Des relations de partenariats entre la Turquie et la Russie (étude)

Du point de vue historique, les relations turco-russes ont eu des hauts et des ba

Des relations de partenariats entre la Turquie et la Russie (étude)

Le sommet Poutine-Erdogan réalisé le 3 mai 2017 dans la ville de Sotchi en Russie, a ouvert une nouvelle page dans les relations turco-russes récentes. Car, une multitude de sujets allant de l’énergie à l’industrie de défense, de l’agriculture à la technologie spatiale, de la stratégie à la sécurité, du tourisme à la culture ont été traités, et hormis quelques petits problèmes, des accords ont été signés dans tous ces sujets. Lors des déclarations prononcées au terme du sommet, les deux leaders ont fait savoir que le processus de convalescence des relations turco-russes avait été complété et qu’ils étaient passés à l’étape des ‘relations de partenariats’. Toutefois, pour aboutir à ce résultat, une période remplie de problèmes a été traversée et les deux pays confrontés à un grand nombre d’épreuves très pénibles.

Lorsque nous étudions du point de vue historique, les relations turco-russes ont eu des hauts et des bas. Les deux pays sont des Etats puissants ayant une profondeur historique et géographique dans la région de l’Eurasie. L’un est une puissance internationale tandis que l’autre est une puissance régionale qui souhaite devenir une puissance internationale. La série d’incidents qui a eu lieu dans un passé proche, avait suffi à porter à l’actualité les relations turco-russes. L’abat à la frontière syrienne  d’un avion de combat russe par la Turquie, avait causé une grande crise entre les deux pays. Par la suite, l’assassinat d’Andreï Karlov, ambassadeur de la Russie à Ankara, le 19 décembre 2016 à Ankara, ainsi que l’opération militaire Bouclier de l’Euphrate effectuée en Syrie, ont causé de temps à autres l’apparition des problèmes politiques et stratégiques entre les deux pays.

Néanmoins, l’application par l’Union européenne et les Etats-Unis de sanctions politiques et économiques contre la Russie en raison de la crise de Crimée, et le fait que l’Otan retourne à son ancienne stratégie générale et tente d’encercler la Russie en déployant des soldats et des armes en Pologne non loin de la Russie, a poussé Moscou à s’orienter vers de nouvelles recherches. La Russie a pris d’un côté en main le leadership du bloc eurasien, et tenté d’un autre côté de développer la coopération avec la Turquie pour renforcer ce bloc. Ankara qui est confronté aux pressions similaires par le bloc occidental et les pays de l’Union européenne, n’a pas manqué d’utiliser un atout venu de Moscou jusqu’à ses pieds, pour équilibrer Washington et Bruxelles. Afin de réaliser cet objectif, le président de la République Erdogan a assuré la fonte des glaces entre Moscou et Ankara en écrivant une lettre d’excuse le 27 juin 2016.

Poutine et Erdogan se sont rencontrés à 5 reprises depuis cette date. Plusieurs réunions ont eu lieu avec ces échanges diplomatiques intenses, de nombreuses réunions ont été réalisées entre les ministres et les chefs d’état-major des deux pays. Des résultats souhaités ont été obtenus à la suite des réunions qui se sont tenues sur les sujets économiques, de politique extérieure, militaires et socioculturels.

Des problèmes sont apparus entre les deux pays en particulier dans les sujets militaires, stratégiques et de sécurité. Cette situation apparait en particulier dans les politiques suivies au sujet de la Syrie. Tandis que la Russie assure un soutien logistique et d’armes aux éléments du PKK-PYD et YPG considérés organisations terroristes par la Turquie, elle s’oppose aux opérations militaires de sécurité effectuées par la Turquie en Irak du nord et en Syrie du nord. Toutefois, les désaccords qui surviennent en général dans les sujets militaires, stratégiques et de sécurité, n’empêchent pas la coopération dans les autres sujets entre les deux pays. Cette situation montre que l’administration de compartimentation, un modèle de relation bilatérale qui ne vient plus trop à l’esprit, fonctionne bien dans les relations bilatérales entre la Turquie et la Russie. Ce modèle de relation, donne l’opportunité de se focaliser sur des sujets dont les solutions sont plus faciles que sur les sujets épineux.

En conclusion, la Russie est un pays qui possède une tradition diplomatique puissante. C’est une puissance qui est à la fois très habille dans les relations Etat puissant-Etat faible, et qui use également de la force. Par conséquent, il est nécessaire d’avoir un paradigme politique basé sur un équilibre et multifonctionnel dans le plan politique à suivre face à un tel Etat. Lorsqu’il y aura un déséquilibre, la Russie n’hésitera pas à utiliser à son profit et contre son alliée le plan politique qu’elle s’est fixée.



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