Economie africaine : Les indicateurs passent au vert

La croissance serait de 3,2 % en 2018 et de 3,6 % à l'horizon 2020

Economie africaine : Les indicateurs passent au vert

Pour la première fois depuis la crise économique mondiale, les indicateurs macroéconomiques de l'Afrique passent au vert. Selon un récent rapport de la Banque Mondiale, la croissance en Afrique subsaharienne devrait continuer à progresser, à 3,2 % en 2018, puis à 3,5 % en 2019.

D’après de nombreux économistes du Continent, cette tendance économique s’explique par le raffermissement du prix des produits de base, la diversification de l’économie initiée dans la plupart des pays africains et un renforcement graduel de la demande domestique. 

Dans la sous-région d’Afrique centrale par exemple, selon Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC), il est prévu que le un taux de croissance du PIB réel en 2018 augmente de 2,1 %, contre -0,1 % en 2017.

Il est également prévu que les tensions inflationnistes soient maîtrisées sous le seuil de 1,8 %, contre 0,9 % un an plus tôt.

Le déficit budgétaire (base engagements, hors dons) évoluera, quant à lui, à 2,4 % du PIB, contre 3,3 en 2017, tandis que le déficit extérieur courant (hors dons) s’accentuerait à 4,4 % du PIB, contre 3,3 en 2017.

La BM prévoit aussi la remontée du taux de couverture extérieure de la monnaie à 64.2 %, contre 57,5% en 2017. 

«2016 et 2017 ont été des années de grandes réformes économiques et financières en Afrique. La plupart des pays exportateurs de pétrole ont été contraints par le déficit budgétaire causé par la chute du prix de baril, de prendre de mesures, soit pour réduire les dépenses publiques, soit pour diversifier leurs investissements» a indiqué à anadolu, le ministre tchadien des Finances et du budget, Abdoulaye Sabre Fadoul.

Les fruits de ces politiques devraient s'affermir en 2018.

Aussi, le ministre estime que l’augmentation des prix des matières premières, la stabilité sociopolitique et sécuritaire qui prévaut dans certains pays du continent, des conditions favorables de financement à l'échelle mondiale et la maîtrise de l’inflation ont contribué à relancer la consommation et à améliorer la situation économique en 2018. 

- Une économie trop dépendante des facteurs extérieurs 

D’après la Banque Mondiale, sur le plan global, à la faveur du dynamisme observé dans les pays industrialisés, le raffermissement de la croissance économique mondiale qui se poursuit avec des progressions plus notables en Europe et en Asie, pourrait augmenter substantiellement les investissements étrangers en Afrique. 

Toutefois, d’après certains économistes africains, compte tenu des facteurs extérieurs influençant considérablement les économies du Continent, les risques à la baisse des perspectives demeurent importants. 

« Même si une activité plus soutenue que prévu aux États-Unis et dans la zone euro pourrait bénéficier aux pays africains, grâce à la hausse des exportations, de la production minière et des investissements dans les infrastructures, il faut craindre le rétrécissement des flux des capitaux, si les conditions de financement à l'échelle mondiale se durcissent», a indiqué à anadolu, l’économiste camerounais, Bello Hamid Seidou. 

La poursuite des guerres commerciales entre les grandes puissances économiques et un affaiblissement des prix du pétrole pourraient freiner la croissance économique, dans la région africaine, selon les perspectives de la Banque mondiale. 

Aussi, un ralentissement économique de la Chine, premier partenaires économiques des pays africains, pourrait avoir des répercussions défavorables sur le Continent, en raison des prix des produits de base qui pourraient être inférieurs aux prévisions. 

- L’instabilité sociopolitique sapent les efforts 

Selon de nombreux experts africains, l'incertitude sociopolitique qui règne dans certains pays du Continent comme le Niger, le Cameroun, le Tchad, le Togo, la RDC, la RCA, la Libye, le Kenya… causée soit par des contestations sociales contre les mesures d’austérité, soit des contestations politiques, pourrait ralentir la mise en œuvre de réformes structurelles.

Ces réformes sont pourtant nécessaires pour éviter de saper la confiance des investisseurs. 

« En réalités, les contestations sociales,engendrées par les mesures de redressement économique, freinent les efforts de relance dans certains pays. Au Tchad, les grèves des travailleurs des agents du secteur public, qui a duré plus de six semaines, a fait perdre à l’Etat, environ 40 millions de dollars», a indiqué à anadolu, le ministre tchadien des Finances et du budget. 

- Les pays africains doivent poursuivre les réformes économiques 

Pour la Banque mondiale, les pays africains peuvent mieux faire pour soutenir la croissance de leurs économies cette année. Il était attendu de l'Afrique subsaharienne des efforts en ce qui concerne l’ajustement des déficits budgétaires et la promotion des investissements privés afin de gagner la confiance des entreprises. 

Certains pays, notamment ceux qui exportent le pétrole, ont fait légèrement baisser leurs déficits budgétaires nationaux par la réduction des dépenses publiques. Mais ce n'est pas le cas de certains pays qui ont aggravé leur dette publique avec de nombreux emprunts pour financer des investissements publics. 

D’après, l’économiste tchadien, Issa Abdelmamout, les réformes structurelles engagées dans plusieurs africains, dans la plupart des cas, n’ont pas contribué à la croissance des revenus par habitant et à la croissance de la productivité locale.

Au contraire, elles ont eu des conséquences négatives au niveau social et ont réduit considérablement les pouvoirs d’achat, l’un des moteurs de la croissance économique. 

« S’endetter auprès des institutions internationales pour combler les déficits budgétaires n’est pas toujours la solution. Les pays africains doivent poursuivre les mesures d’austérités, diversifier leurs investissements dans les secteurs porteurs de croissances comme l’agriculture et l’élevage, tout en favorisant la transformation industrielle et la consommation», a-t-il indiqué à anadolu.

Plus d'efforts sont encore, ainsi, à fournir.AA



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