Chine: Un imam se consacre à l’art de la calligraphie

Mohamed Fudayl Ma, imam dans la province chinoise de Xi’an, se consacre à la calligraphie, art qui tend à être délaissé

Chine: Un imam se consacre à l’art de la calligraphie

Mohamed Fudayl Ma, imam exerçant ses fonctions à Xi’an, se consacre à l’art de la calligraphie, une pratique artistique qui remonte à des centaines d'années.

Actuellement imam dans l’une des quatre plus grandes mosquées de Xi’an (Xiaopyen), capitale de la province de Shaanxi, Ma exerce non seulement ses fonctions d’imam mais pratique également l’art de la calligraphie.

Ce dernier a rénové l’ensemble des calligraphies de la grande mosquée de Xi’an (13 siècles) et celles de Xiaopyen abîmées pas le temps.

Les tableaux réalisés par Ma qui utilisent de nouvelles techniques artistiques offrent un spectacle sans précédent aux visiteurs des mosquées.

Après avoir reçu sa première formation auprès de son père, Ma, ambitieux, se spécialise et s’attache à cet art qui tend à être délaissé dans Xi’an.

La calligraphie qui signifie étymologiquement «belle écriture» est l'art de bien former les caractères d'écriture manuscrite.

Utilisée dans les mosquées, les palais, sur les murs de plusieurs monuments, les plafonds et biens d’autres endroits, la calligraphie reprend souvent des versets coraniques, des paroles du prophète Mohammed, des citations ainsi que des poèmes. 

-L’interêt pour la calligraphie lors de la dynastie Qing

Rappelant que les premières œuvres calligraphiques sont apparues au cours de la dynastie Tang (618-907), alors que la Chine fait la connaissance de l’Islam, Ma a confié à

Anadolu (AA) que c’est lors la dynastie Qing (1644-1911) que l’intérêt pour la calligraphie émerge.

En effet, ce dernier explique que l’augmentation de la prospérité des musulmans permet à de grandes oeuvres de voir le jour.

«Peu de gens apprenaient la calligraphie il y a 500-600 ans, ce qui fait que les travaux calligraphiques sont restés limités, a-t-il affirmé. Mais avec la dynastie Qing, la vie des musulmans est devenue prospère. Pendant cette période, les calligraphes musulmans chinois qui se sont consacrés à l'art de la calligraphie ont formé un style différent en combinant la calligraphie arabe avec la culture de l’écriture chinoise.»

Cependant, Ma a fait savoir que l'intérêt porté à cet art en Chine a diminué au cours des dernières années ce qui a engendré une diminution des oeuvres calligraphiques.

-Une combinaison de la calligraphie Kufi et de l'art de la calligraphie chinoise

«Mon père, Ma Djunay, m'a enseigné la calligraphie arabe de base, la grammaire arabe, la récitation du Saint Coran et l’aqida [concept qui recouvre les articles de la foi chez les musulmans, ndlr], a-t-il déclaré. Plus tard, j'ai travaillé moi même pour améliorer mes compétences en faisant des recherches sur les styles d'écriture d'autres calligraphes.»

Ma qui s’est rendu en Egypte entre les années 1998-1999, a été très impressionné par la calligraphie Kufi, style de calligraphie arabe développé dans la ville de Koufa en Irak.

Lorsqu’il est retourné en Chine, il a combiné la calligraphie Kufi et l'art de la calligraphie chinoise pour réaliser des oeuvres qui décorent aujourd’hui la mosquée où il exerce ses fonctions.

Indiquant que ses oeuvre sont appréciées de part et d’autre du monde, Ma a partagé avoir rénové la plupart des oeuvres calligraphiques des mosquées de Xi’an.

«L’ensemble des tableaux calligraphiques de la mosquée de Xiaopyen sont mes œuvres, a-t-il noté. J’ai choisi de reproduire des citations qui éviteront toute distraction lors des prières.»

Enfin, Ma a fait savoir que les murs de la mosquée sont ornés de tableaux réalisés selon différentes techniques. AA



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