Les incidents de 1915 instrumentalisés par les politiciens

Chaque année au mois d’avril, notamment à partir des années 2000, les informations sur les campagnes de soi-disant génocide amorcées en Europe et aux Etats-Unis par les Arméniens ont occupé une vaste place dans les médias

Les incidents de 1915 instrumentalisés par les politiciens

          Chaque année au mois d’avril, notamment à partir des années 2000, les informations sur les campagnes de soi-disant génocide amorcées en Europe et aux Etats-Unis par les Arméniens ont occupé une vaste place dans les médias. Mais cette année ça n’a pas été le cas. En effet, la propagande arménienne a commencé à perdre de sa vitesse et de son effet d’antan. Il y a plusieurs raisons à cela. Premièrement, la campagne menée en 2015 par les Arméniens en déployant des efforts et en menant un travail colossal à l’occasion du centenaire de la relocalisation, a perdu son effet et n’a pas donné le résultat escompté. Rappelons-le, une « commission étatique » avait été créée pour la coordination des activités concernant le centenaire du soi-disant génocide arménien, sur les ordres du chef d’Etat arménien Serge Sarkissian le 1er avril 2011.

            Deuxièmement, la Cour européenne des Droits de l’homme avait décidé pour l’affaire Perinçek le 15 octobre 2015 que les allégations de soi-disant génocide étaient invalides… Le jugement en question indiquait que les allégations arméniennes ne pourraient être qualifiées de « génocide », qu’il n’y a pas de preuves  et d’appui juridiques et qu’il s’agit simplement d’une allégation historique. La cour avait précisé que la Turquie avait elle aussi des allégations et thèses face aux allégations arméniennes et que la véracité de celles-ci ne relevait pas du domaine juridique. En d’autres termes, elle avait indiqué que les problèmes d’histoire relevaient du domaine des historiens.

            Il y a derrière cette propagande et ces campagnes arméniennes, l’objectif de faire accepter à la Turquie un soi-disant génocide en ayant recours à une pression internationale afin d’obtenir des indemnités et de réclamer des terres. Pour parvenir à cette fin, les Arméniens ont proclamé le 24 avril « jour de commémoration du génocide » dans le monde, pour tenter de construire une mémoire littéralement virtuelle et une approche historique imaginaire.

            Si nous expliquons en quoi consiste le 24 avril, nous mettrons au clair les pensées que nous avions mentionnées. Les soulèvements, sabotages et actes terroristes perpétrés au printemps 1915 par les comités arméniens après que le gouvernement ottoman ait rejoint la Première Guerre mondiale, représentaient une lourde menace pour la sécurité de l’Etat. Les comités arméniens avaient rejeté la proposition de l’Empire ottoman de défendre ensemble l’Anatolie, et avaient également refusé de rester neutre, prenant position contre les Ottomans aux côtés de la Russie et des autres puissances alliées. De son côté, l’Empire ottoman avait prévu dans le sens des renseignements reçus, de prendre sous son contrôle les activités des comités arméniens et de prendre des mesures en vue de prévenir des incidents. Le ministère ottoman de l’Intérieur avait diffusé une circulaire le 24 avril 1915, demandant aux provinces concernées la fermeture des comités arméniens comme Hintchak, Tashnak et autres ainsi que l’arrestation de leurs chefs et des Arméniens menant des activités portant préjudice. La plus grande question sur laquelle s’attardait cette circulaire, était la prévention d’une éventuelle guerre civile entre Musulmans et Arméniens dans des provinces comme Bitlis, Erzurum, Sivas, Adana et Maras. En effet, l’Empire ottoman était en guerre sur plusieurs fronts face aux plus grandes puissances de l’époque et n’était pas en mesure de résister à une guerre civile. Le 24 avril que les Arméniens commémorent aujourd’hui dans plusieurs pays du monde comme le jour de «génocide », n’est autre que la date de la publication de ladite circulaire du ministère ottoman de l’Intérieur.

            Suite à l’ordre daté du 24 avril 1915 du ministère ottoman de l’Intérieur, 2.345 personnes préparant un soulèvement majeur à Istanbul ont été arrêtées. Ces personnes n’étaient pas des Arméniens ordinaires mais des Arméniens membres de comités préparant un soulèvement. Les jours suivant la publication de la circulaire le 24 avril, un nombre important d’armes, bombes et de balles ont été saisies lors des perquisitions à Istanbul.

            L’Arménie et la diaspora arménienne ont voulu répandre cet événement que nous avons expliqué dans le cadre des documents historiques susmentionnés, au monde entier comme la mort de 800.000 à 1,5 million d’Arméniens et par conséquent comme un « génocide ». Pourtant, la relocalisation qui a été exagérée par les Arméniens s’est déroulée plusieurs mois après la publication de cette circulaire. La relocalisation s’est produite à partir de juin 1915 et environ 30.000 Arméniens avaient péri pendant le transfert en raison de la famine, des maladies (le choléra, le typhus étaient très répandus pendant la guerre) et leurs conséquences.

            La relocalisation, cet événement dont la réalité a été déformée, a été politisée par l’Arménie et notamment la diaspora arménienne pour en faire un moyen de construire une identité nationale. D’autre part, cet événement a été instrumentalisé en bien commercial et économique pour obtenir un capital génocidaire et de l’autre, est devenu un instrument géopolitique et stratégique utilisé par les grandes puissances. La diaspora arménienne a créé un commerce génocidaire atteignant plusieurs milliards de dollars, en Europe et particulièrement aux Etats-Unis, en réalisant la vente de films, livres, revues, voire même t-shirts et tasses. D’autre part, l’hostilité à l’égard des Turcs est utilisée pour solidifier leur identité nationale et prévenir leur assimilation. Sur le plan géopolitique, la Russie, un partenaire stratégique de l’Arménie, utilise d’un côté l’Arménie pour bloquer les puissances occidentales dans le Caucase, en mer Noire et en Asie centrale, et de l’autre, a suivi une politique de pression à l’égard d’Ankara, Bakou et Téhéran via Téhéran. La même situation était valable dans le sens inverse pour les politiques des puissances occidentales.

            En fin de compte, personne ne doit s’attendre à ce que la question arménienne devenue un instrument international avec ses aspects politique, économique et géopolitique, soit une solution facile à court terme pour qui que ce soit. En effet, aucun autre pays que la Turquie et l’Azerbaïdjan ne veut de solution pour cette question devenue internationale. D’ailleurs, il n’est pas possible de résoudre une question historique par la politique, la diplomatie ou le droit, comme nous l’avions déjà indiqué. Les travaux scientifiques importants réalisés avec grand soin par les académiciens turcs ont mis en évidence devant l’opinion publique mondiale les aspects historiques et diplomatiques de la question. Si les thèses arméniennes ont commencé à perdre de leur effet, les travaux scientifiques en question y ont joué un rôle important. Par conséquent, la voie la plus juste à suivre concernant la question arménienne à court et moyen terme passe par l’habitude de vivre avec ce problème, car certains problèmes sont insolvables en diplomatie, tout comme la question arménienne.



SUR LE MEME SUJET