Genève IV: la Syrie et l'avenir des Turkmènes de Syrie (étude)

Une étude de Cemil Dogac Ipek, chercheur en Relations internationales à l'université Ataturk.

Genève IV: la Syrie et l'avenir des Turkmènes de Syrie (étude)

La quatrième série de pourparlers pour la Syrie, réalisée à Genève en Suisse, a pris fin. 

Le processus de Genève-4 entamé le 23 février a pris fin quelques jours auparavant. L’émissaire spécial de l’ONU, Staffan de Mistura, va réinviter les parties dans le courant de ce  mois pour le cinquième round. Au dernier jour des pourparlers qui ont débuté le 23 février, Mistura s’est entretenu séparément avec la délégation de l’opposition, la délégation du régime Assad et avec les groupes proches des administrations du Caire et de Moscou.

Genève-4 s’est achevé sans résultats éminents. Toutefois, cette série était plus positive. Pour la première fois, la transition politique et l’avenir de la Syrie ont pu être discutés. Toutefois, il y a certaines démarches à réaliser pour cela : Toutes les parties doivent respecter le cessez-le-feu, les aides humanitaires doivent être acheminées aux civils vivant sous le siège, les détenus politiques doivent être remis en liberté. Le PKK/PYD/YPG, DAESH et le Front al-Nosra doivent être dissociés des autres groupes. D’ailleurs le texte de l’accord conclu entre la Turquie, l’Iran et la Russie à Astana, rejette les demandes du PKK/YPG concernant « l’indépendance », « la création d’une fédération démocratique », etc.

Nous savons que l’YPG est la filiale syrienne de l’organisation terroriste PKK. Nous savons également que presque 90% des Forces démocratiques syriennes sont constitués des membres de l’YPG. L’YPG a perpétré d’innombrables violations de droits de l’Homme. Des milliers de personnes ont été contraintes de quitter leur domicile en raison des attaques de l’YPG (perpétrées contre les Turkmènes, les arabes sunnites, et les kurdes qui ne lui ont pas prêté allégeance) à Tal Abyad, au nord de Raqqa. C’est pourquoi, il faut que le PYD/YPG se retire à l’est de l’Euphrate et qu’il ne puisse s’y abriter longtemps. La communauté internationale doit dorénavant sortir de son mutisme concernant les crimes commis par l’YPG et qui violent les articles de la Convention de Genève sur les droits des civils et de la Cour pénale internationale.

Les Turkmènes, un peuple syrien d’antan, ont été représentés à Genève-4 par l’Assemblée syrienne des Turkmènes. Ils souhaitent contribuer avec toutes leurs forces, à la reconstruction d’une Syrie démocratique, laïque et moderne. Les Turkmènes sont favorables à l’intégrité territoriale de la Syrie et veulent que la paix soit instaurée dans les plus brefs délais.

Pour que les négociations de paix puissent aboutir à un bon résultat, une constitution garantissant l’intégrité et l’indépendance de la Syrie doit être écrite le plus tôt possible. Cette constitution peut être préparée par une commission formée d’un même nombre de membres du régime et d’opposants qui font partie des notions ayant pris part aux processus de Genève et d’Astana. L’Organisation de la coopération islamique ainsi que la Ligue arabe doivent être invités aux pourparlers. La participation des deux organisations internationales facilitera l’aboutissement à un résultat.

Dans la période à venir, il ne faut absolument pas donner place aux notions ayant des liens avec les organisations terroristes ethniques, religieuses ou autres. Au contraire il faut faire des travaux pour établir un système démocratique et laïc dans l’ensemble du pays. L’égalité des droits pour les femmes et hommes doit être assurée dans la constitution. De même, les droits des enfants doivent être garantis par la constitution.

La nouvelle administration qui sera fondée en Syrie doit prendre part dans les conventions fondamentales des Nations Unies sur les droits de l’Homme et reconnaitre les mécanismes relevant de ces conventions. Il sera utile de revenir au statu quo précédent mars 2011 du point de vue des droits de propriétés et individuels et de garantir ces droits. Dans le cadre des droits individuels, les Syriens qui ont été contraints de quitter leur domicile et d’émigrer au sein du pays ou dans un autre pays, pourront ainsi retourner chez eux. Cela est important aussi bien  du point de vue de la paix intérieure que du renforcement de la structure d’Etat de droit de la Nouvelle Syrie démocratique et laïque.

Dans cette nouvelle structure, il ne faut pas accorder de privilèges à un groupe ethnique ou religieux spécial. Tout le monde doit être égal devant la loi. Si certains droits spécifiques sont accordés, alors ils doivent être accordés de façon égale à tous les groupes. Attribuer un statut de minorité à tous les groupes ethniques sera une bonne démarche, aussi bien du point de vue du bon fonctionnement du régime nouvellement fondé que de celui des droits universels de l’Homme. La protection de la langue et de la religion des minorités et le développement de leurs droits, renforceront cette nouvelle structure.



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