Mevlut Erdinc: "Jouer dans l'équipe nationale turque, un rêve d'enfant que j'ai réalisé"

L'international franco-turc a également joué au PSG, à l’AS St-Etienne et évolue actuellement à Hanovre (Allemagne).

Mevlut Erdinc: "Jouer dans l'équipe nationale turque, un rêve d'enfant que j'ai réalisé"

« Je suis heureux et satisfait de ma carrière. J’ai eu la chance de jouer au PSG, à l’AS St-Etienne et actuellement à Hanovre (Allemagne), je n’ai pas à me plaindre ! », nous lance l’international turc Mevlut Erdinc, rencontré dans les locaux d’une association de la banlieue lyonnaise, juste avant que le footballeur, de retour de prêt du FC Metz, ne rejoigne l’Allemagne, pour la reprise de l’entrainement de préparation de début de saison.

Tout en installant son père autour d'un café, servi par ses soins, et en vérifiant que sa mère «ne manque de rien», l’attaquant turc, revient sur son quotidien à Hanovre. 
« C’est dommage qu’en France on ne s’intéresse pas vraiment au championnat allemand, là-bas la passion du football y est pourtant immense », dit-il, prenant place lui aussi autour de la table.

L’ancien pensionnaire du Paris-Saint-Germain, particulièrement proche de ses nombreux fans, reconnaît avec beaucoup d’humilité et dans un timide sourire, qu’il aurait « pu sans doute atteindre un meilleur niveau de football », mais « ne regrette rien ».

Revenant sur les débuts de sa carrière, ce sportif natif de St-Claude, raconte qu’il a quitté le club amateur du Jura à l’âge de 13 ans, pour le centre de formation de FC Sochaux Montbéliard.

« Tout quitter comme ça, ce n’était pas facile pour un enfant de cet âge mais c’est dans ces épreuves qui nous paraissent difficiles qu’on trouve la force de se battre et de grandir. Etre loin de ma famille m’a permis de me débrouiller seul, de mûrir rapidement. Bien sûr, je n’ai jamais perdu contact avec mes parents… », dit-il, ajoutant que c’est à cette période qu’il a signé son premier contrat professionnalisant, en 2006.

Sélectionné avec les U18 Français, l’attaquant turc a finalement rejoint à 19 ans l’équipe nationale de Turquie après s’être fait remarqué lors d’un tournoi international organisé dans la ville de Kusadasi (Région d’Izmir).

Une aubaine pour Erdinc : « j’ai joué contre les Nuri Sahin (Borussia Dortmund), j’ai fait la connaissance d’Arda Turan (FC Barcelone) avec le staff Turc, car nous étions logés tous dans le même hôtel pendant le tournoi. J’ai laissé mes coordonnées et quelques semaines plus tard j’ai reçu une convocation de l’équipe nationale Turque à Sochaux et j’ai naturellement accepté la demande…» a-t-il.

Joueur binational, Erdinc s’est réjoui de « la présence grandissante des binationaux formés dans divers championnats d’Europe et qui intègrent ensuite l’équipe nationale Turque ». 
« Auparavant, nous étions seulement deux ou trois joueurs, maintenant nous sommes beaucoup plus, et c’est très bien ainsi, c’est une richesse pour notre nation…», estime-t-il.

Commentant la cohabitation entre les joueurs locaux et les « Almanci » (nom donné aux citoyens de la diaspora turque nés en Allemagne), l’ex-attaquant de Saint-Etienne raconte qu’ « il n’y a aucune barrière entre les deux parties. Au contraire, on s’entend tous vraiment bien », dit-il.

Evoquant la sortie récente de Jacques Doudou Faty (ancien joueur Franco-Sénégalais de Marseille) concernant son éviction de l’équipe de France espoirs à la suite d’une prière collective, l’attaquant Turc explique ne pas avoir été confronté à de grandes discriminations.

« Certains ne savent même pas que je suis musulman et pour les autres, il peut y avoir parfois de petites réflexions qui dérangent, mais globalement on s’adapte à la différence de l’autre, et le respect mutuel entre les joueurs dirigeants fait que cela se passe bien… », estime-t-il.

Interrogé sur les étoiles du terrain sportif, Erdinc donne ses impressions, notamment sur le duo Ronaldo-Messi. « Ces deux joueurs sont des phénomènes, mais à choisir je préfère Ronaldo car il est droitier comme moi, et parce que j’aime la détermination qu’il montre à chaque rencontre…» indique dans un rire, l’international Turc «mais les deux joueurs sont vraiment au-dessus du lot… », ajoute-t-il.

Concernant les compétences de la jeune star montante du Borussia Dortmund, le Turc Emre Mor, Mevlut Erdinc ne tari pas d’éloges. « Emre est très talentueux, petit, vif, rapide… Au vue de ses qualités, il rappelle évidemment Messi. Mais il faut se méfier des comparaisons. Beaucoup de joueurs ont été comparés à Zidane, mais que sont-ils devenus ? Emre Mor c’est Emre Mor et Messi c’est Messi… », nuance-t-il.

Quant au tacticien de l’équipe nationale de Turquie, Fatih Terim, il possède, pour l’attaquant de Hanovre, comme pour tant d’autres joueurs, une place particulière dans son estime. « Il a quasiment tout réussi sur le plan européen, il a marqué tous les Turcs avec ses exploits, c’est un entraineur emblématique, mythique, qui rend vraiment service à son pays », dit-il. 
Pour Erdinc, l’un des meilleurs moments de sa carrière, « reste sans doute sa participation avec la Turquie à l’Euro 2008 ».

« Porter le maillot du "Milli Takım", c’est une sensation unique à chaque fois… C’est un rêve d’enfant qui se réalise. J’espère encore avoir la chance d’être sélectionné pour les prochaines échéances », indique-t-il. 
Auteur de près d’une centaine de but, l’attaquant confie que « chaque but est unique ».

« C’est un moment indescriptible. Voir la foule se lever, nous acclamer. L’adrénaline qu’on ressent à ce moment-là est incroyable et incomparable », dit-il, avouant, dans un murmure, qu’il a une légère préférence pour les buts marqués avec l’équipe nationale. 

Pour conclure, l’attaquant âgé de 30 ans évoque son souhait, si le destin lui permet d’un « jouer un jour en Turquie ».

Erding qui utilise les réseaux sociaux comme toute personnalité, n’hésite d’ailleurs pas à poster des propos extra-sportifs, en rapport notamment avec la politique turque. Il affiche d’ailleurs régulièrement son soutien au président de la République Recep Tayyip Erdogan.

« Il y a des personnes qu’on soutient, d’autres qu’on n’aime pas… Personnellement j’apprécie notre président. Je suis certes footballeur professionnel, j’essaie d’être exemplaire dans mon métier tous les jours, mais je reste un homme avec des opinions avant tout, et celle-ci en fait partie !», dit-il.

Evoquant son souhait, si « le destin » lui permet, de « jouer un jour en Turquie », l’attaquant confie à Anadolu : « beaucoup de personnes me demandent pourquoi cela ne se fait pas ? Cela a failli se concrétiser plusieurs fois, mais pour diverses raisons cela ne s’est pas encore fait… mais je le souhaite vraiment… », avoue-t-il.

Depuis quelques jours, il se murmure dans la presse française qu’il existe une possibilité pour l’international Turc de rejoindre la formation d’Antalya qui vient d’enrôler Jeremy Menez avec lequel il avait signé en 2006 son premier contrat en professionnel à Sochaux… Un joli hasard du destin ? AA



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