Blanchissement massif des coraux sur l'ensemble du Pacifique (Tara)

Les scientifiques de l'expédition Tara Pacific s'alarment d'"un blanchissement massif des coraux sur l'ensemble du Pacifique" causé notamment par le réchauffement climatique

Blanchissement massif des coraux sur l'ensemble du Pacifique (Tara)

Les scientifiques de l'expédition Tara Pacific s'alarment d'"un blanchissement massif des coraux sur l'ensemble du Pacifique" causé notamment par le réchauffement climatique, un phénomène inquiétant "qui pose la question du devenir même des récifs coralliens". 

"Tout au long du trajet de Tara Pacific, on a observé des mortalités et des blanchissements très importants", a raconté mercredi Serges Planes, chercheur au CNRS et directeur scientifique de la mission, lors d'un point de presse à mi-parcours. Des observations qui posent "la question du devenir même des récifs coralliens", ajoute le spécialiste. 

La goélette Tara a quitté le port français de Lorient le 28 mai 2016. Elle a depuis parcouru près de 50.000 km, visité 15 pays et prélevé environ 15.000 échantillons.

L'équipage "a observé les premiers récifs fortement impactés par le réchauffement climatique"  en arrivant à Ducie Island, à l’ouest de l’Ile de Pâques en novembre 2016 puis à Moorea en Polynésie Française le mois suivant.

L'augmentation de la température des océans provoque un phénomène appelé blanchissement. Le corail expulse ses algues qui lui donnent sa couleur, au détriment de sa survie puisqu'elles le nourrissent. 

Si cette situation dure peu de temps - jusqu'à quelques jours -, le corail récupère des algues dans le milieu marin et retrouve toutes ses capacités mais si le phénomène se prolonge, il meurt.

En Polynésie, dans certaines îles des Tuamotu, le blanchissement a atteint 30 à 50%, selon un communiqué conjoint de la Fondation Tara Expédition et du CNRS. Sur certains sites comme aux îles Pitcairn, c’est près de 70% de la couverture corallienne qui était touchée. 

Aux îles Samoa, le blanchissement avait atteint 90% et avait entraîné la mort des colonies coralliennes. En Micronésie, aux îles Tuvalu et Kiribati, une partie des récifs étaient déjà morts à l’arrivée de la goélette. 

Si les récifs de Wallis et Futuna ont quant à eux été relativement préservés, "au nord du Pacifique, dans des eaux pourtant plus tempérées, les récifs n’ont pas non plus échappé au blanchissement: il atteint 70% à Okinawa, au Japon".

Les récifs coralliens ne couvrent qu'environ 0,2% de la superficie des océans, mais rassemblent près de 30% de la biodiversité marine.

On estime à plus de 26 milliards d'euros par an dans le monde les services que les coraux nous rendent, comme la pêche (ils attirent les poissons) ou la protection des côtes (ils brisent les vagues,limitant ainsi l'érosion). 

"Limiter le réchauffement à deux degrés comme acté dans l’Accord de Paris est bien loin d’être suffisant pour les écosystèmes marins", insiste Romain Troublé, directeur général de la Fondation Tara Expéditions.

Pour Serges Planes, ces observations confirment que certains coraux vont disparaître mais "ce n'est pas la fin du récif corallien". Par contre, "il est clair qu'il va changer sur une période assez courte, en 20 ou 30 ans".

Un constat qui suscite de nouvelles interrogations: les récifs coralliens vont-ils nous rendre les mêmes services qu'aujourd'hui ?  Pourront-ils encore nourrir suffisamment les poissons ? Ou toujours attirer les touristes ?

 

AFP



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