La diplomatie a été la priorité durant le processus menant à l’Opération pour la paix à Chypre

Avant l’Opération pour la paix à Chypre, la Turquie a accordé la priorité aux démarches diplomatiques auprès des pays garants et des leaders sur l’île dans le cadre des accords internationaux.

La diplomatie a été la priorité durant le processus menant à l’Opération pour la paix à Chypre

Avant l’Opération pour la paix à Chypre, la Turquie a accordé la priorité aux démarches diplomatiques auprès des pays garants et des leaders sur l’île dans le cadre des accords internationaux.

ANKARA - NAZLI YÜZBAŞIOĞLU

 

(Cette image montre un des chars des Forces armées turques ayant participé à l’Opération pour la paix à Chypre)

 

 

Avant l’Opération pour la paix à Chypre, la Turquie a accordé la priorité aux démarches diplomatiques auprès des pays garants et des leaders sur l’île dans le cadre des accords internationaux.

Comme les efforts diplomatiques n’ont donné aucun résultat, l’opération lancée le 20 juillet 1974 par les Forces armées turques, a apporté la paix sur l’île.

La situation à Chypre avant l’opération

Les Accords de Zurich et de Londres qui ont été acceptés par la Turquie et la Grèce le 11 février 1959, et approuvés par l’Angleterre ainsi que les leaders des deux communautés, se basaient sur les principes d’indépendance, de partenariat des deux communautés, d’autonomie sociale et de la garantie efficiente d’une solution par la Turquie, la Grèce et l’Angleterre.

Conformément aux accords internationaux se basant sur le principe de partenariat entre les deux peuples de l’île, la République de Chypre a été fondée en 1960 et les peuples chypriotes turc et grec ont été pourvus des droits et statuts politiques égaux dans la constitution.

En contrepartie, la partie chypriote grecque a tenté d’expulser les Chypriotes turcs des établissements publics, de les isoler, de mettre fin à leur présence sur l’île et de s’unir avec la Grèce (Enosis).

La République de Chypre a disparu après la résiliation unilatérale de la constitution par la force des Chypriotes grecs.

S’armant pour atteindre son objectif d’Enosis, les Chypriotes grecs appuyés par la Grèce, ont augmenté leurs attaques, pressions et persécutions contre les Chypriotes turcs jusqu’en 1974.

Le processus qui a rendu l’opération inévitable

Des divergences de vues sont nées au sein de la communauté chypriote grecque, après l’expulsion des Chypriotes turcs de l’administration de « l’Etat de partenariat » fondé en 1960.

Les divergences de vues qui sont apparues parmi les membres d’EOKA, ont engendré une confrontation entre le leader chypriote grec Makarios qui craignait l’intervention de la Turquie et qui préférait faire pression sur la Turquie du point de vue économique, et les membres d’EOKA-B qui comprenait d’anciens membres de la junte souhaitant noter rapidement des résultats.

Le 15 juillet 1974, avec le soutien de la junte grecque, le leader d’EOKA Nikos Sampson s’est emparé du pouvoir quelques temps en renversant Makarios en vue de s’unir avec la Grèce et ainsi, il a porté atteinte à la souveraineté et l’intégrité territoriale de Chypre.

Les démarches diplomatiques de la Turquie avant de lancer l’opération

La Turquie a entrepris une initiative en vue de mener à bien ses responsabilités découlant du Traité de garantie de 1960.

Dans ce cadre, l’Angleterre et la Turquie se sont entretenues à Londres les 17-18 juillet 1974 sur les démarches à entreprendre après le coup-Etat. La Grèce a également été invitée en qualité de pays garant à ces pourparlers, cependant la junte au pouvoir n’a pas accepté.

Une intervention conjointe avec l’Angleterre a été proposée lors des négociations menées par le Premier ministre de l’époque Bulent Ecevit et le ministre britannique des Affaires étrangères James Callaghan.

Suite au refus de l’Angleterre, la Turquie a lancé le 20 juillet 1974 l’Opération pour la paix à Chypre en se basant sur le Traité de Garantie et en vue d’assurer la sécurité des Turcs sur l’île.

Ainsi, l’annexion de Chypre à la Grèce a été évitée et l’existence du peuple chypriote turc a été garantie.

L’Opération pour la paix à Chypre a également provoqué la chute du pouvoir de la junte en Grèce et a apporté la démocratie dans le pays.

Les efforts diplomatiques se sont également poursuivis lors de la seconde phase de l’opération

Se basant sur la résolution 353 du Conseil de sécurité de l’ONU adoptée le 20 juillet 1974, la Turquie a appelé l’Angleterre et la Grèce à « lancer les pourparlers en vue de réinstaurer la paix ».

Sur ce, trois pays garants se sont réunis à Genève les 25-30 juillet 1974 et les chefs de la diplomatie de ces trois pays ont ratifié la Déclaration de Genève du 30 juillet 1974.

Ladite Déclaration stipulait l’évacuation immédiate des enclaves turques occupées par la Grèce et les Chypriotes grecs ainsi que la poursuite des négociations entre ministre des Affaires étrangères pour la réinstauration de la paix et de l’ordre constitutionnel sur l’île.

Par ailleurs, la Déclaration reconnait en principe l’existence de deux administrations autonomes, la communauté chypriote turque et la communauté chypriote grecque.

Lors de la seconde étape de la conférence qui a débuté le 09 août, la Grèce a rejeté toutes les propositions visant à fonder un nouvel ordre constitutionnel sur l’île et a imposé comme préconditions le retrait des troupes turques pour un accord sur la constitution.

La conférence s’est achevée sans résultat le 14 août du fait que la Grèce a dit « n’accepter aucune solution imposée comme en 1960 ». C’est ainsi qu’a commencé la seconde étape de l’Opération pour la paix à Chypre.

L’opération a pris fin avec succès et le 13 février 1975, l’Etat fédéral turc de Chypre a été fondé. Avec la décision prise par l’assemblée le 15 novembre 1983, la République turque de Chypre du Nord (RTCN) a été fondée.



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