Les origines historiques de la question palestinienne

Pour comprendre la question palestinienne, il faut étudier l’origine historique de celle-ci ainsi que le processus politique qui en découle.

Les origines historiques de la question palestinienne

La décision d’Israël de fermer la mosquée al-Aqsa et d’installer des détecteurs de métaux au mois de juillet, a été vivement critiquée par les musulmans, et a causé des incidents à Jérusalem. Les civils musulmans qui protestaient le blocus appliqué sur l’esplanade des mosquées ont été massacrés par les soldats israéliens, générant de fortes réactions contre Israël aussi bien au sein du monde musulman que de la communauté internationale. Sur ce, le gouvernement israélien a été contraint de lever les barrières électroniques.

Les incidents qui ont duré deux semaines à compter du 15 juillet, ne sont pas des faits nouveaux ou isolés, mais représentent plutôt une infime conséquence parmi les dizaines engendrées par le processus historique. Par conséquent, pour comprendre la question palestinienne, il faut étudier l’origine historique de celle-ci ainsi que le processus politique qui en découle. Dans ce cadre, nous allons analyser les origines historiques de la question palestinienne lors des deux premiers programmes d’une série de 4 programmes sur la question. Les deux autres programmes porteront sur les causes politiques à l’origine de la question palestinienne.

La question palestinienne est en fait une question complexe englobant l’histoire, la culture, l’administration, l’identité et la politique sur les terres palestiniennes, jugées sacrées par les trois religions divines (Judaïsme, Christianisme et Islam). Cette question est devenue avec le temps une des principales questions internationales de notre époque. Bien qu’au début, la question palestinienne était une question régionale concernant uniquement le Moyen-Orient, elle a pris une ampleur internationale en peu de temps et est devenue un des principaux sujets suivis de près par les grandes puissances qui dirigent le système international. La question palestinienne, une des questions internationales des plus complexes de notre époque remonte à un passé très ancien.

Le peuple qui a donné son nom à la Palestine est un des « peuples de la mer », les Philistins, qui est venu s’installer entre Tel Aviv et la Bande de Gaza actuels au 12e siècle av. J.-C. Toutefois, les sources historiques mais aussi religieuses donnent le nom de « Canaan » à cette géographie, car les Cananéens donnant leur nom à ses terres y vivaient bien avant les Philistins entre les années 3.000 et 1.200 av. J.-C., durant l’époque du prophète Abraham qui a marqué l’histoire du Moyen-Orient.   Les registres historiques évoquent les Philistins comme un peuple ayant lutté à plusieurs reprises contre les Egyptiens durant la période des Pharaons pour la conquête de l’Anatolie, Chypre et la Syrie. Leur nom varie dans les registres égyptiens et assyriens, respectivement « Peleset » et « Palastu ». L’historien grec Hérodote qui a vécu au 5e siècle av. J.-C.,  a indiqué dans une de ses œuvres que la région qui s’étend de Phénicie jusqu’à l’Egypte, se nomme « Palestine ». Selon Hérodote, le terme « Palestinien » ne désignait pas un groupe ethnique à part, mais les peuples non phéniciens qui vivaient sur cette géographie.

Toujours selon les registres historiques, l’origine des Israélites remonte au temps du prophète Abraham. Perçu comme l’aïeul des prophètes des trois religions divines, le prophète Abraham aurait vécu dans les années 2.000 av. J.-C. dans les régions d’Ur, Harran, Canaan et Egypte. Selon les sources religieuses, le prophète Abraham a eu un fils (Isaac) de sa première épouse Sara et Ismaël de sa deuxième épouse et servante de Sara, Agar. Les sources indiquent aussi qu’Ismaël est de 16 ans plus âgé qu’Isaac. Les descendants et 12 fils du prophète Jacob, fils d’Isaac, étaient alors aussi bien appelés « Israélites » que « Yahud », terme provenant du fils ainé de Jacob « Yéhouda » (Juda).

Les Israélites qui vivaient en Egypte dans les années 1600 av. J.-C. ont commencé à perdre leur caractéristique « raciale » en raison des mariages avec les Coptes et autres peuples locaux qui habitaient dans la région. Bien que l’origine des Israélites remonte au temps du prophète Abraham, leur « organisateur », sauveur et plus grand prophète est Moïse. C’est pour cela que les Israélites croyant en Moïse ont été appelés « Musawis ». Les juifs qui ont reçu la Torah durant l’époque du prophète Moïse et suite aux efforts de ce dernier, ont fui les Pharaons dans les années 1.200 av. J.-C. pour s’installer à Canaan. Après la mort du prophète Moïse, ils ont combattu de longues années contre les Philistins, le peuple local de cette région. Un siècle plus tard, les Israélites ont passé le fleuve Jourdain et sont venus à Jérusalem où ils ont été confrontés à une toute autre guerre.

Goliath, le chef du peuple philistin Amalécite, a vaincu les Israélites et les a repoussés de cette géographie.  Avec l’accession au trône de Tâlût (Saul), les musawis ont uni leurs forces. La lutte Tâlût-Goliath qui a eu lieu à cette époque, est connue comme un fait mythologique-épique important du point de vue de l’histoire juive et régionale, car David, un jeune frêle de l’armée de Tâlût a réussi à tuer Goliath en lui jetant une pierre au front avec sa fronde. Aujourd’hui, 3.000 ans plus tard, il y a une situation totalement opposée dans la région. Ce sont les jeunes Palestiniens qui tentent de défendre leur patrie avec des frondes contre le Goliath de notre époque. Dans notre prochain programme, nous allons continuer à analyser le processus historique de la question palestinienne.



SUR LE MEME SUJET