Les relations Turquie-UE sur fond du 16 avril (analyse)

Le référendum qui se déroulera le 16 avril en Turquie influence de plus en plus les pays de l’UE

Les relations Turquie-UE sur fond du 16 avril (analyse)

Le référendum qui se déroulera le 16 avril en Turquie influence de plus en plus les pays de l’UE. Les activités référendaires que la Turquie a voulu tenir pour ses citoyens vivant à l’étranger ont suscité des réactions anti-démocratiques d’abord en Allemagne puis aux Pays-Bas.

Les rassemblements avec les concitoyens prévus dans les deux pays en question ont été annulés un par un dans ce processus, au cours duquel ils ont agi contrairement aux valeurs démocratiques de l’UE. Les attaques méprisables commises contre les citoyens turcs rassemblés devant le consulat aux Pays-Bas, notamment, sont une tache sombre dans l’histoire des pays concernés.

L’Allemagne, un des deux pays de l’UE ayant exprimé la plus forte réaction aux activités référendaires de la Turquie à l’égard de ses citoyens vivant à l’étranger, est le pays qui abrite la plus forte communauté turque d’Europe et le plus grand marché de l’exportation turque. Par conséquent, la tension politique entre Ankara et Berlin, qui tissaient d’étroites relations politiques, culturelles, sociales et économiques de longue date, se feront ressentir progressivement au niveau des relations avec l’UE.

Les Pays-Bas qui ont suscité la réaction du monde entier avec son attitude antidémocratique, a littéralement perdu ses moyens face aux grands projets réalisés par la Turquie ces derniers temps dans le domaine énergétique et la concrétisation de la quête pour devenir un « centre commercial dans l’énergie » à travers ces projets. En effet, la ville de Rotterdam est actuellement le centre de commerce énergétique de l’Europe et ne veut pas perdre cette position.

La tension turco-européenne qui a débuté avec la question migratoire a pris de l’ampleur avec les activités référendaires. Les événements qui se sont produits avant le référendum du 16 avril ont clairement mis en évidence l’hostilité de plusieurs pays à l’égard de la Turquie. En cas de « oui » au référendum, qui est un grand pas pour le passage au système de gouvernance présidentielle, la Turquie poursuivra son chemin en étant puissante dans tous les domaines ce qui dérange plusieurs pays, avec en tête les pays européens.

La Turquie n’est plus un pays que l’UE connaît, dirige et accepte tout. De plus, la Turquie est à la veille d’un changement important de système de gouvernance.

Par conséquent, le comportement négatif et aberrant des pays européens au référendum a inévitablement affecté les relations turco-européennes. La continuation dans ce sens des relations avec l’UE, qui est un important partenaire commercial de la Turquie qui représente 48% de notre exportation, entraînera un nouveau processus sur le plan économique. Membre depuis 1996 de l’Union douanière, la Turquie attend depuis les années ’60 d’adhérer à l’UE. On se demande combien de temps durera cette intéressante aventure européenne.

L’UE, qui avait eu un comportement particulier dernièrement concernant la libéralisation des visas, sera soit l’ancienne UE que nous connaissons soit une autre structure qui ne représente pas l’UE dans la période à venir.

Ce ne serait pas correct d’évaluer la situation uniquement selon l’Allemagne et les Pays-Bas. La voie empruntée dans les relations turco-européennes ces derniers temps concernant la libéralisation des visas, l’union douanière et la question migratoire, donne des indices sur le nouveau processus de l’UE.

La crise économique globale de 2008 et le changement de trajectoire que l’UE a prise à la suite de cette crise et les changements politiques vécus dans les pays de l’UE, nous montrent la direction suivie par l’UE.



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