Les sanctions contre l'Iran et leurs éventuelles conséquences

Etude de Can Acun, écrivain-chercheur à la Fondation des études politiques, économiques et sociales (SETA).

Les sanctions contre l'Iran et leurs éventuelles conséquences

Après la décision prise par le président américain Donald Trump pour un  retrait unilatéral de l’accord nucléaire signé lors du mandat d’Obama, le département américain du Trésor a mis en application le 07 août la première phase des sanctions contre l’Iran.  La deuxième phase a commencé le 05 novembre, après un délai de 180 jours. Les sanctions annoncées par les Etats-Unis visent plusieurs secteurs, notamment l’énergie, le secteur bancaire, la logistique et les compagnies d’assurance.

Avec la première phase des sanctions, les Etats-Unis visaient en premier lieu à bloquer l’accès de l’Iran au dollar et à l’empêcher de vendre des fonds d’Etat, de faire du commerce d’or, d’acier, d’aluminium, de charbon ou d’autres métaux, et d’exporter des avions ou des pièces détachées. Quant à la seconde phase des sanctions, elle apporte des restrictions internationales aux compagnies publiques iraniennes de pétrole, de commerce pétrolier et de pétroliers, et comprend des sanctions à l’encontre du pétrole et des produits pétroliers de l’Iran dont l’économie repose surtout sur cette ressource énergétique.

Parmi le domaine de sanctions appliquées contre l’Iran avec le retrait unilatéral des Etats-Unis de l’accord nucléaire, figure le système SWIFT qui assure un transfert électronique des fonds entre banques à l’échelle mondiale. « Nous avons suspendu l’accès de certaines banques iraniennes au système »  a indiqué le centre SWIFT. Les institutions financières ont également été visées par les sanctions. Les transactions entre les institutions financières étrangères et la Banque centrale iranienne ou certains établissements iraniens  ont été restreintes. Par ailleurs, plus de 700 personnes, compagnies et institutions iraniennes ont été inscrites dans la liste noire du département américain du Trésor dans le cadre des sanctions.

Malgré toutes les sanctions en vigueur à l’encontre de l’Iran, le conseiller de la Maison Blanche pour la sécurité nationale, John Bolton a affirmé qu’il y en aurait bien plus que celles appliquées lors du mandat du président Barack Obama.

Les Etats-Unis ont annoncé par la suite exempter provisoirement 8 pays de ces sanctions : la Chine, l’Inde, l’Italie, la Grèce, la Turquie et trois autres pays.  

 « Tout n’est pas clair concernant ces sanctions, mais à notre avis, imposer des sanctions contre l’Iran n’est pas une bonne décision. C’est plutôt une démarche visant à déséquilibrer le monde. Cette décision est contraire au droit international et à la diplomatie. Nous ne voulons pas vivre dans un monde impérialiste. Nous voulons un monde où chacun vit en toute sécurité, paix et sérénité. On ne doit pas faire certaines choses sous prétexte qu’on en a la force ou les moyens. Ni l’UE ni la majeure partie des pays européens ne sont pas favorables à ces démarches. » a déclaré le président de la République turque Recep Tayyip Erdogan.

Erdogan a attiré l’attention sur l’importation énergétique de l’Iran. « Notre approche concernant les sanctions a toujours été claire, surtout concernant le pétrole. Nous avons toujours dit qu’il n’y avait pas d’alternative dans ce domaine et que par conséquent nous ne pouvons nous conformer à ces sanctions. Actuellement nous achetons 10 milliards de mètres cubes de gaz naturel. Si nous ne l’achetons pas, nos citoyens vont-ils geler dans le froid d’hiver ? Nous ne pouvons nous conformer ni accepter de telles sanctions » a-t-il assuré.

De même, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a affirmé que les sanctions américaines contre l’Iran étaient illégales et qu’elles constituaient une violation ouverte des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies. La France, la Chine et l’Allemagne ont également exprimé leurs objections à ce sujet. Cependant en raison de la puissance des Etats-Unis, de son hégémonie et de son influence à l’échelle mondiale, les importantes compagnies des pays ayant objecté ont indiqué qu’elles allaient se conformer aux sanctions.



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