Les travaux pour le grand projet de l'Eurasie, TANAP, se poursuivent à grande vitesse

étude de Cemil Dogac Ipek, Docteur en Relations internationales à l’université Ataturk.

Les travaux pour le grand projet de  l'Eurasie, TANAP, se poursuivent à grande vitesse

Le projet TANAP (Gazoduc transanatolien), un des plus grands projets d’approvisionnement énergétique de l’Europe, continue de progresser. Quelques jours auparavant, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement BERD a annoncé qu’elle assurerait un crédit de 500 millions de dollars. Grâce au projet qui contribuera fortement à la diversité d’offre énergétique en Europe et qui diminuera considérablement l’émission de carbone, le gaz naturel extrait de la Mer Caspienne, sera acheminé vers l’Europe depuis la Turquie.

Des institutions comme la Banque mondiale, la Banque asiatique de développement ainsi que la Banque asiatique d’investissements en infrastructure, avaient d’ores-et-déjà accordé un crédit de près de 2 milliards de dollars. Les progrès notés dans la réalisation du projet constituent le plus important facteur du soutien financier des institutions internationales d’investissements et de finances.

Au mois d’octobre, la direction du projet a fait savoir que la première phase était sur le point de s’achever. Dans ce cadre, à compter de 2018, du gaz naturel sera injecté dans le gazoduc en vue de tester le pipeline. Par ailleurs, les contributions financières au projet montrent que le processus physique s’achèvera avant la date butoir. La baisse à 8 milliards de dollars du coût du projet estimé à 12 milliards de dollars, et le fait que l’acheminement de gaz naturel aura lieu plus rapidement que prévu, sont les preuves de la force découlant de la volonté politique et de la qualité du succès technique.

Près de 10 milliards de mètres-cubes de la capacité de transport de gaz de TANAP étant de 16 milliards de mètres-cubes, seront livrés à l’Europe, le reste étant destiné à la Turquie. Si le projet continue de progresser de la même manière, la Turquie recevra le gaz naturel à compter de juin 2018. En outre, l’exportation de gaz vers l’Europe débutera en 2020. Les fondements du projet avaient été jetés en mars 2015 à Kars avec la participation des chefs d’Etat de la Turquie, de l’Azerbaïdjan et de la Géorgie. Le gazoduc passera par 20 villes turques en commençant par Ardahan jusqu’à Edirne, arrivant ainsi en Grèce.

Le projet TANAP contribuera d’une part à l’économie de l’Azerbaïdjan et de la Turquie, et de l’autre, atténuera les craintes de monopoles dans l’offre énergétiques en Europe. Le Couloir gazier sud qui est le projet de base de TANAP, traverse 6 pays sur une distance de 3.500km pour un coût de près de 40 milliards de dollars.  TANAP constitue près de 1.850km de ce projet. Quant au Couloir gazier sud, il relie le projet TANAP aux gazoducs du Caucase du Sud et Transadriatique. Lesdits projets assureront l’acheminement en toute sécurité du gaz naturel azerbaïdjanais vers l’Europe et contribueront à la politique visant à faire de la Turquie la trajectoire énergétique principale.

De plus, le coût du gaz naturel baissera considérablement en Turquie une fois le projet achevé. Le fait que le coût de l’extraction du gaz naturel de la réserve azerbaïdjanaise Shahdeniz-2 soit peu élevé ainsi que la politique de cotation également peu élevée dans l’offre sur le marché seront influents dans cette baisse de prix.

La Turquie est presque entièrement dépendante aux autres pays en matière de gaz naturel. Ses principaux fournisseurs sont la Russie, l’Iran, l’Azerbaïdjan, le Nigéria et l’Algérie. Le gaz russe et iranien est plus cher. Par conséquent le gaz azerbaïdjanais renforcera la position de la Turquie à long terme. Avec l’entrée en service de TANAP, la Turquie devrait économiser entre 1 et 3 milliards de dollars. En outre, sa contribution directe et indirecte à la Turquie est estimée à près de 50 milliards de dollars.

D’autre part, TANAP assure un important potentiel à l’objectif de la Turquie de devenir une base énergétique entre l’Asie et le Moyen-Orient. Sa proximité avec l’Europe, une importante cliente en matière de gaz naturel, assure un sérieux avantage à la Turquie. Toutefois, pour atteindre cet objectif, elle doit renforcer son infrastructure. La Turquie recevra près de 25 milliards de mètres-cubes grâce à TANAP, cependant il sera difficile de le réserver en même temps, aussi bien à l’usage interne qu’à l’exportation. Par conséquent, les moyens assurés par TANAP en termes d’infrastructure seront importantes.

Le gazoduc est-ouest dont le potentiel a augmenté avec l’Azerbaïdjan, peut dans les années qui suivent jouer un rôle dans l’acheminement vers l’Occident des ressources du Tukrménistan, du Kazakhstan, de l’Irak, de l’Iran et des autres pays de Méditerranée orientale. Cela constituera à long terme, d’importants gains économiques et politiques pour la Turquie.



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