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Les relations Turkménistan-Otan et la Turquie

Etude du Dr. Cemil Dogac Ipek, membre du corps académique du département des Relations internationales à l’université Karatekin.

Les relations Turkménistan-Otan et la Turquie

Les relations entre l’OTAN et le Turkménistan qui est un pays d’importance stratégique en Eurasie, continuent de se développer. Nous allons nous pencher cette semaine sur les relations entre le Turkménistan et l’OTAN, et sur leurs retombées sur la politique extérieure turque.

          Les relations entre le Turkménistan, un pays clé d’Eurasie, avec l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) a commencé tout de suite après l’effondrement de l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) en 1992. Le Turkménistan, tout comme les autres pays de l’URSS, ont rejoint le Conseil de coopération de l’Atlantique nord. Cette organisation a été nommée par la suite, Conseil de partenariat Europe-Atlantique (EAPC).

          En juillet 1992, le premier président de la République du Turkménistan, Saparmyrat Turkmenbashi a annoncé, lors du Sommet de coopération et de sécurité en Europe tenu en juillet 1992 à Helsinki, que le fondement de la politique extérieure turkmène, reposerait sur l’impartialité positive. Mais cela n’a pas empêché le Turkménistan, en mai 1994, de devenir le premier pays d’Asie centrale de rejoindre le Programme de Paix de l’OTAN (PPO).

          Le statut qui a changé en impartialité permanente a officiellement été reconnu en décembre 1995 à l’Assemblée générale de l’ONU. Malgré cela, le Turkménistan a accepté le premier programme individuel du PPO et continué de travailler avec l’OTAN.

          Un autre incident où nous observons l’intérêt croissant du Turkménistan de l’OTAN : des observateurs de l’OTAN ont participé à l’exercice militaire de lutte antiterroriste appelé « Asuda Watan », organisé en 2003 sur les côtes caspiennes près de la ville de Turkmenbashi. Mais contrairement à ses voisins d’Asie centrale, le Turkménistan n’a jamais participé aux exercices organisés sous l’égide de l’OTAN, il a seulement envoyé des observateurs de temps à autre. Cela était compatible avec le statut d’impartialité et la politique extérieure isolée, adoptée par le président Turkmenbashi qui a refusé de participé à tout aménagement économique, politique ou sécuritaire d’ordre régional. Comparé aux autres pays d’Asie centrale, la coopération entre le Turkménistan et l’alliance est plus limitée.

          Gourbangouly Berdimouhammedov qui a recueilli 89,23% des voix aux élections tenues le 11 février 2007 après le décès de Turkmenbashi, est devenu le deuxième chef d’Etat du Turkménistan.

Berdimouhammedov a lancé des démarches pour raviver les relations du Turkménistan avec le monde extérieur, y compris l’OTAN. En novembre 2007, Berdimouhammedov a visité le QG de l’OTAN à Bruxelles. Ici, il a rencontré le secrétaire général Jaap de Hoop Scheffer. Au cours des négociations réalisées, les parties ont abordé la situation sécuritaire en Asie centrale. En outre, ils ont accepté de développer la coopération pratique entre le Turkménistan et l’OTAN dans le cadre du PPO et la mission ISAF de l’alliance en Afghanistan. En avril 2008, le président de la République Berdimouhammedov a participé au sommet de l’OTAN à Bucarest. Cette situation peut être évaluée comme un effort du Turkménistan d’améliorer son image international, de réduire l’isolation et de multiplier les options de politiques extérieures.

          Aujourd’hui, le Turkménistan est en interaction avec l’OTAN dans des sujets d’intérêt commun. Les responsables turkmènes participent à différentes formations organisées par l’OTAN et les Etats membres. Le Turkménistan coopère activement avec l’OTAN dans le cadre du Programme de la Science pour la paix et la sécurité (SPS). Les développements obtenus à l’issue de ce programme ont considérablement contribué à l’infrastructure de communication internet du Turkménistan. En outre, les académiciens et hommes de science turkmènes ont trouvé l’occasion de développer leur partenariat avec les communautés internationales scientifiques.

          Le statut officiel du Turkménistan en tant que pays impartial, n’empêche pas sa coopération avec l’OTAN. Mais dans un avenir proche, je ne m’attends pas à ce que le Turkménistan révise sa participation limitée et renforce ses relations avec l’alliance. Or le statut d’impartialité permanente aide le Turkménistan à assurer un équilibre dans ses relations avec la Russie, la Chine et l’Occident et à éviter d’adhérer à un quelconque bloc régional. De plus, il ne faut pas négliger les efforts du pays d’intégrer l’économie globale et d’être plus ouvert au dialogue et à la coopération avec les pays voisins et les organisations internationales. Dans ce contexte, la volonté du président Berdimouhammedov d’accomplir la modernisation et la réforme militaires, peut présenter des opportunités pour une meilleure coopération.

          La Turquie qui possède la deuxième plus grande armée de l’OTAN, salue et soutient le développement des relations entre le Turkménistan et l’OTAN. La Turquie et le Turkménistan sont deux pays turcs appartenant à la tribu Oghouz. Dans la période à venir, il faut développer des stratégies compréhensives destinées à établir une profonde coopération politique, économique et culturelle entre les deux pays. Ces stratégies doivent être appliquées comme une perspective d’Etat à moyen et long termes. Une coopération et coordination efficaces sont nécessaires entre les ONG, établissements publics, universités et instituts de réflexion pour le développement des politiques économiques régionales.

          La République de Turquie doit soutenir et inspecter les entreprises privées qui opèrent au Turkménistan et qui y réalisent de grands projets. Elle doit soutenir celles qui réussissent et empêcher en triant celles qui servent de mauvais exemple. La Turquie doit profiter des hauts dirigeants de ces entreprises et de leur personnel technique pour la diplomatie publique, en les mobilisant pour des activités de lobbysme.

          Par conséquent ; les Républiques turques dont fait partie le Turkménistan, occupent une place importante dans les quêtes d’équilibre de la politique extérieure turque. Dans ce contexte, les liens historiques et les choix rationnels de la politique extérieure turque attribuent une place particulière au Turkménistan.

 



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