Le Conseil turc de travail et ses activités (étude)

Une analyse de Cemil Dogac Ipek, chercheur en Relations internationales à l’université d’Ataturk.

Le Conseil turc de travail et ses activités (étude)

La 5e édition du Sommet du Conseil turc de travail, une des institutions affiliées au Conseil turc, a été réalisée le 03 avril 2017 à Astana au Kazakhstan. Nous allons analyser cette semaine le Conseil turc de travail ainsi que ses activités.

Les chefs d’Etat des pays turcophones ont décidé de fonder un conseil commun de travail lors du Sommet à Istanbul le 16 septembre 2010. Ainsi le Conseil turc de travail a été fondé en vue de mener les activités de coopération dans les domaines du commerce, de l’industrie, de l’investissement, du transfert de technologie, des services et autres secteurs économiques.

Le Conseil turc de travail œuvre sous le toit du Conseil turc fondé le 03 octobre 2009 avec le Traité de Nakhitchevan. Le Conseil turc de travail est une organisation civile à but non lucratif. C’est une plateforme institutionnelle fondée pour débattre et présenter les activités communes entre hommes d’affaires des pays membres. Par ailleurs, c’est un instrument fondamental pour la coopération dans le secteur privé  entre les pays membres du conseil. La langue de travail est l’anglais. Toutefois, lors d’organisations spéciales, les dialectes de la langue turque parlés par les pays membres, sont aussi utilisés.

Sur demande, le Conseil turc de travail peut également faire des recherches sur des thèmes particuliers. Il fait des recommandations pour assurer la progression du développement économique des pays membres via une activité conjointe. Par conséquent, il a une fonction de conseil consultatif pour le Conseil turc. En outre, il sert de guide pour les conseils bilatéraux ou multipartites de travail entre pays membres du conseil.

D’après l’article 2 de la Charte du Conseil turc de travail, les objectifs du conseil sont les suivants :

  • Développer des projets et programmes visant à faciliter la coopération commerciale, les investissements réciproques, la coopération transfrontalière ainsi que les initiatives conjointes entre les membres.
  • Inciter les liens institutionnels puissants en vue de constituer un mécanisme de dialogue durable et de forum de débat.
  • Assurer un dialogue entre les secteurs public et privé, comprenant notamment les besoins en emploi, les opportunités, les problèmes et les évaluations communes faites sur les autres sujets concernés.
  • Inciter l’usage d’envergure du partenariat entre les secteurs public et privé comme modèle efficace de la coopération économique entre pays membres, et assurer une maitrise à cette fin.
  • Soutenir l’harmonisation des conditions juridiques et administratives pour créer une bonne ambiance de travail, propice au développement des relations économiques entre les pays membres.
  • Donner des informations actuelles aux pays membres concernant la situation économique générale de chaque pays membre, leurs opportunités en investissement, leurs politiques commerciales et leurs amendements.
  • Inciter la réalisation de formations pour son propre personnel et le personnel des pays membres afin de développer leur maitrise.
  • Poursuivre une coopération et un dialogue étroits avec le Conseil turc concernant les projets communs et les autres activités conjointes pour réaliser les objectifs visés.

Conformément à l’article 3 de la Charte du Conseil turc de travail, chaque pays membre du Conseil turc devient membre du Conseil turc de travail via une organisation nationale qui représente les milieux du travail dudit pays. Les organisations nationales concernées sont les suivantes :

  • La Confédération nationale des hommes d’affaires de la République d’Azerbaïdjan
  • La Chambre économique nationale du Kazakhstan Atameken
  • La Chambre de commerce et de l’industrie de la République kirghize
  • L’Union des chambres et bourses de Turquie et le Conseil des relations économiques extérieures de Turquie (TOBB/DEIK)

La 5e édition du Conseil turc de travail a été tenue le 03 avril 2017 à Astana, capitale du Kazakhstan. Le président de TOBB Rifat Hisarciklioglu, le président de la Confédération des hommes d’affaires d’Azerbaïdjan Mamed Musayev, le président de la Chambre de commerce et de l’industrie de la République kirghize Marat Sarsekeyev et le président du  conseil administratif de la Chambre kazakhe des entrepreneurs Ablay Mirzahmetov ont participé à la réunion réalisée sous la présidence du secrétaire général du Conseil de coopération des pays turcophones, Ramil Hasanov. Les participants ont discuté des travaux menés au niveau des experts techniques, de l’accès des pays membres au portail de travail du Conseil de coopération des pays turcophones, et de la formation des experts kirghizes, kazakhs et azerbaïdjanais par TOBB. Un protocole de signature et de « chambre conjointe » a été signé entre la Chambre kazakhe des entrepreneurs et TOBB.

Les relations entre la Turquie et le Kazakhstan sont actuellement à un niveau stratégique. Porter ces relations bilatérales à un niveau quadripartite (dans le cadre du Conseil turc), puis au niveau hexapartite avec l’Ouzbékistan et le Turkménistan qui ne sont pas membres du Conseil, sera au bénéfice du monde turcophone. Par ailleurs, il est nécessaire que le Conseil turc se forme un couloir de transports, car un couloir formé via la mer Caspienne constituera une des principales artères du commerce régional et mondial.



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