saoudiens qui a été envoyée pour rencontrer Khashoggi, l'anesthésier et le kidnapper l’a tué par suffocation dans une bagarre après leur avoir résisté". 

Après cet aveu, le monarque saoudien a limogé de hauts responsables, notamment le vice-président du service de renseignement, Ahmad al-Assiri, et le conseiller de la Cour royale Saud bin Abdullah Al Qahtani. 

Le roi a également décidé de former un comité présidé par son fils, le prince héritier Mohammed bin Salman, chargé de restructurer le service de renseignement général. 

Le comité comprend le ministre de l'Intérieur, le président de la Cour royale, le ministre des Affaires étrangères, le chef du service de renseignement général et le chef de la sécurité de l'État. Il devrait présenter les résultats de ses travaux dans un délai d'un mois à compter de la date du début de son mandat. 

Mardi dernier, le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré qu’Ankara disposait "de preuves solides" confirmant que le meurtre de Khashoggi était "délibéré et non pas une coïncidence" et que "porter la responsabilité à des éléments de sécurité ne convainquait nullement ni la Turquie ni l'opinion publique mondiale". 

AA



SUR LE MEME SUJET