"Les déclarations de l'Allemagne ne font que renforcer l'industrie de défense turque"

"La Turquie n'a jamais été désemparée" assure le chef de la diplomatie

"Les déclarations de l'Allemagne ne font que renforcer l'industrie de défense turque"

Le chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu s'est exprimé mardi au cours d'une conférence de presse conjointe animée avec son homologue pakistanais, Khawaja Asif, au terme d'une réunion à Ankara.

Il a commenté les déclarations de Merkel sur la vente d'armes à la Turquie: «Nous trouvons cette approche correcte. C'est plus mûr. Nous devons tous agir avec bienveillance même en période électorale.»

Par contre, il a critiqué celles de son homologue allemand, Sigmar Gabriel, sur le même sujet.

«Ce genre d'approches ne fait que renforcer notre industrie de défense nationale, a-t-il fait remarquer. Nous renforçons ainsi notre production nationale. Nous fabriquons d'ailleurs notre avion de combat et notre propre hélicoptère. La Turquie n'a jamais été désemparée.»

Reprochant aux dirigeants allemands d'instrumentaliser la Turquie dans leur campagne électorale, Cavusoglu a noté qu'Ankara n'a, au fond, aucun problème avec Berlin.

«L'Allemagne est notre alliée et nous avons du mal à comprendre ce qu'elle veut de la Turquie, a-t-il poursuivi. Nous avons toujours dit, lorsque nous avons critiqué ses approches vis-à-vis de la question de la lutte contre les organisations terroristes FETO et PKK, que 'nous souhaitons coopérer avec l'Allemagne et approfondir nos relations dans tous les domaines'. Nous n'avons jamais dit que 'nous ne vendrons plus cela ou ceci à l'Allemagne'. Donc, j'insiste que nous n'apprécions pas l'approche de Gabriel en cette période électorale.»

Insistant sur le fait que l'Allemagne doit changer son attitude vis-à-vis de la Turquie, le ministre turc a par ailleurs abordé la question du Myanmar.

Il a affirmé qu'Ankara poursuit ses efforts auprès de la Communauté internationale pour identifier une solution durable à la question de l'État d'Arakan.

«L'Agence turque de Coopération et de Coordination (TIKA), le Croissant rouge turc (Kizilay), la direction turque des Catastrophes Naturelles et des Situations d’Urgences (AFAD) et toutes nos institutions d'aide humanitaire acheminent de l'aide à nos frères au Bangladesh», s'est-il félicité, remerciant ce pays qui a ouvert ses portes aux musulmans Rohingyas.

Il a ajouté que la Turquie souhaite mettre en place des villes-tentes pour les Rohingyas qui ont trouvé refuge au Bangladesh.

Cavusoglu a aussi commenté les relations avec le Pakistan, «pays et peuple frères».

Félicitant Asif qui, avait assumé les fonctions de ministre de l'Énergie et ministre de la Défense, pour son nouveau poste, Cavusoglu s'est réjoui de la solidarité réciproque entre Ankara et Islamabad durant les périodes de crise.

«Nous apprécions le soutien qu'affiche le Pakistan dans la lutte contre FETO, et nous le remercions», a-t-il déclaré, annonçant des démarches pour augmenter le volume des échanges commerciaux, renforcer la coopération, à l'occasion de la célébration du 70ème anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre les deux.

Cavusoglu a aussi annoncé qu'un sommet tripartite sera organisé entre l'Afghanistan, la Turquie et le Pakistan, pour discuter de la lutte antiterroriste, de la sécurité et de sujets politiques.

«Le Pakistan a longtemps lutté contre le terrorisme et a réussi à l'éliminer, a insisté Cavusoglu. Le rôle qu'il jouera dans la question afghane est important.»

Dans une émission de radio, la Chancelière Merkel a insisté que son pays, allié de la Turquie, coopère avec Ankara dans la lutte contre Daech.

Elle a noté que l'Allemagne est liée à la Turquie via la coopération sécuritaire et le partage de renseignement contre le terrorisme.

Pour sa part, le ministre Gabriel avait affirmé que les importantes demandes d'armes de la Turquie sont «en attente».



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