Les « guerres blindées » de l’organisation terroriste Daesh

Analyse d'Erdal Simsek

Les « guerres blindées » de l’organisation terroriste Daesh

Nous avions réitéré à maintes reprises que Daesh n’était pas une organisation terroriste formée dans la région. Malheureusement, nos amis occidentaux n’ont pas voulu nous croire. Certains nous ont dit même ouvertement qu’ils ne nous croyaient pas.

Notre passé avec ces collègues date de longtemps. Ce n’est pas juste une connaissance via les réseaux sociaux ou une amitié entre journalistes rencontrés lors d’une pause-café d’une réunion internationale. Notre amitié s'est forgée sur les fronts de combats, comme en ex-Yougoslavie, au Rwanda, en Afrique et au Moyen-Orient. Je parle donc d’amis avec qui nous avons parfois passés des semaines dans le même bâtiment à moitié détruit, avec qui nous nous sommes portés parfois les uns les autres parce que nous étions blessés. Ce sont ces amis qui ont eu une approche dubitative face à cette réalité.

Quant à ceux qui ont vu le réel aspect de Daesh, ils n’ont jamais réussi à faire publier leur article à ce sujet.

Les « guerres blindées » de l’organisation terroriste Daesh sont en fait plus ou moins connues. Les combats à l’aide d’armes lourdes et de blindés ressemblent aux tactiques et méthodes utilisées par certains pays membres de l’OTAN. Nous avons trouvé la réponse à la question qui nous taraudait, dans la course à l’élection présidentielle américaine de l’année dernière.

Dans un tweet qu’il a effacé par la suite, le candidat à la présidence Donald Trump avait écrit que « Daesh avait été fondé par le président Obama ».

Suite à cet aveu, nos collègues occidentaux ont pris courage et ont commencé à s’interroger sur les liens entre cette organisation terroriste et l’Occident.

Étudions quelques statistiques concernant les opérations militaires anti-Daesh lancées par la coalition internationale conduite par les Etats-Unis :

Le nombre de vols effectués par la coalition contre Daesh est de 28.181.

Le nombre de jours passés pour cette opération est de 1.185.

Le nombre de membres de Daesh neutralisés par les forces de la coalition est de 5.000.

Le nombre de bombes et missiles lancés contre Daesh est de 102.082.

Ces chiffres montrent ouvertement le jeu qui est manigancé. Il n’est pas possible de donner un chiffre exact pour le nombre de soldats de la coalition, y compris les soldats américains, qui luttent contre Daesh, car ce chiffre change sans cesse. Toutefois, en considérant que l’organisation terroriste PYD, partenaire des Etats-Unis, comptent environ 100.000 personnels armés, cela peut nous donner une idée de la situation militaire.

Quelques jours auparavant, la chaîne de télévision britannique BBC a diffusé des documents et images démontrant le partenariat Daesh-USA. En temps normal, cette affaire aurait dû secouer l’Occident. Or, tout le monde a gardé le silence. Les pays européens dans lesquelles Daesh a fait des centaines de victimes, ont opté pour le silence.

Rien qu’avec 1% des moyens cités dans le tableau ci-dessus, la Turquie a donné un coup dur à l’organisation terroriste. En près de deux mois et avec seulement 300 personnels, l’armée turque a lourdement frappé Daesh et nettoyé ses frontières de cette organisation terroriste. Près de 7.000 terroristes de Daesh ont été neutralisés par les soldats turcs. Il faut également rappeler que la Turquie n’a pas reçu de soutien aérien à son opération anti-Daesh.

Alors que l’armée turque a réussi à porter un coup dur contre Daesh en 2 mois avec uniquement une opération terrestre, la coalition n’a noté aucun succès transcendant bien qu’elle ait utilisé plus de 100.000 bombes et missiles et des centaines de milliers de soldats et terroristes sur le terrain.

La lutte mais aussi la relation entre les Etats-Unis et Daesh ont franchi le stade d’un simple sujet discuté par les journalistes.

La Turquie, la Russie, l’Angleterre, l’Iran et la Syrie doivent adresser une requête commune auprès des instances juridiques internationales car la relation entre un Etat et une organisation terroriste qui a ensanglanté le monde et tué des centaines de milliers de civils, femmes et enfants compris, a été démontrée.

Il faut porter ce doute ou cette réalité au droit international. Tant que cela ne sera fait, le peuple perdra sa foi en l’ordre mondial.

Le monde entier avait pourtant été ébranlé par les calomnies de l’organisation terroriste guléniste FETÖ accusant la Turquie de terrorisme. FETÖ avait même montré les aides humanitaires turques vis-à-vis des civils et opposants légaux syriens comme « une aide à Daesh », et tout l’occident s’était approprié cette calomnie comme une « bouée de sauvetage ». L’Occident est allé jusqu’à ouvrir ses portes aux calomniateurs qui ont commis leurs crimes en piétinant les lois de l’Etat turc. Certains pays occidentaux ont accueilli ces calomniateurs au niveau présidentiel en leur accordant immédiatement des passeports diplomatiques.

Secoué par une calomnie envers la Turquie, l’Occident a cependant gardé le silence face au jeu Daesh-USA démontré par mes collègues britanniques, ce qui est une honte au nom de la démocratie, des droits de l’Homme et du droit universel.

Pourtant, le monde occidental a payé ce silence par la mort de centaines de civils. Est-ce si difficile de dire la vérité et de dire à un partenaire d’une organisation terroriste qu’il est un terroriste ?

Ou bien est-ce que certains ne veulent pas que ce jeu prenne fin ?



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