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Afrique/Développement : Le continent a besoin de 34 milliards de dollars par an

Dans moins de 20 ans, la population africaine dépassera les 2,5 milliards d’habitants

Afrique/Développement : Le continent a besoin de 34 milliards de dollars par an

Dans moins de 20 ans, la population africaine dépassera les 2,5 milliards d’habitants.

C’est une donnée alarmante face à laquelle les experts et les organisations internationales ne restent pas indifférentes, compte tenu des incidences attendues, si rien n’est fait dès à présent pour augmenter la production, créer des sources de revenu et améliorer les conditions de vies des Africains. 

Le continent africain aura besoin de mobiliser pas moins de 34 milliards de dollars par an pour faire face aux chocs exogènes, d’après Mohamed Ibn Chambaz, représentant spécial du secrétaire général des Nations-Unies en Afrique de l’ouest et au Sahel. 

Le responsable onusien s’exprimait lors de l’ouverture du quatrième forum régional pour le développement durable, le 03 mai 2018 à Dakar. 

Cette somme servira, selon lui, à investir dans des activités liées à la sécurité alimentaire, à la résilience aux changements climatiques, à l’énergie verte et à la résolution des crises politico-sociales afin d’améliorer la résistance aux chocs exogènes. 

«Plus de la moitié de la population du continent, qui atteindra le seuil de 2 milliards et demi d’habitants à l’horizon 2035, va vivre dans la pauvreté, si les gouvernements africains ne mobilisent pas, en urgence, les fonds nécessaires pour faire face à ce défi continental», a-t-il déclaré. 

Mais pour certains experts du continent, les pays africains doivent, au préalable, définir des stratégies claires de lutte contre la pauvreté au niveau national avant de s’atteler à mobiliser les fonds pour leurs mises en œuvre. 

«En Afrique, chaque pays a ses réalités socioéconomiques, les contextes de la pauvreté ne sont pas les mêmes. Il y’a lieu que les gouvernements se dotent des stratégies claires et harmonisées sur le plan national, en prenant en compte les acteurs locaux, avant de s’endetter pour son exécution», a indiqué à Anaolu l’économiste nigérien Moctar Oumar Mamani.

«Mobiliser les fonds sans une vision claire peut s’avérer improductif», a-t-il prévenu.

Les des deux dernières décennies, l’Afrique a connu globalement une croissance qui avoisine les 6% selon les experts.

Mais cette croissance n’est pas inclusive, dans la mesure où les richesses créées ne sont pas partagées avec les populations les plus vulnérables, dont le nombre augmente de plus en plus. 

«Pour relever les défis du troisième millénaire, l’Afrique doit miser sur la transformation structurelle de son économie pour la production génératrice de croissance», a indiqué à Anadolu, l’économiste tchadien, Abderrahmane Haggar.

«Ensuite, a-t-il expliqué, se donner les moyens et le courage de répartir équitablement les richesses et les valeurs ajoutées avec les couches défavorisées».

Dans cette perspective, l’Union Africaine et les gouvernements africains, à travers les agendas 2030 et 2063 ont décidé de s’attaquer aux problèmes cruciaux de la pauvreté, notamment la réduction du chômage des jeunes, la sécurité alimentaire et l’épineuse question de l’énergie renouvelable.

Mais le continent reste toujours en deçà des objectifs du développement durable (ODD), estiment les experts. 

Selon le chef du gouvernement sénégalais, ce sont les gouvernements et les populations africaines qui doivent agir, afin de favoriser les conditions nécessaires à la mise en oeuvre des ODD.

«Il revient aux gouvernements et aux populations africaines de se donner les moyens nécessaires pour réaliser les ODD en ce qui concerne les questions cruciales liées à l’eau, à l’assainissement et aux énergies propres pour des sociétés plus justes, donc, plus durables», a déclaré, Mohamed Boune Abdallah Dionne le chef du gouvernement sénégalais, lors du forum régional pour le développement. 

Pour le ministre tchadien de l'Economie et de la planification du développement, Issa Doubragne, le Sahel demeure la région la plus affectée par les chocs exogènes et présente des risques de crises socio-économiques irréversibles, même si les indicateurs de développement restent moins inquiétants. 

«Rien qu’avec l'assèchement progressif du lac Tchad, plus de 30 millions de personnes se trouvent directement menacées par la famine», a-t-il indiqué à Anadolu.

En revanche, les pays riverains peuvent, avec le concours de la communauté internationale, transformer ce phénomène en opportunité de développement, en investissant dans le secteur agropastoral, a-t-il insisté.

Le ministre tchadien estime que, si chaque pays africain consacre 10% de son budget annuel au développement de l’Agriculture et de l’élevage, le continent aura non seulement atteint son autosuffisance alimentaire, mais aura aussi en quantité suffisante les matières premières pour la transformation industrielle et l’exportation.

On réduira, par là même, le taux de chômage des jeunes. 

 

AA



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