HRW et Amnesty appellent l'ONU à stopper la «purification ethnique» des Rohingyas

Human Rights Watch a appelé le Conseil de Sécurité à tenir une réunion urgente dans le but de contraindre les autorités au Myanmar à arrêter leur campagne arbitraire contre les Rohingyas

HRW et Amnesty appellent l'ONU à stopper la «purification ethnique» des Rohingyas

Les organisations internationales des Droits de l’Homme Human Rights Watch et Amnesty International ont appelé mardi le Conseil de Sécurité de l’ONU à exercer une pression sur le gouvernement du Myanmar afin d’arrêter la «purification ethnique» contre les Rohingyas dans l’Etat d’Arakan, dans l’Ouest du pays.

C’est ce qui ressort d'une conférence de presse animée par deux hauts-responsables des deux ONG, tenue séparément au siège de l’ONU à New York et au Bangladesh.

Les deux organisations ont appelé à la nécessité de permettre aux employés humanitaires d’accéder aux nécessiteux et à enlever les restrictions imposées aux fournitures et aux aides médicales.

Le directeur et Plaidoyer de Human Rights Watch auprès de l’ONU, Louis Charbonneau, a déclaré lors de la conférence que «la police et l’armée au Myanmar sont impliquées dans des crimes de purification ethnique contre les musulmans dans l’Etat d’Arakan, ce qui nécessite une réunion urgente du Conseil de Sécurité de l’ONU dans le but d’obliger les autorités du Myanmar à mettre fin à ses campagnes arbitraires contre les habitants Rohingya ».

« L’armée du Myanmar et les forces de police ainsi que les milices bouddhistes extrémistes œuvrent depuis le 25 août dernier à détruire et àbrûler des régions entières habitées par les Rohingyas dans l’Etat d’Arakan », a-t-il indiqué. 

« Human Rights Watch dispose d’images satellites dans les régions de Maungdaw à Arakan révélant l’ampleur de la destruction ayant affecté 450 demeures ayant été brûlées et transformées en cendres », a noté le responsable. 

« Avant tout, le Conseil de Sécurité doit se réunir en urgence et exercer une pression sur le gouvernement pour mettre fin à sa campagne contre les Rohingyas », a-t-il ajouté. 

De son côté, la directrice du programme "Réaction aux crises" à Amnesty International, Tirana Hassan, a indiqué : «Nous estimons que le gouvernement du Myanmar est responsable de tout ce que subissent les musulmans Rohingya, et nous jugeons qu’il s’agit d’un crime de purification ethnique ». 

«Tous les éléments indiquent que les forces de sécurité du Myanmar ciblent délibérément des passages que les réfugiés Rohingya empruntent pour franchir la frontière. Il s’agit d’une pratique cruelle et insensible qui ajoute à la détresse de personnes fuyant une campagne systématique de persécution », a ajouté la responsable qui se trouve actuellement côté bangladais de la frontière. 

Elle a également affirmé que les forces de sécurité et l’armée ont planté des mines terrestres interdites à l’échelle internationale, pour empêcher les réfugiés d’atteindre les terres bangladaises. 

Depuis le 25 août, l'armée du Myanmar procède à un génocide contre les musulmans Rohingyas à Arakan, dans le sud-ouest du pays, provoquant une vague de condamnation à travers le monde, en particulier parmi les musulmans. 

Il n'y a pas de statistiques claires sur les victimes du génocide. Lors d'une interview accordée à Anadolu, le militant Rohingya Omran al-Arakani a évoqué un bilan de 7 mille 354 morts et de 6 mille 541 blessés depuis le début du génocide jusqu’à mercredi (6 septembre courant). 

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) avait estimé, samedi dernier, à près de 290 mille le nombre de de Rohingyas ayant fui la région d’Arakan vers le Bangladesh, depuis le début des violences. AA



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