Erdogan: " L'adhésion à l'UE reste une priorité stratégique pour notre pays"

«Nous ne permettrons jamais la création de zones d'exclusion ou d'un corridor où s'installeront les organisations terroristes, au long de nos frontières Sud», a insisté le président turc

Erdogan: " L'adhésion à l'UE reste une priorité stratégique pour notre pays"

Le président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan a formulé l'espoir, lundi, que le dialogue avec les États-Unis d'Amérique s'intensifie en faveur de la lutte contre Daesh. 

Le chef de l'Etat a prononcé un discours durant la 9ème Conférence des Ambassadeurs, lundi au palais présidentiel à Ankara.

Erdogan a abordé les relations turco-américaines qui traversent, actuellement, une période difficile.

"Les difficultés que nous avons rencontrées dans la lutte antiterroriste se sont ajoutées à certains choix de l'administration de [Barack] Obama, et ont suscité des débats au sein de notre public", a déclaré Erdogan.

"Nous souhaitons voir notre allié américain à nos côtés face aux organisations terroristes Daesh et FETO de manière déterminée. J'estime que le dialogue s'intensifiera quand le nouveau président [Donald] Trump prendra ses fonctions le 20 janvier. J'estime surtout que nous établirons un consensus avec M. Trump et ferons des progrès dans les questions régionales", a-t-il dit. 

Erdogan a regretté que les alliés de la Turquie et les pays de la coalition internationale aient échoué dans la lutte contre Daesh, ces derniers temps. 

"Nous ne permettrons jamais la création de zones d'exclusion ou d'un corridor où s'installeront les organisations terroristes, au long de nos frontières Sud", a-t-il insisté. "Nous maintiendrons notre présence autour de la table et sur le terrain quant aux questions concernant notre sécurité nationale", a-t-il ajouté. 

Concernant la question syrienne, Erdogan s'est cependant félicité des avancées réalisées. «Notre réunion avec la Russie et l'Iran à Moscou a ouvert la voie au processus d'Astana concernant l'avenir de la Syrie", a-t-il affirmé. "Même si le cessez-le-feu en cours est fragile et qu'il est violé par endroits, il favorise la recherche d'une solution. Après une longue période, l'espoir renaît pour la Syrie", a-t-il poursuivi.

Le président a, par ailleurs, abordé la lutte contre FETO. «Lutter contre une telle organisation qui s'est proliférée en notre sein comme une cellule cancéreuse, et qui a couvert le monde entier ces 25 dernières années, n'est certainement pas facile, a-t-il dit.

"Cette lutte prendra du temps et nécessitera des efforts, mais nous n'y renoncerons jamais. Le droit d'asile dont on prive les innocents syriens, les opprimés d'Arakhan, les Afghans et les Africains, est offert sur des plateaux dorés aux terroristes de FETO et du PKK", ont-ils ajouté.

"Ceux qui chassent les gens arrivés à leur porte pour sauver leur vie, accueillent les putschistes et les terroristes. Nous sommes irrités par cette situation inconvenable pour des pays que nous considérions comme étant des alliés, je n'arrive pas à dire 'amis'. Un terroriste de FETO figurant sur notre liste noire est désigné recteur d'une université aux États-Unis. Qu'est-ce que cela signifie?", s'est il encore interrogé. 

Erdogan a aussi noté que la lutte contre l'islamophobie et le racisme, tendances qui menacent les citoyens turcs vivant à l'étranger, «sont désormais prioritaires pour l'État turc».

"La Turquie n'est pas seule dans la lutte contre l'islamophobie et le racisme culturel", a-t-il lancé. Nous devons lutter main dans la main avec les autres sociétés musulmanes qui souffrent du même problème, a-t-il encore dit.

"Nous devons mener une lutte à l'étranger, au niveau du droit, par les relations publiques et avec la société civile, contre tous les milieux qui prônent la violence, le terrorisme et la haine contre notre pays et nos citoyens", a martelé Erdogan.

Abordant les relations avec l'Union européenne (UE), Erdogan a conclu : «Le monde est plus grand que cinq. L'Europe aussi est plus grande que l'UE. L'adhésion à l'UE reste une priorité stratégique pour notre pays, mais en même temps que nous poursuivons ce processus, nous n'accepterons pas toutes les politiques incohérentes et à double-standard de l'UE contre notre pays».AA



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