Erdogan : "Le marché turc est d'une grande importance pour l'Europe"

"Si le marché européen est important pour la Turquie, le marché turc est tout aussi important, sinon plus encore, pour l'Europe, nous devons en être conscients. Nous allons discuter de l'accord de libre-échange en gardant cela à l'esprit" a lancé Erdogan

Erdogan : "Le marché turc est d'une grande importance pour l'Europe"

"Si le marché européen est important pour la Turquie, le marché turc est tout aussi important, sinon plus encore, pour l'Europe, nous devons en être conscients. Nous allons discuter de l'accord de libre-échange en gardant cela à l'esprit" a lancé le président turc, Recep Tayyip Erdogan.

C'est ce qu'a déclaré Erdogan dans un un discours prononcé jeudi, à l'occasion du congrès de l'Association des industriels et hommes d'affaires turcs (TUSIAD), à Istanbul.

Il a rappelé, aux entrepreneurs présents, que la Turquie a triplé sa croissance depuis 2002, année de l'accession au pouvoir de l'AK parti (parti de la Justice et du Développement).

"Les hommes d'affaire ont tiré profit de cela, leurs entreprises ont quintuplé voire décuplé de volume. Nous attachons beaucoup d'importance au rôle de locomotive joué par le secteur privé. Nous allons pouvoir atteindre les objectifs de 2023 grâce à votre soutien et à celui de tous nos entrepreneurs" a-t-il indiqué.

Erdogan a mis l'accent sur les difficultés vécues lors des dernières années.

"Personne ne peut me dire que l'objectif des événements de Gezi, c'était les 3 ou 5 arbres de Taksim. Personne ne peut me dire, que l'objectif de l'opération du 17-25 décembre, c'était la justice et l'application du droit. Personne ne peut me dire que les événements provoqués par le PKK et le parti politique qui lui est affilié (HDP) visaient d'innocents objectifs. Personne ne peut mettre en avant que les événements vécus en Irak et en Syrie, ne ciblaient pas, sur certains points, aussi la Turquie. Et surtout, si certains pensent que la tentative d'occupation du pays et du peuple le 15 juillet n'est pas une entreprise de traitrise, alors je doute de leur intelligence et de leur compréhension" a-t-il martelé.

Il a précisé que la Turquie était rentrée dans une nouvelle ère après le référendum sur la réforme constitutionnelle du 16 avril dernier.

 

"Nous allons poursuivre cette course pour renforcer la position de la Turquie dans le monde. Dorénavant, plus rien ne sera comme avant, à commencer par les difficultés vécues ces dernières années. Nous sommes en passe de connaitre une nouvelle période d'envol pour la démocratie et l'économie. Nous avons mis en place, en grande partie, les infrastructures nécessaire à la construction d'une Turquie forte et prospère" a-t-il dit.

Le chef de l'Etat turc a également voulu répondre aux critiques émises, par les milieux d'affaire, en raison de la dégradation des relations avec l'Union Européenne en rappelant, d'abord les comportements de certains pays européens envers des ministres turcs dans le cadre de la campagne référendaire du 16 avril.

" Est-ce que c'est la Turquie qui n'a pas voulu rentrer alors que l'Europe lui a ouvert son cœur, ses portes et tout le reste ? (…) S'il vous plait, faites attention. De 1963 à 2017, depuis 54 ans vous avez une Europe qui a laissé la Turquie ramper devant sa porte. Après nous, beaucoup sont entrés. Ils les ont tous acceptés. Alors quel est le tort de la Turquie, pourquoi vous ne la prenez pas ?" a-t-il fait remarquer.

Et Erdogan de poursuivre, toujours concernant le processus d'adhésion à l'Union Européenne:

"Un ministre français des Affaires étrangères, dont je tairais le nom, m'a dit exactement ceci : "vous faites des efforts pour rien, ils ne vous prendrons pas". Pourquoi ? Il a exposé ses arguments. Bien sûr que nous connaissons certaines réalités, certaines choses, mais alors qu'il n'y avait pas de ministère en charge de l'Union Européenne, nous l'avons créé et fait tout notre possible concernant les chapitres. Mais la dernière décision du Conseil (l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe de suspendre les négociations) ...à quoi va vous servir cette décision ? Est ce que cette décision a la moindre valeurs ?".

Le président Erdogan a invité les participants au congrès et les téléspectateurs à être conscient de la force que représente leur pays et de ses capacités.

"Si le marché européen est important pour la Turquie, le marché turc est tout aussi important, sinon plus encore, pour l'Europe, nous devons en être conscients. Nous allons discuter de l'accord de libre-échange en gardant cela à l'esprit" a-t-il relevé.

Les taux d'intérêts élevés pratiqués par les banques sont considérés, par Erdogan, comme un frein et un obstacle au développement des entreprises.

"Le secteur financier, qui doit permettre à la Turquie de se développer, ne doit pas viser que les hauts profits mais permettre aux investissements dans les domaines de la production, de l'exportation et du recrutement de se développer" a-t-il souhaité.

"Soyez sûrs que le pire est derrière nous. Malgré toutes les attaques, la Turquie est parvenue à rester debout et l'avenir s'annonce radieux" a-t-il conclu.

AA



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