Chypre est un territoire qui porte une grande importance pour la Turquie

Pour des raisons historiques, géographiques, morales, politiques et stratégiques, Chypre est un territoire qui porte une grande importance pour la Turquie

Chypre est un territoire qui porte une grande importance pour la Turquie

Pour des raisons historiques, géographiques, morales, politiques et stratégiques, Chypre est un territoire qui porte une grande importance pour la Turquie. Les congénères qui vivent sur l’île ainsi que sa position géopolitique ont accru son importance. Le lien de Chypre avec l’histoire islamique remonte à la période du Calife Osman, plus précisément à 649, date de sa conquête. Passant sous le contrôle de divers pays jusqu’au 16e siècle, Chypre a été conquise en 1570 par les Ottomans. Un détail historique qui revêt une grande importance historique, Chypre n’est jamais passée sous la souveraineté grecque.  

Comme, du point de vue géopolitique, Chypre semblait être un navire ou une tour contrôlant la Méditerranée, elle a été provisoirement intégrée à l’Empire colonial britannique en 1878, puis a été annexée officiellement en 1914. Toutefois, quand l’île a été intégrée en 1878 à l’Empire colonial britannique, l’église grecque a saisi l’occasion et a eu recours au gouverneur britannique pour réclamer l’Enosis (unification avec la Grèce). Après cette date, la dissociation et l’ostracisme se sont accrus sur l’île entre les peuples turc et grec.  La population turque a été en grande partie contrainte de quitter l’île durant ce processus qui s’est prolongé jusqu’en 1974. La Turquie s’est sérieusement intéressée à Chypre suite aux activités terroristes de l’organisation EOKA fondée en 1955 en vue de chasser les Britanniques de l’île et assimiler ou exiler les Turcs.

Jusqu’à cette date, la Turquie avait préféré mener une politique silencieuse face à la Grèce qui souhaitait s’emparer de l’île. Ce silence était dû au fait que l’île appartenait à l’Angleterre. Quand la Grèce a porté la question chypriote à l’actualité des Nations Unies en 1954, la Turquie s’est déclarée partie concernée par la question. Les politiques turques sur Chypre se sont formées par la suite sur trois phases.   En premier lieu, la Turquie a défendu la thèse « d’annexion », précisant que Chypre avait été prise de la Turquie par l’Angleterre et que l’île entière devait revenir à la Turquie. Cependant, la Turquie a compris très vite que cette politique n’aboutirait pas. En deuxième lieu, dès 1957, la Turquie a adopté la thèse de « division », consentant au partage de l’île en raison des conditions difficiles politiques et économiques, et de la pression exercée par l’Angleterre. Toutefois, cette politique non plus, n’a pu être appliquée en raison de la position inconciliable de la Grèce.

En troisième et dernier lieu, suite aux pressions de l’Angleterre, la Turquie a accepté la fondation d’une République fédérale de Chypre. Les Accords de Zurich et Londres ont été signés en 1959 et la République fédérale de Chypre a été fondée, avec la Turquie et la Grèce comme garants de cette république. Néanmoins, comprenant qu’elle ne pourrait arriver à ses fins d’Enosis avec la constitution de 1960, l’administration chypriote grecque a transmis un mémorandum à la partie turque en décembre 1963 et réclamé qu’ils acceptent de se soumettre au joug grec par la voie d’un amendement constitutionnel. Comme les Chypriotes turcs ont refusé, EOKA a entamé ses activités terroristes. Les massacres, les attaques terroristes ainsi que les pressions ont duré de 1963 à 1974. Durant toute cette période, les Chypriotes grecs ont anéanti 103 villages turcs et détruit 117 mosquées. Des centaines de Turcs dont l’âge variait de 3 mois à 90 ans, ont été tués. 25.000 Turcs ont été forcés à émigrer et ont été entassés dans une région ne représentant que 3% de l’île en termes de superficie.

La pression et la violence dont les Chypriotes turcs ont été victimes, ont atteint un niveau inacceptable, poussant la Turquie à lancer l’Opération pour la paix. En outre, la tentative de coup d’Etat le 15 juillet 1974 à Lefkosa, perpétrée par la junte militaire grecque qui cherchait le moyen de relier Chypre à la Grèce, a constitué la base légitime de l’opération militaire lancée par la Turquie le 20 juillet.

Les documents conservés dans les archives britanniques indiquent que le vice-Premier ministre Necmettin Erbakan est la personne qui a joué le rôle fondamental dans la réalisation de l’Opération pour la paix à Chypre. Quant au Premier ministre de l’époque, Bulent Ecevit, il aurait cherché surtout une solution diplomatique et politique à la question, d’après ces documents. Quelle que soit la situation, en conclusion, l’Opération pour la paix a été réalisée avec la décision commune et la volonté de tous les hommes d’Etat et responsables militaires de l’époque, et s’est finalisée avec succès. Ainsi, d’une part une victoire militaire cruciale a été assurée et de l’autre, une paix permanente a été instaurée sur l’île.



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