France/ Affaire Théo: "Toujours des tensions" entre les manifestants et les policiers

Evoquant initialement un retour à la normale suite aux manifestations, Le Roux reconnaît qu'il existe "toujours des tensions" dans les banlieues depuis le déclenchement des manifestations contre la violence policière le 4 février

France/ Affaire Théo: "Toujours des tensions" entre les manifestants et les policiers

Les tensions persistent en banlieue parisienne entre les manifestants et les forces de l'ordre depuis le déclenchement des rassemblements contre la violence policière, le 4 février, suite à la médiatisation de l'agression de Théo par les policiers, a reconnu vendredi le ministre français de l'Intérieur Bruno Le Roux.

Invité de l'émission "Les Quatre Vérités" sur France 2 vendredi matin, Le Roux a confié que, malgré un retour à la normale "en matière d'activité policière", des tensions sont encore vives dans les banlieues.

"Il y a toujours des tensions et c'est pour cela que je veux sans cesse rapprocher la police de la population", a-t-il souligné. Evoquant à ce titre les manifestations qui se sont transformées en violences urbaines, le ministre a avancé que la solidarité et la compassion avec Théo "ne justifient en rien la violence". "On peut manifester sans casser", a-t-il noté.

Le Roux a toutefois dit ne pas craindre la résurrection des émeutes en cas d'une éventuelle décision de la justice qui corrobore le témoignage du policier mis en examen pour avoir agressé le jeune Théo lors d'un contrôle d'identité à Aulnay-sous-Bois (Ile-de-France). Il faut laisser la justice faire son travail "dans le calme", a plaidé le ministre.

Le témoignage de ce policier qui évoque un geste "accidentel" à la place d'une agression, voire d'un viol, ne permet en rien de qualifier la nature de son intervention, a pourtant tenu à souligner Le Roux. "Ce n'est pas à lui de qualifier ce qui s'est passé de la même façon que ce n'est pas au ministère de l'Intérieur", a précisé le ministre ajoutant que "c'est à la justice d'établir les faits".

"La vérité c'est que le jeune Théo a été très gravement blessé et qu'il doit donc y avoir des explications qui soient données et des sanctions qui puissent être prises", a-t-il poursuivi.

Interrogé par ailleurs sur le témoignage de Mohamed, ami de Théo qui affirme être agressé par le même policier, le ministre a indiqué avoir saisi l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) sur le sujet "sans attendre", afin d'avoir "la réalité sur le témoignage et le livrer à l'enquête". Ce témoignage "doit être traité dans le cadre judiciaire", a-t-il estimé.

L'intervention du ministre survient quelques heures après la sortie de l'hôpital de Théo, qui a donné des nouvelles sur son état de santé par une vidéo postée sur Facebook.

"Grâce à Dieu, je suis sorti sur mes deux jambes. J'étais rentré en fauteuil roulant, en très mauvais état. Je suis très fatigué. La blessure n'est pas encore guérie. (...) Je devais rester encore dix jours mais je n'ai pas pu accepter car je ne sais pas si j'aurais réussi à tenir mentalement", a annoncé le jeune Aulnaysien à côté de sa mère et d'une de ses sœurs. 

 

AA



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