Allemagne: les lois sécuritaires renforcées après l'attentat de Berlin

Port du bracelet électronique, accélération des procédures d'expulsion... L'Allemagne tire leçon de l'attentat de Berlin

Allemagne: les lois sécuritaires renforcées après l'attentat de Berlin

Le gouvernement allemand a annoncé mardi un renforcement des mesures de sécurité contre des personnes jugées dangereuses, après l'attentat terroriste de décembre à Berlin, dont le port d'un bracelet électronique ou l'accélération des expulsions de demandeurs d'asile déboutés.

Berlin a aussi confirmé sa volonté de mettre la pression sur les pays qui refusent de reprendre les candidats à l'asile déboutés, en réduisant ou supprimant l'aide au développement, ont indiqué les ministre de l'Intérieur Thomas de Maizière et de la Justice Heiko Maas lors d'une conférence de presse à Berlin.

"Nous voulons tout faire pour que le cas Amri ne se reproduise pas", a dit M. Maas, alors que les failles révélées par le cas du jeune Tunisien Anis Amri, auteur de l'attentat de Berlin en décembre, ont suscité un tollé en Allemagne.

Avec ces mesures, qui viendront compléter des lois sécuritaires en cours d'examen ou de préparation, "nous voulons élever le niveau de sécurité et envoyer un signal fort à nos concitoyens", a indiqué M. de Maizière.

Parmi ces mesures, le port de bracelets électroniques pourra être imposé à de nombreuses personnes jugées potentiellement dangereuses, en particulier ceux sortant de prison après une condamnation pour une affaire de terrorisme. 

Un placement en rétention sera facilité et plus systématique, en attendant une expulsion du pays, des étrangers jugés dangereux pour la sécurité nationale ou dont la demande d'asile a été rejetée.

Dans le cas de ces derniers, un placement en rétention sera possible si leurs pays d'origine refusent de les reprendre dans un délai de trois mois. 

L'auteur tunisien de l'attentat au camion-bélier le 19 décembre sur un marché de Noël berlinois (12 morts) avait vu sa demande d'asile rejetée déjà en juin 2016. Mais les autorités allemandes n'ont pu l'expulser car la Tunisie a contesté pendant longtemps qu'il fût un de ses ressortissants.

Les demandeurs d'asile utilisant plusieurs identités dans le pays pour s'enregistrer auprès de l'administration allemande seront sanctionnés notamment par une obligation de résidence dans un territoire restreint.

Anis Amri avait utilisé 14 identités différentes lors de son séjour en Allemagne depuis l'été 2015, à la fois pour pouvoir percevoir différentes allocations sociales mais aussi pour brouiller les pistes alors qu'il était surveillé par le renseignement intérieur.

Selon les renseignements allemands, 548 terroristes vivant ou ayant vécu en Allemagne constituent actuellement une menace pour la sécurité publique. Anis Amri en faisait partie.(AFP)



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