Les activités de l’Académie internationale turque

Etude de Cemil Dogac Ipek, chercheur en Relations internationales à l'université Ataturk...

Les activités de l’Académie internationale turque

          L’Académie internationale turque est l’une des organisations internationales menant d’importantes activités notamment sur le plan scientifique.

          Au cours de la 9e édition du Sommet des chefs d’Etat turcophones tenue le 3 octobre 2009 en Azerbaïdjan, le chef d’Etat kazakh Nursultan Nazarbaïev a proposé la création d’un centre scientifique internationale qui mènerait des études sur le monde turc. Selon une décision prise le 12 août 2012 à Bichkek au cours du Sommet du Conseil des Pays turcophones, l’Académie turque a été créée à l’initiative de l’Azerbaïdjan, du Kirghizistan, du Kazakhstan et de la Turquie. L’Académie a obtenu le statut d’organisation internationale le 27 août 2014.

          L’objectif principal de l’Académie est d’orienter les travaux sociaux scientifiques du monde turc notamment pour un alphabet en commun, une terminologie en commun, une histoire en commun, une littérature en commun et sur d’autres sujets. L’Agence turque de la coopération et de la coordination (TIKA) vient en tête des agences qui apportent le plus grand soutien à l’Académie. Grâce à ce soutien, l’Académie a découvert quelque chose de très importante à Otuken en Mongolie. Elle a mis au jour un important édifice d’écritures et de traces gravées sur une pierre en 693 par environ 60 tribus turques qui se sont rassemblées. 

          L’Académie a préparé un livre scolaire sur l’Histoire en commun des Turcs pour l’éducation secondaire dans les pays membres du Conseil turc, grâce aux contributions des scientifiques spécialisés dans l’Histoire turque, venus d’Azerbaïdjan, du Kazakhstan, du Kirghizistan et de Turquie. Les travaux académiques menés conjointement et les livres scolaires en commun vont contribuer à l’union et l’harmonie culturelles ainsi qu’au développement de la coopération intellectuelle dans le monde turc. Par ailleurs, les valeurs partagées ainsi que l’histoire et la littérature en commun constitueront un fondement intellectuel pour l’intégration des Etats et communautés turcophones.

          L’Académie turque a trois publications périodiques/scientifiques. La revue Global-Turk dont la première édition a été publiée en 2014, la revue Altay et Turkiyat parue pour la première fois en 2013 et l’hebdomadaire Turkic Weekly publié depuis novembre 2015 viennent combler un vide important dans ce domaine.

          L’Académie internationale turque est constituée de cinq départements académiques qui travaillent sur l’Histoire et l’Ethnologie, l’Art et la Culture, les Etudes socio-économiques, les Etudes internationales et la Littérature et la terminologie.

          Il sera profitable que l’Académie turque se penche également sur les actions, l’harmonie, l’équivalence et l’accréditation des enseignants et étudiants des universités de pays turcophones. Dans ce contexte, on pourrait penser à la création d’un département qui serait une Agence des Universités du Monde Turc, à l’initiative du Conseil de l’Enseignement Supérieur (YOK) en Turquie et qui serait configurée comme elle se doit au sein de l’Académie turque.

          Le président actuel de l’Académie turque implantée à la capitale kazakhe Astana, est le Prof. Dr. Darkhan Kydyrali. Darkhan Dkydyrali est un scientifique réputé et respecté dans le monde turc. Kydyrali a terminé son master en 1998 à l’université Ege par sa thèse sur la « La vie, les services et la vision du monde de Mustafa Cokay ». En 2001, il a eu son doctorat avec sa thèse sur « Le mouvement d’illumination au Turkestan et ses liens en Turquie ». En tant que scientifique très bien connu dans le monde turc, Darkhan Kydyrali est un très bon choix pour cette mission.

          Il y a quelques mois, j’ai moi-même visité l’Académie turque à Astana et j’ai pu observer les travaux sur place. Le président de l’Académie le Prof. Dr. Darkhan Kydyrali et les précieux experts de l’Académie Kanat Dogalov, Daniyar Kosnazarov, Zhanat Momynkulov et Askhat Kessikbayev ont expliqué les travaux en détail. L’Académie renforce ses relations et activités depuis sa création. Elle franchit d’importantes étapes pour arriver à ses objectifs.

          D’après ce que j’ai pu constater, l’infrastructure actuelle et l’immeuble de l’Académie sont insuffisants pour ses travaux et ses buts. Je suis sûr que le Kazakhstan qui donne tout le soutien nécessaire aux travaux destinés au monde turc, fournira prochainement un centre plus grand et approprié à l’Académie turque.

            Il y a certains problèmes d’harmonie entre les établissements des quatre pays membres du Conseil turc sur les conditions de fonctionnement de l’Académie. Il faut résoudre les questions institutionnelles et accélérer les opérations. L’Académie turque est aujourd’hui une institution respectable qui organise des activités internationales dans les sièges de l’UNESCO et de l’ONU. La Turquie, le Kazakhstan, l’Azerbaïdjan et le Kirghizistan doivent renforcer leur soutien à l’Académie turque et lui consacrer un budget régulier. Si le soutien nécessaire est apporté, l’Académie turque produira de très précieux travaux académiques. En outre, il sera très profitable pour l’Académie turque et le Monde turc d’avoir le soutien de l’Ouzbékistan et du Turkménistan et leur participation aux travaux de l’Académie.



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