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La nouvelle étape de la lutte antiterroriste de la Turquie : le Rameau d’olivier

L’opération dont les préparatifs duraient depuis longtemps, a été lancée le 20 janvier à 17H, peu de temps après les explications du président Erdogan qui faisait état du « début de facto de l’opération d’Afrine »

La nouvelle étape de la lutte antiterroriste de la Turquie : le Rameau d’olivier

La Turquie faisait des préparatifs depuis un certain moment contre le PYD/YPG qui est la branche syrienne de l’organisation terroriste PKK et qu’elle considère comme une sérieuse menace contre la sécurité nationale de la Turquie et l’intégrité territoriale de la Syrie. A l’heure actuelle, la Turquie est passée à l’action pour Afrine, située à l’extrême-ouest du corridor terroriste. Les Forces armées turques déployaient des unités militaires dans la région depuis un long moment et par son positionnement dans le sud d’Afrine, elles ont assiégé la zone. L’opération dont les préparatifs duraient depuis longtemps, a été lancée le 20 janvier à 17H, peu de temps après les explications du président Erdogan qui faisait état du « début de facto de l’opération d’Afrine ». L’opération a été baptisée Rameau d’olivier.

Afrine occupe une position géopolitique importante sur la ligne frontalière de la Turquie. Selon le dernier recensement démographique effectué en Syrie en 2004, Afrine comptait 64.758 mille habitants au centre-ville et 172.095 habitants dans l’ensemble de la commune. L’aspect relativement sécurisé de la région du fait qu’elle n’eut pas été visée par l’aviation du régime Assad, a provoqué un flux migratoire considérable. La population d’Afrine est estimée à près de 300 mille personnes.

L’organisation terroriste perçoit cette région comme un tremplin. Elle essaie en outre de transférer des militants et armes via les monts Amanos en y créant une ligne de ravitaillement. L’armée et la police turques ont éliminé plus d’une quarantaine de terroristes qui sont passés d’Afrine. 

L’offensive de l’opération d’Afrine, appelée Rameau d’olivier par les Forces armées turques, a commencé le 20 janvier à 17H par l’entrée dans l’espace aérien syrien des chasseurs de l’Aviation turque. 108 cibles utilisées comme refuges, abris et dépôts de munitions et appartenant au PKK/KCK/PYD-YPG, ont été frappées par 72 chasseurs. La première étape de l’opération annonçait une intervention militaire d’envergure contre le terrorisme du PKK à Afrine.

Les Forces armées turques et les opposants syriens appuyés par la Turquie ont réussi à lancer une offensive terrestre au deuxième jour de l’opération Rameau d’olivier et pris le contrôle d’importantes zones. Plus tard, on a pu constater que les cibles prioritaires de l’opération étaient les zones montagneuses. Le lancement de l’opération par un front des plus difficiles et inattendus par l’YPG, donne d’importants indices sur la stratégie de l’opération. En prenant le contrôle de hautes collines dans les régions montagneuses, la fuite de membres de l’YPG sera empêchée. Une fois le contrôle assuré sur les collines, l’Armée turque et les opposants soutenus par la Turquie vont passer à la suivante étape qui consiste à nettoyer véritablement la région de la présence de l’YPG. Un autre point qui retient l’attention est la poursuite de l’opération sur 8 fronts différents. Cela vise à forcer l’YPG à combattre sur plusieurs fronts et rendre ses forces insuffisantes.

Depuis le début de l’opération exécutée avec succès jusqu’à ce jour et menée depuis maintenant 5 jours, l’organisation terroriste PKK/YPG résiste par des techniques de guerre asymétriques/ hybrides et utilise les civils comme bouclier humain en s’installant dans des zones résidentielles.  Il semble que l’organisation cherche à minimiser ses pertes en utilisant les civils comme bouclier humain et à réaliser une campagne de dénigrement via des pertes civiles qu’elle essaie de provoquer. Le fait que les membres de l’organisation n’autorisent pas le départ des civils au centre-ville d’Afrine et en zone rurale, confirme cette évaluation. 

Excepté la dimension militaire de l’opération, sa dimension diplomatique retient aussi l’attention. La Russie continue de maintenir le contrôle aérien de la Syrie selon l’accord conclu avec le régime. Les efforts de la Russie, qui dispose de points de contrôle dans la région, consistant à convaincre la Turquie à une opération de plus petite échelle, sont de notoriété publique. Mais pour que la Turquie puisse éliminer la menace terroriste à Afrine de façon durable, la nécessité d’une opération d’envergure est évidente.

En plus du contact étroit avec la Russie, la Turquie poursuit une diplomatie puissante avec les Etats-Unis, les pays de l’UE et ceux du Golfe. Après le début de l’opération, plusieurs ambassadeurs ont été convoqués au ministère des Affaires étrangères pour être informés de l’opération. D’autre part, l’initiative de la France de porter l’opération à l’ordre du jour du Conseil de sécurité de l’ONU, a pris la tournure d’une réunion sur l’aspect humanitaire en Syrie. Par ailleurs les efforts de certains milieux pro-PKK au Conseil de l’Europe de porter à l’actualité l’opération Rameau d’olivier, ont été empêchés à l’initiative du ministère turc des Affaires étrangères.

Plusieurs explications différentes ont été faites par les responsables américains au sujet de l’opération Rameau d’olivier mais il s’avère qu’ils n’en sont pas contents. L’Angleterre, l’Allemagne et l’OTAN considèrent l’opération comme une démarche légitime alors que selon la Russie, c’est l’indifférence des Etats-Unis en Syrie qui en est à l’origine.

                                                                                        



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