Istanbul: Les processus de co-production, au coeur du 6ème Festival du Film de Bogazici

- Le directeur de production commune et étrangère de TRT, Faruk Guven, le producteur bulgare, Borislav Chouchkov, et la productrice turque, Zeynep Atakan, ont participé au séminaire intitulé "Processus pour la production de Films indépendants"

Istanbul: Les processus de co-production, au coeur du 6ème Festival du Film de Bogazici

Le "Bosphorus Film Lab" prévu dans le cadre du 6ème Festival International du Film de Bogazici (26 octobre-3 novembre) organisé avec le soutien du ministère turc de la Culture et du Tourisme, et dont l’Agence Anadolu (AA) est le partenaire global de communication, s’est déroulé mercredi à l’académie de Beyoglu (district d'Istanbul).

À l’occasion de l’événement où le thème des productions communes a été abordé, le directeur de production commune et étrangère de la chaîne publique turque TRT, Faruk Guven, a confié qu’un soutien pécunier est accordé aux projets sélectionnés par une équipe de spécialistes de la chaîne.

"Il y a de nombreuses candidatures", a t-il partagé soulignant l’existence de nombreux projets de grande valeur.

"Compte tenu des nombreuses demandes, nous essayons de sélectionner les projets parmi ceux qui atteignent la finale. Chaque projet est précieux pour son auteur, chacun abrite des valeurs qui lui sont

propres."En outre, le directeur a indiqué que le ministère de la Culture et du Tourisme ainsi que TRT sont les deux premières institutions qui ressortent lorsqu’il est question de cinéma en Turquie."Les projets qui ont obtenu le soutien du ministère de la Culture et du Tourisme sont plus au premier plan. 

Au final, les projets peuvent obtenir jusqu’à 30-50 % de soutien. Les projets qui obtiennent ces soutiens nous semblent plus réalisables. Au cours des deux dernières années, nous avons participé à la production de vingt projets. Un bon chiffre. 75 % de ces projets avaient obtenu le soutien du ministère. Bien sûr notre seul critère n’est pas l’obtention du soutien du ministère bien que celui-ci n’est pas négligeable."

Soulignant qu’il participe essentiellement à la production de cinéma d’art et d’essai (Art House), Guven a rapporté que la participation des projets à différents est un important critère de sélection.

- "Le projet doit avoir obtenu le soutien du ministère"

Le producteur bulgare, Borislav Chouchkov, a reconnu apprécier les films d’art et d’essai turcs, raison pour laquelle il se rend régulièrement en Turquie. Partageant avoir été un producteur commun du film "Annonce" d’Ahmet Fazıl Coskun et de "Frères" d’Omur Atay, Chouchkov a rapporté que c’est dans ce type [en référence aux prix remportés par "Annonce"] de projets qu’il souhaite prendre part.

"En Bulgarie, nous ne travaillons pas avec l’argent du secteur privé. L’argent principal provient des fonds [publics]. Il y a beaucoup de règles à respecter. Dans les productions communes internationales, nous ne pensons pas uniquement au côté pécunier. Nous tenons également compte des éléments créatifs.

"Exprimant sa satisfaction quant au système mis en place en Bulgarie en matière de production commune, Chouchkov a indiqué que quatre candidatures peuvent être déposées chaque année.

"Vous obtenez une réponse après quatre à six semaines. C’est particulièrement rapide. Le montant de l’aide est d’environ 250 000 euros. Ce n’est pas rien. Je crois que le montant était un peu plus élevé pour ‘’Annonce’’.

"Partageant que le Bulgarie, l’Allemagne, la Belgique, la Serbie et la Macédoine ont participé à la production de son dernier film, Chouchkov a souligné qu’une participation multiple s’accompagne de diverses difficultés. Enfin, ce dernier a fait savoir que l’obtention du soutien du ministère de la Culture et du Tourisme est une condition sine qua non pour pouvoir postuler au Fond en Bulgarie.

- "La production commune, indispensable pour réaliser de bons projets"

La productrice turque, Zeynep Atakan, a quant à elle affirmé que la production commune est un sujet très important.

Indiquant que la totalité des films réalisés jusqu’à aujourd’hui étaient des productions communes, Atakan a ajouté que ce type de production ne se limite pas à l’obtention de moyens pécuniers à partir des fonds européens.

"Il s’agit réellement d’une expérience, d’un processus qui nécessite de la patience. Si vous gérer correctement ce processus vous obtiendrez le succès. C’est pourquoi à mes yeux la production commune est indispensable pour réaliser de bons projets."

"Bien interpréter ce processus et savoir l’utiliser est le plus important", a t-elle insisté indiquant avoir pris part dans la production des films du célèbre réalisateur turc, Nuri Bilge Ceylan. Néanmoins, Atakan a attiré l’attention sur les difficultés que génèrent une production commune nombreuse.

"Ce n’est pas une chose simple car il fallait que chacun postule pour un fond, candidate à des institutions et obtienne un financement. Il fallait planifier la façon dont les fonds seraient utilisés", a t-elle explicité au sujet de sa dernière production cinématographique ayant impliqué la participation de neuf producteurs.

Enfin, une séance de questions-réponses s’est déroulée à l’issue de l’événement, dont Emrah Kilic, directeur artistique du Festival, était le modérateur. 

 

 

 

 

 

 

 

 

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