Deux événements importants au Moyen-Orient: Jérusalem et l'élection en Irak

Une étude de Can Acun, chercheur-écrivain à la Fondation des Etudes politiques, économiques et sociales (SETA)

Deux événements importants au Moyen-Orient: Jérusalem et l'élection en Irak

Des réactions ont été exprimées de plusieurs coins du monde après la déclaration du président américain Donald Trump de transférer l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem. Alors que la grande partie des membres du Conseil de sécurité de l’ONU a approuvé la résolution contre la décision américaine sur le transfert de l’ambassade, les Etats-Unis ont apposé leur véto et empêché l’adoption de la résolution. En deuxième étape, la résolution présentée à l’Assemblée générale de l’ONU a été adoptée par la quasi-totalité des membres. Les décisions de l’Assemblée générale n’étant pas obligatoires, il n’y a eu aucun obstacle mais l’opposition du monde entier à la décision américaine a été manifestée. L’Organisation de la coopération islamique qui s’est réunie d’urgence à l’appel de la Turquie, a condamné la décision de Trump et lancé un appel au monde entier.

Le fait que la position de la quasi-totalité du monde soit inefficace contre le véto américain, montre la justesse du discours du président Recep Tayyip Erdogan qui dit que « Le monde est plus grand que cinq ».  Après tous ces événements, le président américain Donald Trump n’a pas renoncé à sa décision et s’est montré déterminé à répondre à la prédiction des évangélistes selon laquelle Jérusalem sera la capitale des juifs. Le rabbin nommé par Donald Trump à l’inauguration de l’ambassade est connu pour ses croyances évangélistes radicales. Pendant que l’ambassade a été inaugurée il y a quelques jours pas la fille et le gendre de Donald Trump, les Palestiniens ont manifesté pacifiquement. Les Palestiniens dans la Bande de Gaza qui est comme la plus grande prison plein-air du monde, ont aussi manifesté pacifiquement près de la frontière israélienne. Les soldats israéliens ont fait usage de balles réelles contre les Palestiniens sans aucune pitié, tuant 60 Palestiniens sans armes et blessant 2770 autres.

Pendant que des civils palestiniens sont tués, le gendre de Donald Trump et sa fille étaient occupés à organiser de grandes célébrations à Jérusalem pour l’ouverture de l’ambassade. Malgré des centaines de vidéos et images prouvant les crimes commis par Israël, l’administration américaine accusait le Hamas, ce qui montre son insolence au sujet d’Israël. L’une des principales raison pour laquelle l’administration américaine se comporte aussi tranquillement est le soutien ouvert apporté par les Etats arabes au président américain Donald Trump pour protéger leurs trônes et non pas les droits des Palestiniens. D’ailleurs c’est la Turquie qui livre la plus grande lutte dans le monde pour les droits des Palestiniens. La Turquie qui a décrété trois jours de deuil pour la mort des Palestiniens, a aussi publié au Parlement, un communiqué condamnant Israël. De plus, la Turquie avait rappelé ses ambassadeurs aux Etats-Unis et en Israël, demandant également  à l’ambassadeur israélien en Turquie de rentrer dans son pays.

Une autre question importante était l’élection législative en Irak. Les élections en Irak portaient une grande importance en raison de la lutte contre DAESH, l’effondrement de plusieurs villes comme Mossoul, Falloujah et Anbar à la suite des combats et la reprise par le gouvernement central irakien du contrôle de plusieurs villes controversées comme Kirkuk et Sindjar à la suite du référendum d’indépendance de l’administration régionale du nord de l’Irak. Mais la participation aux élections n’était que de 44%.

Il y avait comme principales listes électorales, celle du Premier ministre irakien Haïdar al-Abadi, de l’ancien Premier ministre Nouri al-Maliki, du leader chiite Moqtada al-Sadr et la liste Fatah dans laquelle il y avait les groupes Hashd al-Chaabi. Il y avait aussi la Coalition de Décision du leader sunnite Oussama al-Nujaïfi et la Coalition Hikmet du leader chiite Ammar al-Hakem. Alors que les listes de l’ancien Premier ministre Nouri al-Maliki et la Liste Fatah des groupes d’Hashd al-Chaabi sont considérées pro-Iran, Haïdar al-Abadi et Moqtada al-Sadr ont des liens relativement mieux avec les Etats-Unis et l’Arabie saoudite. Selon le Haut-commissariat électoral de l’Irak, la liste de Moqtada al-Sadr figure comme le gagnant des élections et la Liste Fatah des groupes Hashd al-Chaabi est deuxième. La liste du Premier ministre irakien Haïdar al-Abadi devrait arriver troisième et celle de l’ancien Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, quatrième. La force et l’influence de l’Iran dans la politique irakienne devrait s’affaiblir à l’issue des élections

. D’ailleurs les listes de l’ancien Premier ministre Nouri al-Maliki et des groupes Hashd al-Chaabi ne devraient pas prendre part au gouvernement. Mais même si l’Iran s’affaiblit politiquement en Irak, elle continuera de rester un acteur important dans la politique irakienne. D’ailleurs le fait que les groupes Hashd al-Chaabi qui sont la deuxième plus grande force du pays après l’armée irakienne, puissent être directement contrôlés par l’Iran, sera le plus grand défi du gouvernement irakien. Lorsque les résultats des urnes en Irak sont évalués selon la politique américaine et saoudienne visant à limiter l’influence de l’Iran au Moyen-Orient, il est possible de parler d’un exploit partiel. D’ailleurs le leader chiite Moqtada al-Sadr qui dirigeait un mouvement armé contre les Etats-Unis il y a plusieurs années, entretient aujourd’hui des relations meilleures avec les USA et l’Arabie saoudite. En même temps, le Premier ministre Haïdar al-Abadi avait été conduit à la tête du pays après la prise de Mossoul à DAESH par les Etats-Unis.

Abadi qui réalise des visites de haut rang en Arabie saoudite depuis un certain temps, est prêt à agir avec l’Arabie saoudite et les Etats-Unis pour limiter le champ d’influence de l’Iran. Bien que les élections en Irak comportent plusieurs points essentiels pour la Turquie, la lutte contre le terrorisme revêt une importance particulière. D’ailleurs, les opérations transfrontalières menées dans le nord de l’Irak par les Forces armées turques contre l’organisation terroriste PKK, devraient devenir un mouvement plus compréhensif. Une opération turco-irakienne contre la présence de l’organisation terroriste PKK dans le territoire irakien et avec le soutien du gouvernement central d’Irak, sera un développement très important pour les relations turco-irakiennes. Les Forces de sécurité turques qui ont réussi à minimiser les activités de l’organisation terroriste PKK en Turquie, planifient de poursuivre la perception de lutte antiterroriste exposée au-delà des frontières dans les opérations Bouclier de l’Euphrate et Rameau d’olivier.



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