L’achat d’actifs en Turquie, un choix "intelligent" selon un expert financier américain

Jim Rogers, connu au sein des marchés internationaux sous le nom de "gourou de l’investissement", a qualifié de "folie" la décision des États-Unis de sanctionner la Turquie

L’achat d’actifs en Turquie, un choix "intelligent" selon un expert financier américain

Connu sous le nom de "gourou de l’investissement" au sein des marchés internationaux, Jim Rogers, investisseur américain et expert financier, a qualifié de "folie" la décision des États-Unis de sanctionner la Turquie. 

Dans une interview accordée à l’Agence Anadolu (AA), Rogers a affirmé ignorer la raison des agissements des États-Unis, ajoutant que ces derniers lui causeront préjudice sur le long terme. 

"Bien sûr que je vois ce qui se passe. (Si j’avais à investir) j’achèterais fort probablement (des actifs) en Turquie. Normalement, les gens intelligents achètent actuellement (des actifs en Turquie)."

Co-fondateur du célèbre fond d’investissement, Quantum Fund, et directeur de la Rogers Holdings, l’expert a fait part de ses observations à un correspondant de l’AA.

"C’est de la folie", a-t-il commenté concernant les récentes déclarations du président américain, Donald Trump, ainsi que sa décision de sanctionner la Turquie. 

"J’ignore pourquoi les Etats-Unis agissent de la sorte. La Turquie est un allié de longue date des États-Unis et de l'OTAN. Je ne comprends absolument pas cela. Quelqu'un doit avoir une raison. Je pense que sur le long terme cela nuira aux Etats-Unis. Cette situation nous (américains) causera plus de préjudices qu’aux autres."

Soulignant que la Turquie offre actuellement des opportunités d'investissements considérables pour les investisseurs internationaux, Rogers a poursuivi: 

"En général, lorsque de telles choses (évolution au sein de l’économie turque) se produisent au cours de l'histoire, les investisseurs en tirent normalement un avantage. Habituellement, cela est considérée comme une occasion d’achat. Si vous êtes assez intelligent pour investir, vous obtiendrez des résultats positifs après deux à cinq ans. Je n'ai pas encore investi dans ce sens car j'ai voyagé très intensément au cours du dernier semestre."

"Bien sûr que je vois ce qui se passe. (Si j’avais à investir) j’achèterais fort probablement (des actifs) en Turquie. Normalement, les gens intelligents achètent actuellement (des actifs en Turquie)."

Les agissements du Président Trump en matière de politique étrangère éloignent les pays alliés des Etats-Unis, a-t-il commenté. 

"Actuellement les agissements des États-Unis contribuent au développement de la Chine. La Chine, la Russie, l'Iran et maintenant la Turquie commencent à se rapprocher davantage. Ce n'est pas une bonne chose pour l'Amérique. Cette situation peut être bénéfique pour la Russie, la Chine, l'Iran et la Turquie. Mais ce n'est certainement pas une bonne chose pour les États-Unis."

- "Les sanctions sont une perte de temps, d’énergie et d'argent"

Partageant que les décisions américaines sur les sanctions commerciales sont illégitimes, Rogers a rapporté qu’au cours de l’histoire ce type de sanctions ont rarement produit d’effet sur le long terme. 

"En fin de compte, le marché trouve toujours un moyen et dépasse ces sanctions. Certains qualifient cela de ‘’marché noir’’, d’autres de ‘’marchés parallèles’’ ou de ‘’marchés intelligents’’. Les gens trouvent habituellement un moyen de contrer ces sanctions. Au cours de l’histoire, les sanctions n'ont pas eu beaucoup d'effet sur long terme. Les sanctions sont une perte de temps.

Parce qu'ils suscitent trop d'efforts. Alors qu’une partie tente de les mettre en œuvre, d'autres cherchent à les éviter. Pendant un certain temps, les politiciens peuvent sembler intelligents (à cause des sanctions). Mais les sanctions sont une perte de temps, d'énergie et d'argent." 

- "Bientôt Istanbul sera plein de Russes et de Chinois"

Le célèbre investisseur et expert financier a précisé que de nombreux investisseurs en Russie et en Chine se tournent maintenant vers les opportunités d'investissement qu’offrent les marchés émergents. 

"Lorsque je vais à l'aéroport de Moscou je vois partout des Chinois. Je vais à la Place Rouge (Moscou) et j’en vois beaucoup. Ce n'était pas le cas il y a cinq ans. Je suis sûr qu’Istanbul sera bientôt plein de Russes et de Chinois. Ces développements sont mauvais pour les Etats-Unis. Les investisseurs chinois ont beaucoup d'argent de nos jours tandis que les Etats-Unis ont beaucoup de dettes."

- "Le prochain marché baissier sera le pire"

Selon Rogers le poids de la dette des États-Unis, qui a atteint le plus haut niveau de tous les temps, pourrait engendrer une potentielle crise financière dans les périodes à venir. 

Ce dernier a confié que les Américains n'ont pas eu de problème financier depuis dix ans, indiquant que le marché boursier américain a connu le plus long marché haussier de l’histoire. 

"Or la dette des États-Unis augmente et nos relations se détériorent avec de plus en plus de pays. Le prochain marché baissier sera le pire de tous les marchés que j'ai pu voir dans ma vie. Au fur et à mesure que nos dettes augmenteront certains pays ne feront plus de commerce avec nous. Le niveau de la dette dans le monde, y compris aux États-Unis, augmente de plus en plus. En outre, les États-Unis se lancent dans des batailles commerciales. Les guerres commerciales n'ont jamais été bénéfiques."

 

 

 

 

 

 

 

 

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