Turquie/Hakkari: Des rochers « conteurs »

Les gravures rupestres réalisées sur des rochers du massif du Cilo (Sud-Est Turquie) suscitent l’intérêt

Turquie/Hakkari: Des rochers « conteurs »

Les gravures rupestres réalisées sur des rochers situés à 4 135 mètres d’altitude dans le massif du Cilo (Yuksekova, Sud-Est Turquie), libéré de la présence terroriste, suscitent l’attention de ses visiteurs.

Depuis la libération du massif du Cilo des terroristes, les plateaux et les plus belles zones de la région ont de nouveau été ouverts aux visites.

Les figures animales, humaines ainsi que les symboles figurant sur les rochers situés non loin du sommet du mont Cilo attirent l’attention des visiteurs.

Dans une interview accordée à l’Agence Anadolu (AA), Mehmet Isikli, professeur d’archéologie de l’Université Ataturk d’Erzurum (Nord-Est), a confié que l’Anatolie (Turquie) est une zone géographique très riche en termes de culture et d’histoire et que ces peintures rupestres en constituent l'un des exemples concrets.

Ce dernier a fait savoir que ces dessins sont fréquents dans la région du Caucase, les zones montagnardes dans l’est de l’Anatolie et particulièrement dans les provinces turques de Hakkari, Erzurum, Kars et Agri.

"Ces dessins peuvent remonter à la préhistoire ou appartenir à des périodes remontant à quelques siècles. Nous pourrons déterminer la période exacte qu'à travers des analyses systématiques. Les peintures rupestres doivent être examinées d’un point de vue technique, historique, stylistique et symbolique", a-t-il confié.

- L’histoire que veulent conter les rochers

Indiquant que les dessins réalisés sur les rochers revêtent une grande importance archéologique, Isikli a noté qu’en Turquie il n’y a malheureusement pas de chercheurs ou experts compétents dans ce domaine.

"En réalité, ces dessins sont des histoires que veulent nous conter les rochers. Ce sont des données relatives au mode de vie des peuples chasseurs et/ou nomades qui vivaient dans les montagnes. Certains chercheurs pensent que ces peintures remontent à environ douze mille ans, soit au début de la période néolithique. Le plateau de « Tirsin » est une source de données particulièrement importante mais nous, archéologues, n’avons malheureusement que peu de connaissances au sujet de la période préhistorique dans l’Anatolie de l’est".

A ce titre, Isikli a expliqué qu’il n’existe ni fouille systématique ni recherche, ce qui complique la confirmation définitive de la période à laquelle ont été réalisées les peintures rupestres.

Le professeur a également souligné la valeur culturelle des représentations pour le pays avant d’ajouter qu’elles se doivent d’être léguées aux futures générations.

- Des dessins de chèvres et moutons sauvages

Hakki Uncu, étudiant en doctorat à l’Université technique du Moyen-Orient (OTDU) à Ankara (Centre), dans la région dans le cadre d’un festival, a fait part de son émerveillement face aux peintures rupestres.

"Ceci est de l’art d’une très grande symbolique. Ces figures remonteraient à 8-10 mille ans. Bien sûr il est difficile de connaitre exactement les objectifs de ces représentations mais la probabilité de leur valeur symbolique est très élevée", a-t-il partagé.

"Ils ont peut-être dessiné une chèvre sauvage pour représenter une chasse ou pour illustrer l’importance de cet animal dans leur vie. Il peut aussi s’agir d’une créature mythologique ou encore d’une figure inspirée d’un conte ou d’une histoire effrayante. Nous ne comprenons pas exactement leur signification, nous voyons essentiellement des dessins de chèvres et de moutons sauvages".

Affirmant que les peintures rupestres ne sont pas fréquentes en Turquie, l’étudiant a précisé que les images ont été gravées dans la roche.

"Ces art​é​facts sont rares et doivent absolument être protégés", a-t-il conclu.AA


Mots-clés: cilo , hakkari

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